lundi 19 janvier 2009

Tchad: 7 mouvements rebelles s’organisent

L’Union des forces de la résistance (UFR) entend renverser Idriss Déby et organiser une transition de 18 mois

L'Alliance nationale (regroupement d'une dizaine de groupes rebelles) du Général Nouri, l'UFDD- fondamentale d'Abdelwahid About Mackaye, le RFC (Rassemblement des Forces pour le Changement) de Timane Erdimi et l'UFCD (Union des Forces pour le changement et la Démocratie) du colonel Adouma Hassaballah viennent de se regrouper autour l’Union des forces de la résistance (UFR). Cette rencontre, à en croire l’agence de presse APA, a débouché sur un manifeste politique signé par les différents leaders. Les rebelles notamment promettent une transition de 18 mois après la chute du régime du Président Idriss Déby. Ils s’engagent en outre à « garantir les libertés fondamentales, assurer la sécurité des biens et des personnes et la libre circulation sur toute l'étendue du territoire national, assurer la continuité de l'Etat et des services publics, garantir le pluralisme politique au Tchad, réorganiser l'administration centrale et territoriale », « garantir l'indépendance de la justice et l'égalité des citoyens devant la loi, de mettre en place une commission de recouvrement des biens de l'Etat, promouvoir une politique de communication basée sur le respect de la liberté de presse et un appui actif au secteur public et privé de l'information ».

Idriss déby, Président du Tchad

L’union fait la force

Cette coalition rebelle aura à sa tête un Président, secondé de quatre vice-présidents. Relayant des sources qu’elle ne cite pas, l’APA révèle que les rebelles cherchent à quitter leurs bases au Soudan pour l'intérieur du Tchad avant le déploiement de cette force mixte. En Février 2008, la rébellion avait échoué de peu de renverser le régime d’Idriss Déby. Aux portes du palais présidentiel de Ndjamena, la rébellion avait été repoussé en partie à cause de la désorganisation des groupes rebelles qui opèraient individuellement. Après cet échec, en Mars 2008, la rébellion s’était davantage fissurée. Les deux principaux mouvements opérant dans l'Est de ce pays, notamment le RFC et l'UFDD s’étaient désolidarisés des autres mouvements. Ils annonçaient qu'ils créaient leur propre organisation, l'Union des forces pour le changement et la démocratie (l'UFCD).

L'unification des mouvements intervient à quelques jours de la reprise des relations diplomatiques entre le Tchad et le Soudan, et au moment où un intense ballet diplomatique est observé entre N'Djamena et Khartoum, pour la mise sur pied, d'une force mixte de 2 000 hommes, conformément à l'Accord de Dakar, pour sécuriser la frontière entre les deux pays.
L’on peut craindre que les prochains jours soient à nouveau explosifs au pays d’Idris Déby.

ELECAM: La polémique se poursuit

Des révélations sur la personnalité du président d'ELECAM et une présumée suspension des financements prévus par le Commonwealth ont enflammé la sphère médiatique

Le moins que l’on puisse dire, remarque le journal AURORE PLUS, c’est que Elecam commence bien mal. Ce journal, citant une dépêche de APA, fait savoir que « Le Commonwealth a suspendu son appui financier d’un montant de 15 millions d’Euros destinés à la mise en place de Elections Cameroon (Elecam) ». Et ce n’est pas la démission des membres du Rdpc, parti au pouvoir, qui a calmé les esprits. Au contraire, le communiqué du secrétaire général de ce parti qui constate que « les personnalités concernées membres du Rdpc à la date de leur nomination, ont remis leur démission du parti au président national du Rdpc, selon les formulaires statutaires afin de se conformer aux dispositions relatives aux incompatibilités » n’a fait qu’étaler des manquements de la démarche du pouvoir de Yaoundé. Cette sortie du secrétaire général du Rdpc, BEBELA la qualifie de « fausse partition ». L’on voudrait savoir comment les membres du Rdpc s’y sont pris pour remettre leur démission au président national ? s’interroge le journal de Henriette Ekwé. « Ces nouveaux promus présentés comme personnes qu’il faut à la place qu’il faut, sont coupables de la décrépitude du pays » analyse le même journal. Et s’il y a un des membres sur qui pèse beaucoup de soupçons, c’est bien le président Fonkam Samuel Azu’u. « Un clou dans la chaussure de Paul Biya » observe BEBELA qui titre à sa Une que le nouveau président de Elecam et secrétaire général adjoint de l’assemblée national « imite la signature de Cavaye Yeguié », le président de l’auguste chambre. « Il existerait un autre document bizarre et de la même nature que celui dont était en possession les quatre jeunes gens originaires de la région anglophone du Cameroun et qui s’apprêtaient à s’exiler aux Etats-Unis au moment où ils ont été stoppés net par un contrôle de routine à l’aéroport international de Yaoundé-Nsimalen. Sauf que cet autre document est un ordre de mission mettant en route le secrétaire général adjoint de l’assemblée nationale, Fonkam Azu’u lui-même pour les USA, à la seule différence que le présent document est plutôt signé du président de l’auguste chambre, Cavaye Yeguié Djibril en personne et qui ne se reconnait pas une telle démarche ». La conclusion reste en tout cas la même pour plusieurs commentateurs dont Henriette Ekwé, « avec les nominations d’Elecam, c’est l’alternance politique qui est à jamais interdite ».


Mais en fait, qu’en pense le peuple camerounais, LA METEO est descendue dans les rues de la capitale pour tenter de trouver une réponse. Une galerie de réactions de 37 personnes qui se recrutent dans toutes les classes sociales est proposée aux lecteurs. Entre les préoccupations de survie exprimés par certains et d’autres qui attendent de voir Elecam au pied du mur, les réactions sont majoritairement défavorables au décret présidentiel. « Cest le Rdpc bis » déclare sans sourciller un étudiant interrogé. Mais le vrai débat devrait rester juridique d’après le politiste Simon Pierre Mfomo qui publie une tribune dans L’ANECDOTE. « La problématique relative à l’autonomie d’Elecam participe plus d’un quiproquo sémantique au plan du doit » écrit-il. Pourtant constate t-il « Au plan professionnel, l’évitement de toute position de subordination…Au plan financier et matériel, les membres d’Elecam doivent se placer et être placés à travers leurs de comportements respectifs, leur régime de rémunération et leurs avantages statutaires au-dessus de toute forme d’inféodation » sont garanties par les textes de lois créant Elecam. « Sous le bénéfice de ces considérations, il apparaît clairement que l’autonomie d’Elecam est réelle au plan du droit et ne saurait s’apprécier à partir des critères subjectivistes, telle que l’identité partisane ». Surtout que l’autonomie de ses membres, note le politiste, « est renforcée par leur immunité contre les poursuites judiciaires, les privilèges et rémunérations substantielles accordées à ceux-ci ». Au total, conclu-il, « l’exercice impartial d’une fonction d’intérêt général est pour tous et pour chacun, une question de conscience qui n’autorise guère de procès d’intention préalable ». et revancharde.


Et l’opposition dans toute cette polémique ? « L’opposition complice du pouvoir ? » s’interroge Henriette Ekwé, la directrice de publication de BEBELA qui remarque que « l’opposition est devenue l’alliée objective du pouvoir qui multiplie les lois anti-démocratiques sous sa barbe et son nez sans soulever la moindre indignation ». Et les députés de l’opposition observent un silence embarrassé qui « atteste ce ramollissement des soudain des opposants plus prolixes ailleurs ».
Elecam n’a donc pas fini de faire parler de lui. En mal surtout. Un mort-né pilonné sans pitié par une opinion de plus en plus frondeuse

Fonkam Azu’u criblé de balles… médiatiques au cameroun!

C’est un véritable raid médiatique qui s’est déclenché contre le président d'ELECAM depuis sa nomination.


Fonkam Azu’u

Sensés être des agents (des secrétaires notamment) de l'Assemblée nationale du Cameroun, ils sont priés de présenter des pièces justificatives. Sans se faire prier, souligne une source, ils brandissent des ordres de missions émanant du Palais de Verre. A la question de savoir s'ils pouvaient présenter davantage de documents professionnels, ils répondront par la négative. C'est alors que l'un d'eux passe aux aveux en révélant que c'est le secrétaire général adjoint de l'Assemblée nationale qui leur a fourni des documents pour les aider.
Leger Ntiga, journaliste au quotidien Mutations



Le quotidien Mutations qui a ouvert le bal en révélant que « quatre jeunes gens en partance pour les Etats-Unis dénoncent le président de Elecam ». En fait, il s’agit de Gana Franline Ndaga, Cyril Kpuye, Jc Akina et Dominic Nkongho Ewang qui étaient sur le point de quitter le Cameroun à bord d'un vol de la compagnie Royal Air Maroc, pour se rendre aux Etats-Unis, le 26 Décembre 2008, pour des raisons académiques. Ils auraient alors subi un contrôle de routine à l’aéroport de Yaoundé Nsimalen. Des anomalies se seraient alors revelé sur les documents qu’ils ont présentés aux contrôleurs de l’aéroport. Léger Ntiga, auteur de l’article raconte : « Sensés être des agents (des secrétaires notamment) de l'Assemblée nationale du Cameroun, ils sont priés de présenter des pièces justificatives. Sans se faire prier, souligne une source, ils brandissent des ordres de missions émanant du Palais de Verre. A la question de savoir s'ils pouvaient présenter davantage de documents professionnels, ils répondront par la négative. C'est alors que l'un d'eux passe aux aveux en révélant que c'est le secrétaire général adjoint de l'Assemblée nationale qui leur a fourni des documents pour les aider, parce qu'ils sont des étudiants désirant poursuivre leurs études au pays de Barack Obama. Plus tard, ils soutiendront que pour l'opération, M. Fonkam Azu'u leur a demandé trois millions de Fcfa à chacun ». Autant les démentis et les protestations de la part des autorités s’enchaînent, autant les soupçons se confortent car, ainsi que l’écrit Mutations plus tard, « Selon des sources policières, Fokam samuel Azu'u aurait affirmé reconnaître l'un des quatre jeunes gens interpellés dans cette affaire de trafic des ordres de mission de l'Assemblée nationale du Cameroun ». Mais les révélations ne s’arrêtent pas là. Moins d’une semaine plus tard, le 14 Janvier, Mutations revient à la charge et revèle que « la piste d'un vaste réseau d'immigration clandestine entretenu par le président du Conseil électoral de Elecam, Fonkam Samuel Azu'u, par ailleurs Sga de l'Assemblée nationale, est à creuser. Car, il pourrait s'agir, croient savoir nos sources, d'une filière huilée où on servirait des documents standard (passeports et ordres de mission) à des individus dans l'optique de faciliter leur départ pour l'exil, documents qui reviennent par divers services postaux pour servir à d'autres bien intégrés dans la filière ». L’affaire s’amplifie donc puisqu’il ne s’agit plus seulement de faux documents apparemment délivrés aux quatre jeunes, mais d’un vaste réseau d’immigration clandestine qu’entretiendrait le président de Elections Cameroon. Un vaste réseau que tend à confirmer « des signatures scannées de certains responsables de la Chambre dans les ordinateurs utilisés dans le cabinet du secrétaire général adjoint : Fonkam Samuel Azu'u ». Et l’hebdomadaire BEBELA révèle une affaire similaire. « Il existerait un autre document bizarre et de la même nature que celui dont était en possession les quatre jeunes gens originaires de la région anglophone du Cameroun et qui s’apprêtaient à s’exiler aux Etats-Unis au moment où ils ont été stoppés net par un contrôle de routine à l’aéroport international de Yaoundé-Nsimalen. Sauf que cet autre document est un ordre de mission mettant en route le secrétaire général adjoint de l’assemblée nationale, Fonkam Azu’u lui-même pour les USA, à la seule différence que le présent document est plutôt signé du président de l’auguste chambre, Cavaye Yeguié Djibril en personne et qui ne se reconnait pas une telle démarche ».
Savait-on que Fokam Azu’u est un « faussaire » ?

ELECAM remplace l'ONEL

on le dit impliqué dans un réseau de faux documents, raison de sa suspension de signature à l'Assemblée nationale. Suspension intervenue bien avant même que l'affaire du trafic de faux ordres de mission ne soit révélée.
Quotidien Mutations


Si l’on en croit les journaux, oui. Le journal Mutations qui cite des sources à l’assemblée nationale, écrit : « on le dit impliqué dans un réseau de faux documents, raison de sa suspension de signature à l'Assemblée nationale. Suspension intervenue bien avant même que l'affaire du trafic de faux ordres de mission ne soit révélée ». Ce qui signifie que le sieur Azu’u était déjà connu, par la hiérarchie de l’assemblée nationale, comme une personnalité à la moralité trouble. Même « des cadres à la présidence de la République se rappellent, par exemple, du coup, de l'usage qu'il fit de la "régie", sorte de budget spécial dont il eut la charge lors des travaux de rédaction du projet de rédaction de la constitution finalement promulguée en 1996. Exclamation de l'un d'eux: "La justice immanente existe! FonkamAzu'u paie directement ou indirectement le prix de ses exactions à travers ce qui lui arrive » écrit Mutations.
Dans les débats sur l’actualité, dans diverses tribunes, ce sont des accusations, des révélations tonitruantes, des démentis, des étonnements et toutes sortes de réactions qui s’amoncellent sur « l’affaire » Fonkam Azu’u à tel point que l’éventualité de sa démission de ses nouvelles fonctions est de plus en plus évoquée. En parlant ainsi de Samuel Fonkam Azu’u, en bien ou en mal, dans les médias, les bars et les quartiers, sa crédibilité ne fait que se ramollir. Sous d’autres cieux, l'intéressé se serait déjà déchargé de ses fonctions. Mais à force de résister, alors même que l’opinion attend les résultats des enquêtes qu’ont ouvertes la police, il ne fait que s’exposer aux curiosités d’une presse qui cherche à en savoir davantage sur son passé. Et sans aucun doute, à « tirer » comme on dit dans le jargon de la presse.

mercredi 14 janvier 2009

ELECAM : Le commonwealth prend position!

Dans un communiqué, l'organisation exprime ses réticences sur la nomination des membres de la commission électorale du Cameroun


Sanctions et menaces de sanctions internationales pèsent sur le Cameroun depuis la nomination des membres de Elections Cameroon (Elecam). La raison étant que les membres nommés par le président Paul Biya sont notoirement connus pour être les militants de son parti, le rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc), parti au pouvoir. Après ces nominations sévèrement critiquées par la presse et l’opinion publique, l’organisation intergouvernementale multilatérale, Commonwealth, a position pour émettre quelques réserves par rapport au casting du chef de l’Etat camerounais.

Dans un communiqué signé de Lord Avebury, présenté comme le président du groupe de campagne pour le Cameroun, celui-ci s’indignait notamment de la qualité des douze membres nommés par le président Paul Biya dans le conseil électoral de Elecam. Il faisait remarquer que cinq des douze membres sont des cadres du Rdpc (Dorothy Limunga Njeuma, Cécile Bomba Nkolo, Fonkam Samuel Azu'u, Jules Mana Nschwangele, Abdoulaye Babale), que l'un d'eux (Thomas Ejake Mbonda) est " un ancien gouverneur Rdpc ", que Elie Mbonda est un cadre de la Fondation Chantal Biya alors que Justin Ebanga Ewodo est un ancien membre de l'Onel " qui a démontré son incapacité à conduire le processus électoral ". Lord Avebury recommandait ainsi la suspension des subventions prévues par le Commonwealth pour la mise en place de la commission électorale. Il a visiblement été entendu car,le commonwealth vient de suspendre son appui financier d’un montant de 15 millions d’euros (destiné à la mise en place des organismes déconcentrés de Elections Cameroon (Elecam), le nouvel organe «indépendant» en charge des scrutins au Cameroun.


Dans un communiqué signé ce mardi 12 Janvier 2009, le Commonwealth demande au président Paul Biya de reconsidérer ces nominations par une liste équilibrée. En clair, il est demandé au président camerounais de constituer une liste composée des personnalités qui n’affichent pas une appartenance politique notoire ou alors de panacher, dans une nouvelle liste, les membres de Elections Cameroon en y injectant à la fois des membres de son parti et les membres de l’opposition.
En outre, Le Commonwealth s’émeut des accusations portées contre le président du Conseil électoral d’Elecam, Fonkam Samuel Azu’u, également secrétaire général adjoint de l’Assemblée nationale qui aurait signé des ordres de mission "frauduleux" au nom de cette institution contre de l’argent, en faveur de jeunes Camerounais désirant aller poursuivre leurs études au Etats-Unis.
Paul Biya va t-il « reconsidérer » la liste des membres du conseil électoral d’Elections Cameroon ainsi que le suggère le Commonwealth ? Difficile de le penser si l’on considère qu’il n’a jamais été un homme qui cède à la pression et se laisse dicter ses décisions. Surtout lorsque l’acte qu’il est amené est fortement lié à son avenir politique. L’union européenne va t-elle aussi suspendre ses subventions pour la mise en place de Elecam ? L’on devrait le savoir dans les prochains jours.

L’organisation des élections présidentielles, à laquelle pourrait participer Paul Biya qui a fait réviser la constitution camerounaise, pour lever le verrou de la limitation des mandats présidentiels, échéance majeure pour la commission électorale controversée, semble en tout cas la toile de fond de tout le débat autour de Elecam. Et Paul Biya le sait sans doute. Sa réaction face à ces considérations internationales devrait permettre de lire ses intentions : se risquer à un bras de fer avec les partenaires internationaux pour assurer sa survie politique au-delà de l’élection présidentielle de 2011 ou rebrousser chemin pour mettre en place une commission électorale crédible qui pourrait lui être fatale s’il venait à décider de briguer un nouveau mandat après les 29 ans de pouvoir qu’il aura passé à la tête du Cameroun.

Fermeture du cinéma Abbia: Catastrophe du 7ème art au Cameroun

Le glas des salles de cinéma est en train de sonner. Révélant au grand jour l’un des problèmes majeurs du cinéma au Cameroun

Façade principale du cinéma Abbia à Yaoundé

Le cinéma Abbia a été scellé hier. "Pour cause de loyers impayés" a t-on appris auprès de certaines indiscrétions. Le directeur de cette salle de cinéma, M. Fotso se trouverait actuellement hors de la ville. Mais, son retour ne devrait rien changer à la situation. Le cinéma Abbia ayant subi de plein fouet une crise qui couve depuis l’avènement des technologies de l’information et de la communication.
Les habitués du cinéma Abbia le savent. Cette salle ne faisait plus courir les foules. Même pendant les Ecrans Noirs, moment intense de célébration de créativité et de l’excellence cinématographiques. Les raisons de cette déchéance sont pourtant connues. Les « avant-premières » n’ont plus leur sens. Il est devenu facile de télécharger des films sur Internet et de les visionner avant qu’elles ne soient même diffuser en « avant-première ». En outre, les cinéphiles se plaignent de la cherté des tickets d’accès dans les salles de cinéma. Il faut parfois débourser entre 1500 et 2500 Francs Cfa pour regarder certains films. Ce qui n’est pas vraiment coûteux mais, la propagation des disques vidéos n’a pas facilité les choses. Dans les marchés, le cinéphile peut facilement se procurer un VCD (Vidéo Compact Disc) à 1000 Francs et un DVD (Digital Vidéo Disc) à 1500 Francs.

Dans un tel contexte, aller dans une salle de cinéma n’a plus toute son importance. En outre, l'avènement des chaînes de télévision étrangères à travers le câble offre désormais la possibilité aux cinéphiles d’avoir, sans se déplacer, les meilleures sorties françaises, américaines et même africaines. Il devient donc très accessoire aux cinéphiles les plus enjouées de se rendre dans les salles de cinéma.

Mais si la responsabilité de cette situation incombe à la fois, aux pirates qui bradent les productions cinématographiques, aux nouvelles technologies qui font concurrence aux canaux traditionnels de diffusion des œuvres cinématographiques. Il convient aussi aux autres acteurs de prendre leur responsabilité pour éviter la mort du cinéma. D’abord aux opérateurs du secteur à qui, il revient de formuler des stratégies innovantes, susceptibles d’attirer les foules. Il revient aussi au public d’aider à l’évolution du cinéma en se rendant dans les salles de spectacle. Il revient enfin aux autorités en charge de la culture de subventionner ce secteur pour l’aider à survivre aux mutations de notre siècle. L’urgence d’une telle mobilisation est non seulement évidente, mais elle devient urgente. Il y a tant de personnes concernées par la production et la diffusion cinématographiques que sa disparition pourrait affecter.

En attendant, on constate simplement que Yaoundé vient de perdre sa dernière salle de cinéma alors que le 7ème art se porte de plus en plus mal au Cameroun.

lundi 12 janvier 2009

ELECAM : La presse charge la commission électorale


La plupart des journaux considère que cette structure est politiquement colorée et donc inapte à organiser des élections transparentes

La nomination des membres d’"Elections Cameroon" était très attendue. Surtout qu’elle a donné, ainsi que le rappelle l’hebdomadaire BEBELA, à « deux années de tractations, de marchandages et de pressions qui ont tenu en haleine tout le pays ». Cette nomination est finalement intervenue le 30 Décembre dernier. Dans le secret des amitiés du Président de la République. C’est ce que fait savoir BEBELA qui écrit : « De source proche de ses services, le 30 novembre dernier, au palais de l’Unité, le chef de l’Etat, entouré de Jean Foumane Akame, son conseiller aux affaires juridiques et de Martin Belinga Eboutou, son conseiller spécial, aurait passé plus d’une heure et demi dans son bureau pour concocter la liste des membres d’Elecam ». Et quelle liste ! « L’on est allé sortir des retraités de leurs repos pour les soumettre à des épreuves stressantes » fait remarquer AURORE PLUS. « Tous les membres sont des membres convaincus du Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais (Rdpc), le parti au pouvoir » constate le journal AURORE PLUS. Et Hilaire Kamga, membre de la société société civile, cité par AURORE PLUS affirme « M. Biya a crée un comité ad hoc au comité central du Rdpc ; un comité ad hoc qu’il appelle pompeusement Elecam ». Le Rdpc, « le parti dont il est, incontestablement, le président national et le candidat naturel » note BEBELA. « Aucun des noms proposés par les autres acteurs de la scène politique nationale n’a obtenu la moindre attention » ajoute le journal d’Henriette Ekwé. Quelle crédibilité pour les membres s’interroge AURORE PLUS alors même que, ainsi que le mentionne BEBELA, citant l’article 13 de la loi portant création, organisation et fonctionnement d’Elections Cameroon, « les fonctions de Président et de vice-président et de membre du conseil électoral sont incompatibles avec les fonctions ou la qualité de membre d’un parti politique ». Même si lesdits membres ont démissionné de leur parti, le Rdpc, les journaux que nous avons parcourus doutent de leur capacité à s’affranchir de la « tutelle » du parti. Vis-à-vis de Paul Biya, BEBELA mentionne que « tous lui sont redevables ».

Pour certains journaux, la nomination des membres d’Elecam est un signal clair que vient d’émettre Paul Biya en ce qui concerne ses intentions politiques. « N’obéissant qu’à son projet politique en 2011, le chef de l’Etat a donné ‘un coup d’arrêt’ aux rêves ‘fous’ de quelques illuminés » qui osaient croire qu’il se souciait des organisations transparentes au Cameroun. Insistant sur ce qu’il croit percevoir des intentions du chef de l’Etat, BEBELA martèle : « Paul Biya a enfin constitué son équipe pour assurer sa réélection en 2011. Tout le monde a compris : Paul Biya manœuvre pour rester un peu plus dans ses fonctions ». Une idée qu’appuie « un observateur averti de la scène politique » cité par AURORE PLUS analyse : « une fois de plus, le Président de la République vient de nous démontrer qu’il sera le candidat du Rdpc aux élections présidentielles de 2011 pour le simple fait qu’il n’a pas écouté la voix du peuple souverain sur la modification de la constitution, il a engagé par le premier ministre, chef du gouvernement, des consultations qui pour le moment, démontrent la flagornerie politique et enfin il nomme une équipe constituée à 100 % des militants de son parti. A qui croyez-vous que ces gens puissent rendre compte si ce n’est au président de la République ? L’on n’est pas loin des soulèvements politiques avec cette autre forfaiture ».

L’hebdomadaire L’ANECDOTE veut tout de même croire qu’Elecam pourra conquérir son indépendance. Le journal rappelle que « l’indépendance d’esprit ne se décrète pas » et que « l’indépendance se conquiert et ne se concède pas ». Pour AURORE PLUS, « il revient aux 12 membres du conseil électoral de défendre la leur » même si plane sur leurs têtes, note L’ANECDOTE, « le limogeage par celui qui les a nommés ». Mais au-delà de cette question d’indépendance d’esprit, L’ANECDOTE se demande si Elecam dispose des moyens nécessaires pour mener à bien la tâche qui lui a été confiée. « L’institution ne dispose encore d’aucune organisation matérielle à même de servir de garantie » écrit ce journal. En outre peut-on lire, « il faudra un démembrement dans au moins chaque commune », « procéder à un recrutement massif d’au moins 50 000 employés temporaires ». Autant d’hypothèques et bien d’autres qui « grèvent la mise en route » d’Elections Cameroon selon le même journal.Elecam vient à peine de naître qu’il subit déjà les foudres de la critique médiatique mais, ainsi que conclut AURORE PLUS, « l’on attend de voir cette nouvelle équipe à l’œuvre »… « même s’il n’y a rien que l’on peut en tirer »

Rétrospective : les grandes dates de l'année 2008


Retour sur les dates qui ont marqué l'actualité

1er Janvier: Augmentation des prix des bières et de certaines boissons gazeuses de la Société anonyme des Brasseries du Cameroun

15 Janvier: Le gouverneur du Littoral interdit toutes manifestations publiques dans sa circonscription territoriale

19 Janvier: Le décret N° 2008/29 porte nomination des responsables au ministère des finances parmi lesquels Laurent Nkodo (Dg des Impôts), Edoa Didier Laurent (Dg du Budget), Mme Libom li Liken (Dg des Douanes) et Elung Paul Che (Dg du Trésor et de la Coopération financière et monétaire)

21 Janvier: Révocation du magistrat de 3e grade Biko’o Fouman Denise Chantal épouse Zang III

25 Janvier: Emmanuel Etoundi Oyono est nommé directeur de la Maetur. Christophe Eken remplace Njuimo Monthé à la Chambre de Commerce

29 Janvier: Jean Marcel Mounoume Dayas est promu directeur général du Port autonome de Douala (PAD) à la suite conseil d’administration extraordinaire du PAD

10 Février: Les Lions Indomptables échouent en finale de la 26ème coupe d’Afrique des Nations face à l’Egypte

19 Février: Cinq chefs de mission diplomatique sont nommés pour représenter le Cameroun au Japon, en Russie, en RDC, en Ethiopie et en Belgique21 Février: Fermeture de Equinoxe Tv

25, 26,27 28 Février: Une grève des transporteurs se transporte en émeutes. Plusieurs villes du pays sont embrasées par les revendications populaires

28 Février: Le chef de l’Etat réagit face à l’onde de choc déstabilisatrice qui traverse le pays. Une déclaration marquée du sceau de la fermeté où l’on retiendra la fameuse expression « apprentis sorciers »

7 Mars: Conseil ministériel de crise au palais de l’Unité. Le président de la République annonce quelques mesures : exonération des droits de douane, import sur certains produits de première nécessité de grande consommation, augmentation de 15% des salaires des fonctionnaires, revalorisation de 20% de leur indemnité de logement.

12 Mars: Arrestation de Paulin Abono Moapamb

15 Mars: 11 étudiants camerounais meurent aux larges de Conakry en Guinée

31 Mars: Interpellation de Urbain Olanguena Awono et Polycarpe Abah Abah9 Avril: Lapiro de Mbanga est mis sous mandat de dépôt

10 Avril: L’assemblée nationale adopte le projet de loi portant modification de la loi constitutionnelle N° 04/1996 sur la révision de la constitution du

2 Juin 19727 Mai: Arrestation de Zaccheus Forjindam

19 Mai: Une forte rumeur circule à Yaoundé. Elle annonce le remplacement de Rémy Ze Meka au ministère de la Défense par Pascal Mani

20 Mai: Remise de peines des émeutes de Février en commutation des peines des personnes définitivement condamnées

31 Mai: Samuel Eto’o Fils, Idriss Carlos Kameni et Thomas Nkono agressent des journalistes au Yaoundé Hilton Hôtel après une conférence de presse boycottée par les hommes de média9 Juin: Des assaillants attaquent une embarcation camerounaise dans la péninsule de Bakassi. Bilan : 11 morts parmi lesquels, le sous-préfet de Kombo à Bedimo

24-25 Juin: Tenue à Yaoundé de la 8è conférence des chefs d’Etat de la Cemac

26 Juin: Le salaire minimum interprofessionnel garanti (Smig) passe à 28 216 Francs Cfa

29 Juin: Tentative d’évasion à la prison centrale de Douala, 15 morts18 Juillet: Le président de la République préside le conseil supérieur de la magistrature. 4 magistrats sont traduits devant le conseil de discipline

11 Juillet: Joseph Edou et André Boto’o à Ngon sont condamnés à 40 ans de prison1er Août: Mise aux arrêts de Jean Marie Atangana Mebara
14 Août: Rétrocession totale de la souveraineté de la presqu’île de Bakassi au Cameroun. L’événement a lieu à Calabar. La partie camerounaise est représentée par Maurice Kamto

15 Août: Françoise Mbango remporte pour la deuxième fois consécutive, la médaille d’or olympique du triple saut. Avec un bond de 15 mètres 39, elle établit un nouveau record olympique

20 Août: Incendie à la prison principale de New Bell à Douala. Bilan : 10 morts

5 Septembre: Paul Biya intervient à la tribune des Nations Unies lors de la 63ème assemblée générale de l’Onu

19 Septembre: Tentative du Lieutenant Luc Emane de soustraire la mallette du chef de l’Etat28 Septembre: Des pirates armés attaquent trois banques à Limbé et font un mort

7 Octobre: Enlèvement du colonel équato-guinéen Cipriano Nguema Mba

15 Octobre: Paul Biya assiste au 12ème sommet de la Francophonie au Canada

31 Octobre: Prises d’otages aux larges des Bakassi : 6 Français, 1 Sénégalais, 2 Camerounais et 1 Tunisien retenus en captivité

11 Novembre: Libération des otages du navire Bourbon

12 Novembre: Les Provinces deviennent les Régions

13 Novembre: L’inspecteur de police Hervé Mapuro est criblé de balles au domicile du commandant d’escadron Emile Mbankoui

14 Novembre: Chantal Biya est nommée ambassadrice de Bonne Volonté de l’Unesco

16 Novembre: Coton Sport de Garoua perd la finale de la Champions League face aux Egyptiens de Al Ahly du Caire

16-20 Novembre: Premiers jeux nationaux au Cameroun12 Décembre: Les Lions militaires sont sacrés champions d’Afrique12 Décembre: Le chef de l’Etat instruit la mise sur pied d’un jury spécial devant porter les quotas des ressortissants nordistes à l’Ecole Normale Supérieure de Maroua à 60 %30 Décembre: Mise en place d’Elecam avec la nomination des conseillers et du président du conseil

31 Décembre: Paul Biya s’adresse à la Nation et prononce le fameux « Aide-toi et le Ciel t’aidera »