samedi 7 février 2009

CAF: Vers une tranquille réélection de Issa Hayatou

Le président actuel devrait rempiler au cours de l'élection du Comité Exécutif de la Confédération

Issa Hayatou

C’est du 10 au 11 Février 2009 qu’aura lieu à Lagos au Nigeria la prochaine assemblée générale élective de la Confédération Africaine de Football (CAF). L’instance faîtière du football continental est appelée à renouveler son comité exécutif. La réélection du président Issa Hayatou devrait être une formalité. Il est en effet le seul candidat à la présidence de la CAF. Réuni le 17 Novembre 2008 à Douala, le Comité d’urgence du bureau Exécutif de la Confédération Africaine de Football, (Cameroun) a entériné les candidatures aux prochaines élections au sein du Comité Exécutif de la CAF. Le retrait du président de la fédération ivoirienne Jacques Anouma a laissé la voie libre au président de la Confédération Africaine Football (CAF) Issa Hayatou pour un nouveau mandat de quatre ans à la tête de l'instance africaine.

Issa Hayatou s’est ainsi retrouvé sans concurrent pour briguer la présidence de la CAF qu’il pilote depuis 1988, après avoir été réélu en 1992, 1996, 2000 et 2004. Outre l’élection présidentielle qui marquera cette 31ème Assemblée Générale de la CAF, celle de six membres du Comité Exécutif ainsi que l'élection d'un des représentants africains au sein du Comité Exécutif de la FIFA sera à l’ordre du jour. L'assemblée générale entendra, par ailleurs, le rapport d'activités du Secrétaire général, Mustapha Fahmy, concernant l'année écoulée, le rapport de développement de chacune des unions zonales et se penchera sur le bilan financier de la CAF et sur le projet de budget présenté par le président de la commission des finances Suketu Patel et soumis à son approbation. Cette année, aucune modification des statuts et des règlements n'est prévue. Aucune proposition particulière n'a été présentée, dans les délais, ni par une ou l`autre des associations nationales.


Issa Hayatou

Les bons points du président sortant
L’histoire retiendra que c’est sous l’ère Hayatou que le nombre d’équipes africaines en phase finale de la Coupe du Monde de football est passé de deux à trois en 1994 puis de trois à cinq à partir de l’édition de 1998. A cette véritable victoire dont il peut s’attribuer le mérite, l’on peut ajouter le fait que la Coupe d’Afrique des nations qui se disputait avec huit équipes jusqu’en 1990 est passée à 12 équipes en phase finale, puis 16 équipes à partir de 1996. A partir de 1997, la Coupe d’Afrique des clubs champions devient la CAF Champions League avec un format de championnat (deux groupes de quatre) à partir des quarts de finale. Dès1998, le championnat d’Afrique féminin est mis sur pied. Une phase finale avec huit équipes est instituée à l’instar du Championnat Juniors. Sur une proposition du Président de la CAF, la Coupe d’Afrique des nations deviendra tous les quatre ans, une épreuve qualificative à la Coupe du Monde de Football.

Cette nouvelle formule assurera la présence des joueurs expatriés à toutes les rencontres qualificatives et permettra aux associations nationales de se conformer au calendrier international harmonisé. Jusqu’en 1988, la CAF n’avait des contacts qu’avec l’ AFC, (l’Asian Football Confederation.). Depuis l’accession de Issa Hayatou à la Présidence de la CAF, la Confédération Africaines de Football s’est ouverte à d’autres continents et notamment l’Europe. Un protocole d’accord a été signé en 1997 avec l’UEFA (le projet Méridien). Un championnat de jeunes de moins de 18 ans oppose tous les deux ans quatre équipes européennes à quatre équipes africaines. Tous les deux ans, l’UEFA soutient deux associations nationales africaines pour leur apporter son soutien financier et logistique dans différents secteurs. En 1988, seule la Coupe d’Afrique des Nations était commercialisée et ses images suivies en dehors de l’Afrique dans quelques pays européens et asiatiques. Aujourd’hui, ce sont presque toutes les compétitions de la CAF qui sont commercialisées et les images de nos compétitions sont suivies à travers tous les continents dans plus de 100 pays. En dehors de la CAN qui demeure la vitrine du football africain, la CAF Champions League a également acquis ses lettres de noblesse. Au cours de la Présidence de Monsieur Hayatou, l’Afrique a eu l’insigne honneur de voir un arbitre africain en l’occurrence Said Belqola diriger une finale de Coupe du Monde en Juillet 1998 à Paris. En 1996, le nombre de membres africains au Comité Exécutif de la FIFA est passé de trois à quatre. On se souviendra que Issa Hayatou avait fait rêver la galaxie du sport en Afrique en déposant sa candidature à la présidence de la Fédération Internationale de Football Association (FIFA) en 2002. Même s’il avait été battu par le président sortant Sepp Blatter, son audace fit soulever des espoirs inattendus parmi quelques amoureux du Football en Afrique. On retiendra enfin que c’est sous sa présidence qu’un pays africain (l’Afrique du Sud) a été désigné pour accueillir la coupe du monde de Football. C’est en qualité de président de la CAF qu’il participera à cette compétition mondiale. Avec un tel bilan, qui n’est pas seulement positif, Issa Hayatou ne pouvait pas manquer d’écrire encore quelques pages du football africain. Peut-être pendant quatre dernières années.

Cameroun: La visite du pape suscite la controverse dans la presse

La presse camerounaise s’interroge sur les mobiles et les retombées éventuelles de cette visite

Le Cameroun accueille dès le 17 Mars prochain, et ceci pour la troisième fois, une visite papale. Après Jean Paul II en 1985 et 1995, Benoît XVI foulera le sol du Cameroun dans moins de deux mois. Ce voyage survient dans un contexte problématique marqué d’après BEBELA par « la distorsion des fonds à l’archidiocèse de Yaoundé, l’assassinat des prêtres ci et là, les batailles tribales entre Bassa-Bamiléké-Béti et le nombrilisme séculaire pour ne citer que ceux-là ». L’ANECDOTE écrit, pour sa part que, la visite d’un pape en Afrique vise essentiellement la reconquête des fidèles dans un continent qui est tombé entre les mains de nouvelles églises.


L’église catholique a du mal à conserver sa place de première religion chrétienne, dans de nombreux pays en Afrique, tant les églises réveillées pullulent et ont fondé leur prosélytisme sur les misères et les pertes de repères des populations. Mais que vient le pape cette fois au Cameroun ? Ledit voyage aurait été motivé par une réunion préparatoire d’un synode sur l’Afrique prévu en Octobre au Vatican rapporte LE POPOLI. Mais il s’agit d’un prétexte parmi tant d’autres à en croire les journaux camerounais que nous avons feuilletés et qui ne sont pas avares de supputations. Vient-il prononcer la béatification de Monseigneur Henri Vieter, le père Pallotin devenu évêque après avoir conduit les premiers pas de la chrétienté au Cameroun ? Hypothèse possible qui n’enchante pas la curie locale selon L’ANECDOTE. Les chrétiens du Cameroun ont du mal à croire que le premier saint dans l’histoire du Cameroun soit un allemand ; par ailleurs réputé pour avoir été d’une rudesse à la lisière de la barbarie. L’ANECDOTE titre « A nous les saints ! » et cite les prélats du terroir comme Baba Simon, André Wouking, Jean Zoa, Engelbert Mveng et Meinrad Hebga qui pourraient bénéficier de cette consécration. Mais l’arrivée du pape est peut-être une invitation de Poupoul Ier (Paul Biya, Ndlr) écrit LE POPOLI qui ajoute que d’autres [personnes] y décèlent une réaction du Vatican au climat délétère socio-politique qui prévaut au Cameroun. « Cette dernière hypothèse remporte l’adhésion du plus grand nombre qui espère voir le saint père remonter les bretelles du monarque d’Etoudi pour sa gestion du pays ». Dans le cas contraire poursuit LE POPOLI, « le père de Brenda et Bakassi pourrait tirer quelques gloires de cet événement et surtout l’évoquer pour cautionner sa future candidature à la présidentielle de 2011 ». Le journal de Nyemb Popoli publie une caricature opportunément satirique dans laquelle on peut voir le président Biya dire : « Si Dieu même en personne est avec moi, qui se dressera contre moi ? » Le journal satirique conclut qu’après tout, la visite papale est une bénédiction pour le peuple tout entier, un motif de fierté pour la communauté religieuse catholique camerounaise particulièrement.


A moins de deux mois de cette visite papale, les camerounais expriment déjà leurs attentes. Dans un exercice qui commence à lui être familier, LA METEO a ouvert ses colonnes aux camerounais de tous les horizons. Entre la fierté des uns qui estiment que c’est un honneur pour le Cameroun d’être le premier pays africain à recevoir la visite du pape Benoît XVI et la déception des autres qui s’interrogent sur les sommes d’argent qui seront dépensées à l’occasion de cette visite, chacun y va de ses attentes : consolidation de la paix, arrestation des casses perpétrés par la communauté urbaine de Yaoundé, critique sans concession contre le pouvoir de Yaoundé, dialogue avec la jeunesse, les attentes des camerounais sont assez contrastées. Chose compréhensible puisque certains camerounais ne gardent pas que de bons souvenirs des visites de Jean Paul II en 1985 et 1995. « Il faut relever qu’à la fin de la dernière visite papale au Cameroun, une vague de misère sans précédent s’était abattue sur le pays » écrit LE POPOLI. En tout cas, cette visite, avant qu’elle soit, génère déjà bien de polémiques et de controverses.

jeudi 5 février 2009

Partenariat : Synergies Africaines et Microsoft Afrique liés par un partenariat





Une cérémonie a eu lieu, cette semaine au siège des synergies africaines à cet effet

Vous allez avoir accès à tous nos logiciels, tous sans exception… Et nos collaborateurs vont venir chaque année pour mettre à jour ces logiciels.
Cheick Modibo Diarra, président de Microsoft AfriqueIl s’adressait ainsi à Jean Stéphane Biatcha, secrétaire exécutif des Synergues Africaines. C’était ce Mardi 3 Février 2009, au siège de Synergies Africaines à Yaoundé. Cette promesse de mettre à la disposition des Synergies Africaines, tous les logiciels de Microsoft Afrique a été doublée d’une autre: [i Nous allons offrir à nos partenaires – dont Microsoft Afrique – un audit gratuit de leurs systèmes d’information]. Cheick Modibo Diarra est au Cameroun. La signature du protocole d’accord entre Microsoft Afrique et Synergies Africaines contre le Sida et les souffrances est la première étape de sa visite de trois jours. Un protocole d’accord dont les principaux points d’ancrage sont: le renforcement des capacités institutionnelles de Synergies Africaines ; les échanges d’informations sur les applications innovantes des TIC et leur intégration dans les stratégies de prévention et de prise en charge du Vih/Sida et des principales endémies en Afrique ; l’amélioration de l’accessibilité des communautés aux solutions informatiques adaptées à leurs besoins.


Pour Jean Stépahane Biatcha, secrétaire exécutif des Synergies Africaines, cet acte « est la traduction concrète d’une vision de collaboration forte entre deux partenaires partageant une volonté et des aspirations communes ». Pour lui, la signature du protocole d’accord de partenariat est la suite logique à de nombreux contacts. Dans son allocution, il a en effet revelé que Cheick Modibo Diarra et les synergies africaines avaient déjà noué 3 contacts majeurs : les 14 et 15 Novembre 2007 à Niamey à l’occasion de la 3ème conférence des premières dames des Synergies Africaines, le 13 Décembre 2007 à l’occasion de sa visite au Centre de Référence International Chantal Biya pour la Recherche sur la Prévention et la Prise en Charge du Vih/Sida et lors de la distinction de la première dame camerounaise Chantal Biya comme ambassadrice de Bonne Volonté de l’Unesco.
Cet acte est la traduction concrète d’une vision de collaboration forte entre deux partenaires partageant une volonté et des aspirations communes.
Jean Stépahane Biatcha, secrétaire exécutif des Synergies AfricainesA l’occasion de cette visite, il a réaffirmé sa promesse à l’endroit des étudiants de l’école polytechnique de Yaoundé. « J’ai fais la promesse de venir donner des cours aux étudiants de l’école polytechnique de Yaoundé. Je crois qu’avant la fin de l’année, je vais venir leur donner des cours de mécanique spatiale et de navigation interplanétaire » a-t-il déclaré.Astrophysicien de renommée internationale directeur de programme d’exploration à la NASA, Cheick Modibo Diarra est malien. Il fonde en 1999 la fondation PATHFINDER pour l'éducation et le Développement. Il devient président de Microsoft Afrique en 2006, année de sa nomination comme ambassadeur de bonne volonté de l’UNESCO. Sa visite au Cameroun se poursuit jusqu’à Jeudi prochain. Il rencontrera plusieurs hauts responsables camerounais dont le premier ministre.

Droits de l’homme: Le gouvernement du Cameroun répond à Amnesty



Le ministre de la Justice a diffusé un communiqué qui revient sur le rapport de Amnesty International


Le gouvernement procède lui-même depuis plusieurs années à une évaluation sans complaisance de son propre dispositif de promotion et de protection des droits de l’homme, donnant lieu à la publication d’un rapport annuel sur l’état des droits de l’homme, à l’élaboration duquel participent activement les organisations les plus représentatives de la société civile.
Amadou Ali, ministre de la Justice


Ce n’est pas souvent qu’on entend le ministre Amadou Ali se répandre dans les médias. Même par voie de communiqué. C’est dire si le rapport de l’Organisation Non Gouvernementale (Ong) Amnesty International a provoqué des insomnies dans le sérail. Mardi 3 Février 2008, le ministre de la Justice, garde des Sceaux, Amadou Ali, a publié un communiqué pour apporter certaines clarifications du gouvernement par rapport à la situation des droits de l’homme au Cameroun. Quelques jours après la sortie du rapport annuel de Amnesty International qui a dressé un bilan catastrophique sur l’Etat des Droits de l’Homme au Cameroun. Sans contester fondamentalement le rapport de Amnesty International, le gouvernement camerounais s’est plutôt agrippé sur un détail pour le moins mineur : le refus de l’Etat du Cameroun d’accueillir les représentants de l’Ong. Le ministre Amadou Ali écrit : « le gouvernement tient à préciser – s’agissant de la visite des représentants de Amnesty International au Cameroun – qu’un accord leur a été notifié par lettre du 3 Août 2007. La visite n’a pu avoir lieu le 27 Octobre 2007 du fait de l’indisponibilité d’un de ses délégués prétendument endeuillé. Il appartenait dès lors à ladite organisation de formuler une nouvelle demande avec de nouvelles propositions de dates ». Au passage, le gouvernement marque sa surprise « face à cette évolution autant inattendue qu’injustifiée ».
Malgré la colère du gouvernement que l’on peut lire entre les lignes - il qualifie de prétendu, le deuil d’un délégué de Amnesty International – le gouvernement « réaffirme néanmoins son entière disponibilité à répondre favorablement à toute sollicitation visant le respect des droits de l’homme ainsi que l’amélioration de la gouvernance, valeurs auxquelles notre pays est tout entier attaché. »

Le gouvernement brandit ses efforts

Le ministre de la justice ne s’arrête pas aux récriminations contre l’Ong. Il avance quelques efforts faits dans le sens la promotion et la protection des droits de l’homme qui constituent « l’un des axes majeurs de l’action gouvernementale ». Selon le ministre de la justice, le gouvernement procède lui-même depuis quelques années à une évaluation « sans complaisance » de son propre dispositif de promotion des droits de l’homme. Une évaluation qui donne lieu à la publication d’un rapport annuel sur l’état des droits de l’homme au Cameroun. Evaluation à laquelle participent « activement » les organisations « les plus représentatives de la société civile ». Le ministre révèle que cette évaluation a traité de nombreux cas qui ont débouché « sur des sanctions régulièrement rendues publiques par voie de presse ».

Le gouvernement tient à préciser – s’agissant de la visite des représentants de Amnesty International au Cameroun – qu’un accord leur a été notifié par lettre du 3 Août 2007. La visite n’a pu avoir lieu le 27 Octobre 2007 du fait de l’indisponibilité d’un de ses délégués prétendument endeuillé. Il appartenait dès lors à ladite organisation de formuler une nouvelle demande avec de nouvelles propositions de dates.
Amadou Ali, ministre de la Justice



Pour rappel, le Jeudi 29 Janvier dernier, Amnesty International a publié un rapport sur la situation des droits de l’homme au Cameroun. L’Ong y mentionne des homicides d’opposants politiques, les harcèlements des droits de l’homme et des journalistes, les persécutions des personnes présumées homosexuelles, les conditions de détention déplorables, la pratique de la torture, les exécutions extrajudiciaires, le maintien de la peine de mort et bien d’autres sujets etc. Pour ce qui est des multiples violations des droits humains soulignées par l’Ong, elles se rapportent majoritairement aux émeutes du mois de Février 2008 qui a conduit à des jugements expéditifs des émeutiers, les harcèlements des journalistes et plusieurs autres abus. La démarche du ministre, pour autant qu’elle soit justifiée, devrait plutôt se traduire par la sensibilisation des forces de l’ordre qui semblent ignorer ou mépriser les droits et les devoirs des citoyens mais aussi développer, ainsi que le recommande Amnesty International, « la culture des droits de l’homme » pour éviter le recours systématique à la violence et à la répression sauvage en cas de crises sociales.

mercredi 4 février 2009

Revendication: Les élites de l’Est Cameroun veulent leur université

Ils le font savoir dans un communiqué fait à Bertoua le 21 Janvier 2009.

Paul Biya, Président du Cameroun

Si l’on en croit un communiqué des élites de la Région de l’Est,Les filles et fils de la Région de l'Est-Cameroun exhortent le chef de l’Etat Paul Biya, à créer une Université technologique et minière dans leur Région. Une université qui, indique le communiqué, pourrait avoir une vocation sous-régionale en Afrique centrale. Les élites signataires motivent cette revendication par plusieurs arguments. Elles font remarquer que la Région de l’Est dispose d’un nombre important et d’une diversité des découvertes minières. Elles constatent une intense activité des compagnies minières dans les quatre départements de la Région. Et, relève le communiqué, il existe des clauses contenues dans les différentes conventions liant l'Etat du Cameroun à ces compagnies, clauses relatives aux transferts de technologies, à l'utilisation de la main d'œuvre locale et au développement socio-économique des zones riveraines aux gisements miniers et aux sites d'exploitation. Pourtant, l'impréparation d'une ressource humaine qualifiée dans les métiers de la transformation du bois avant l'exploitation forestière… n'a pas permis la création des industries du bois et le développement de cette Région, demeurée un puisard de matières premières brutes peut-on lire dans le communiqué qui souligne la carence criarde en ressources humaines qualifiées en matières minières. Ainsi que l'urgence de former des personnels hautement qualifiés devant servir dans les industries minières pendant les phases d'exploration, d'installation, d'exploitation et de transformation afin de faire du Cameroun, un véritable pôle d'exploitation, de transformation et d'exportation des produits miniers ainsi que d'autres technologies. Pour elles, il est impératif que chaque camerounais participe activement au développement durable du pays. Ce qui passe nécessairement par une meilleure formation académique et professionnelle. Donc, pour ces élites, le chef de l’Etat et le gouvernement camerounais doivent créer une Université technologique et minière dans la Région de l’Est.

Comme l’Université de Maroua?

Il n’y a certes pas de corrélation directe entre cette sorte de doléance émise par ces « élites » de la Région de l’Est et l’affaire de l’Université de Maroua dont l’école normale supérieure a récemment fait l’actualité à travers une revendication des députés du septentrion qui ont demandé et obtenu un réajustement à la hausse des quotas des candidats à admettre dans cette école. Cette fois-ci, la démarche semble relever de la même logique. Pour rappel, au début des années 1990, précisément lors de la campagne pour la première élection présidentielle multipartite au Cameroun en 1992, l’idée de la création d’un centre universitaire autonome à Maroua trottinait déjà dans les esprits. Le président de la République y était entièrement favorable. Des études avaient d’ailleurs été entreprises. Mais avec l’éclatement de l’Université de Yaoundé en 1993 et la création de six universités d’Etat, les populations de l’Extrême-Nord avaient plutôt été surprises que ce soit Ngaoundéré qui bénéficie d’une université. A Maroua, on avait mal avalé la pilule. Lors de la campagne pour l’élection présidentielle de 1997, Paul Biya revenait sur le sujet dans son discours, comme pour indiquer aux populations de l’Extrême-Nord qu’il ne les avait pas oubliées. Il avait alors parlé des études pour le projet de création… 7 ans après, aucun signal fort. Lors de la campagne présidentielle de 2004, il affirmait : Je crois que Maroua aura son université , justifiant cette décision par « la complicité » [politique] qui existe entre lui et l’Extrême-Nord. La province, considérée comme la plus peuplée du pays, compte au moins six millions d’habitants. Ceux d’entre eux qui sont inscrits sur les listes électorales votent souvent majoritairement pour Paul Biya. Trois ans après, en lieu et place de l’université, le gouvernement proposait l’Ecole normale supérieure de Maroua. L’offre ne fût pas bien accueillie au sein de l’élite de l’Extrême-Nord. En attendant donc l’université, le gouvernement décide finalement de lancer l’école normale supérieure. Là encore, le « Grand Nord » réclame 60 %. Elle obtient mieux, 100% ! Guettant ensuite impatiemment le lancement de son université.

L’affaire de l’université de Maroua semble avoir fait tâche d’huile. Pour les élites d’autres Régions du pays qui entendent faire pareil. A commencer par les fameuses élites de l’Est. Et d’autres sans doute qui produiront des mémorandums allant dans le même sens.

vendredi 30 janvier 2009

Démocratie : Amnesty international épingle le Cameroun



L'ONG, dans un nouveau rapport relève des violations massives des droits de l’homme au Cameroun
















Ce manifestant de l'Acdic a été sauvagement battu lors d'une manifestation contre les détournements des subventions aux cultivateurs de maïs

Dans son rapport, Amnesty international dit recevoir depuis dix ans, des informations faisant état de violations des droits humains ordonnées, cautionnées ou perpétrées par les autorités camerounaises au mépris de leurs obligations nationales et internationales en matière de droits humains. Amnesty international parle notamment d’ arrestations arbitraires et détentions illégales ; exécutions extrajudiciaires ; menaces et mauvais traitements visant des défenseurs des droits humains et des journalistes ; privation des droits à la liberté d’expression et d’association ; conditions carcérales pénibles ; torture et autres formes de traitement cruel, inhumain ou dégradant ; absence de protection des droits humains des femmes et des fillettes ; et persécution d’hommes et de femmes en raison de leur orientation sexuelle réelle ou présumée.L’un des premiers cas évoqué par le rapport de Amnesty International (AI) est [i la répression violente des manifestations contre la montée des prix en février 2008 et contre la modification de la Constitution visant à permettre au président Paul Biya de se présenter aux prochaines élections présidentielles ]. « Le gouvernement a non seulement ordonné aux forces de sécurité de recourir à une force meurtrière et cautionné de telles actions, mais également utilisé le système de justice pénale pour punir ses opposants » peut-on lire dans le rapport. L’Ong évoque en suite les cas des militants du mouvement sécessionniste Southern Cameroon National Council (Scnc). Le rapport écrit : [i Plus de 60 membres du SCNC ont été arrêtés le 24 avril 2006… Une quarantaine de membres du Scnc ont été appréhendés le 20 janvier 2007… Le 11 février 2008, les forces de sécurité ont arrêté au moins sept membres du SCNC qui s’étaient réunis dans un centre presbytérien pour les jeunes à l'embranchement d'Azeri Old Church à Mankon (Bamenda)]. L’ong cite aussi le cas des militants principal parti d’opposition, Social Democratic Front (SDF), qui sont détenus pendant une longue durée sans jugement. La situation la plus flagrante est l’affaire Gégoire Diboulé dans laquelle était impliquée « John Ngu Mbahaning, qui faisait partie des personnes arrêtées en mai 2006, est mort d’une méningite le 15 août 2006, peu après son transfert de la prison à l’hôpital. Innocent Kom Mokto, un autre détenu, est également mort en détention le 4 octobre 2008 ». La cellule de la gendarmerie dans laquelle ils (les militants du Sdf, Ndlr) étaient initialement incarcérés, apprend – on, n’était pas bien aérée. Elle n’avait pas de lumière et aucune installation sanitaire n’était prévue pour les détenus. Les détenus n’avaient pas non plus de quoi dormir. De la gendarmerie, les détenus ont été transférés au poste de police central de Bamenda ; ils se sont plaints qu’aucune protection n’y était offerte contre les moustiques et que le poste était infesté de rats qui leur mordaient les pieds et les doigts. Les détenus ont utilisé des bols en guise de toilettes et ne vidaient leurs excréments que le matin. James Chi Ngafor (un colonel à la retraite, Ndlr) aurait puisé dans ses propres fonds pour réparer le sol de la cellule sur lequel dormaient les détenus.

Une justice aux ordres et les contre pouvoirs bâillonnésLe rapport s’intéresse aussi au cas des procès engagés contre les émeutiers du mois de Février 2008. Les avocats et défenseurs des droits humains au Cameroun se sont déclarés préoccupés par le caractère inique des procès indique le rapport qui ajoute que « les représentants de l’appareil judiciaire n’ont pas laissé aux accusés le temps de préparer leur défense, ou de la préparer adéquatement. D’après les groupes locaux de défense des droits humains, bon nombre d’accusés n’avaient pas d’avocat, et les autres n’ont pas eu le temps de consulter l’avocat affecté à leur dossier ». AI évoque au passage les cas de Lapiro de Mbanga, Joe Laconscience et Paul Eric Kingue qui ont été particulièrement réprimés. C’est aussi les cas des associations des droits de l’homme, des syndicalistes qui sont l’objet de harcèlements et d’intimidations permanentes. « Madeleine Afite, oeuvrant pour l’Action des Chrétiens pour l’Abolition de la Torture (ACAT) dans la province du Littoral, a informé Amnesty International qu’elle avait reçu des menaces de mort après avoir dénoncé des atteintes aux droits humains commises par des agents des forces de sécurité durant les émeutes de février 2008… Delphine Fouda, une journaliste oeuvrant pour la défense des droits humains, avait été attaquée par des policiers qui avaient menacé de la violer et de la tuer en mai 2006 ». Même la presse n’est pas épargnée selon l’ong. Elle cite le cas des journalistes intimidés, des médias fermés, des journalites incarcérés et lourdement amendés. En mai 2008, plusieurs médias indépendants locaux ont affirmé que Benjamin Fouda Effa, directeur de Radio Tiemeni Siantou, avait été démis de ses fonctions sur l’insistance d’un ministre. Le ministre avait selon les médias pris ombrage du contenu d’une émission condamnant la décision du gouvernement de mettre fin aux activités de la chaîne de télévision Équinoxe et deux stations de radio, Radio Équinoxe et Magic FM. Toutes trois se sont vu ordonner de cesser d'émettre en février après avoir relayé des propos critiques quant à la manière dont le gouvernement avait fait face aux mouvements de protestation de fin février. Équinoxe TV a dû mettre la clé sous la porte le 29 février 2008, après avoir diffusé des interviews de politiciens opposés aux propositions de modification de la Constitution lit-on. On y apprend aussi que Polycarpe Essomba, correspondant de Radio France International, a été contraint de se cacher pendant plusieurs jours après que certains membres de sa famille et lui-même eurent été la cible de menaces de mort pendant les émeutes.


Le gouvernement camerounais doit créer de toute urgence une culture de respect des droits humains et mettre un terme à l'impunité dont bénéficient actuellement les agents gouvernementaux et les forces de sécurité.
Amnesty InternationalLe rapport revient en outre sur les condamnations des homosexuels et dénonce les conditions de détention « pénibles » dans les prisons. II revient aussi sur les cas des deux étudiants de l'université de Buéa, Ivo Obia Ngemba et Moma Bennet qui ont été abattus par les forces de sécurité au cours de violentes manifestations contre la corruption présumée et la discrimination dont seraient victimes les étudiants anglophones. Selon une organisation estudiantine camerounaise, il n’y a eu aucune enquête formelle sur les homicides et aucun membre des forces de sécurité n’a été traduit en justice pour ces faits. AI termine enfin son rapport en formulant des recommandations au gouvernement du Cameroun. « Le gouvernement camerounais doit créer de toute urgence une culture de respect des droits humains et mettre un terme à l'impunité dont bénéficient actuellement les agents gouvernementaux et les forces de sécurité » prescrit l’Ong.L’ong reconnait cependant qu’elle n’a pas profondément vérifié ces informations qui sont mis à sa disposition. Elle regrette de ne pouvoir rencontrer le gouvernement du Cameroun afin d’ « échanger des renseignements et discuter de recommandations afin de protéger et de promouvoir les droits humains dans le pays » tout en déplorant « le fait que les autorités ont invariablement refusé d'accéder à cette requête (ou retiré leur accord sans explication), l’empêchant ainsi de diagnostiquer et d’évaluer la véritable ampleur et la gravité des violations des droits humains au Cameroun ». Car selon elle, la promotion et la protection des droits humains seront vraisemblablement vitales au cours des mois qui précéderont les élections générales de 2011 au Cameroun.

jeudi 29 janvier 2009

Yaoundé: 2 français et 1 camerounais recherchés par la gendarmerie

Ils font l’objet d’une enquête en cours au service central des recherches judiciaires de la gendarmerie nationale

Jean Marc Esposito

Le français Jean Marc Esposito, directeur de la comptabilité et des finances à la Cameroon Postal Services (Campost), son fils Serges Behin Esposito et le camerounais Nnoko Adjang Ngaaje, chef de service de la dépense à la Campost sont activement recherchés par la gendarmerie nationale camerounaise. Les intéréssés font l’objet d’une enquête en cours au service central des recherches judiciaires de la gendarmerie nationale peut-on lire dans le communiqué du général Roland Mambou, directeur central de la coordination à la gendarmerie nationale. Le communiqué publié depuis le 15 Janvier dernier [b prie toute personne susceptible de fournir des renseignements sur les intéresses, de bien vouloir l’en informer en s’adressant à l’unité de gendarmerie la plus proche] ou en appelant des numéros de téléphone qui ont été indiqués contre [b forte récompense].

Nnoko Adjang

D’après des informations relayées par certains médias, ces personnes recherchées auraient distrait un montant de près de 500 millions de Francs Cfa. Un montant que, d’après les mêmes sources, devait toucher le sieur Nnoko Adjang au Centre des chèques postaux à Yaoundé. Depuis cette opération, on est sans nouvelle de lui. Ce que l’on sait aussi, c’est que Jean Marc Esposito aurait été convoqué et entendu par la division de la police judiciaire avant d’être relaxé. L’on est depuis lors sans nouvelle de lui.

Gendarmerie camerounaise

L’identité des trois « malfrats » recherchés ainsi poursuivis a été révélée par le général Roland MAMBOU. M. Esposito Jean Marc est né le 8 Décembre 1952 à Cannes, fils de Esposito Marcel et de Petit Jeanine, de nationalité française. Il était jusque là domicilié au quartier Etoa Meki à Yaoundé. Il est titulaire du passeport français N° 08CK26026 délivré le 25 Juillet 2008 et du permis de séjour N° 109092346/CE26 délivré le 26 Mars 2008 à Yaoundé. Quand à Behin Esposito Serges, il est le fils de Esposito Jean Louis Marc. Enfin, M. Nnoko Adjang Ngaaje est né le27 Janvier 1973 à Tiko. Il est de nationalité camerounaise. Domicilié jusque là au quartier Biyem-Assi à Yaoundé, il est titulaire de la carte nationale N° 101105550 délivré le 5 avril 2000.
Pour le moment, les recherches de la gendarmerie se poursuivent sur l’ensemble du territoire national.

A SAVOIR: Numéros à appeler en cas de détention d’informations sur les personnes recherchées