vendredi 12 décembre 2008

L’importation des produits laitiers chinois à nouveau autorisée

Le ministère de l’industrie le fait savoir dans un communiqué publié le 9 Décembre 2008

Plus de deux mois après la décision de suspension d’importation des produits laitiers d’Asie, pour sauvegarder les consommateurs camerounais contre la menace du lait contaminé à la mélamine, le ministre de l’industrie, des mines et du développement technologique vient de lever « la suspension sur la délivrance des certificats de conformité provisoires pour les produits laitiers en provenance d’Asie ». Le ministre de l’industrie, des mines et du développement technologique Badel Ndanga Ndinga explique cette décision par «l’assurance donnée par le ministre de la Santé publique, de la disponibilité des kits tests pour la recherche de la mélamine au laboratoire nationale de contrôle de qualité des médicaments et d’expertise (lanacome) ».

Par conséquent, les opérations de certification de conformité à la norme et de délivrance des certificats de conformité seront désormais conditionnées par un contrôle systématique du taux de mélamine dans les échantillons desdits produits. En clair, le gouvernement camerounais s’engage à filtrer l’importation des produits laitiers en provenance d’Asie grâce à des contrôles systématiques de mélamine dans lesdits produits.
Le 26 Septembre dernier, le mimdt, par décision de son secrétaire général, Jean Pierre Kedi, décidait de suspendre l’importation des produits laitiers en provenance d’Asie. Une mesure préventive dictée par la crise du lait frelaté chinois ayant occasionné la mort de quatre bébés chinois et l’hospitalisation d’un millier de nourrissons ayant consommé ce lait frelaté.

La décision du mimdt apparaît donc comme opportune mais, ainsi que le préconisait récemment la ligue camerounaise des consommateurs, la vigilance alimentaire doit rester un maître-mot pour les consommateurs. Surtout que l’entrée des produits laitiers chinois par la contrebande n’est toujours pas totalement maîtrisée

Dieudonné FOKOU: Génie du plastique fondu

Professionnel d’art plastique, ce camerounais de 37 ans est animé par une passion folle pour son métier

Il n’aurait certainement jamais imaginé faire autre chose que la médecine après avoir obtenu son Bac D. Mais l’histoire ne lui a pas offert l’occasion de réaliser son rêve. Il s’est donc retrouvé en train d’arpenter les sentiers de l’art plastique. Dieudonné Fokou s’inscrit à la faculté des arts de l’université de Yaoundé I où il fait la rencontre de Jean Kouam Tawadje, un enseignant d’art plastique qui deviendra son mentor. Si les moyens ne permettent pas au futur artiste plasticien de se payer les études universitaires, Jean Kouam Tawdje va en effet lui offrir le moyen de suivre une formation pratique.

Mais en réalité, la fibre artistique de D Fokou s’est révélée depuis fort longtemps. En guise de cadeau à sa petite sœur lorsque celle-ci reçoit son baptême, l’enfant de Bamendjou avait réalisé une sculpture : une main venue du ciel qui donne une pièce d’argent à un enfant à genou. Il s’agissait pour lui d’annoncer à sa sœur, une nouvelle vie de prospérité. À la fac, il reçoit des éléments nouveaux pour créer ses œuvres avec la sensibilité d’un professionnel. Il apprend donc de J K Tawadje la signification des couleurs et les lois de la composition. De Joseph Françis Sumegne, un autre mentor, il apprend que toute œuvre d’art doit dégager une humeur pour attirer l’attention du public. Il profite de la disponibilité de ce dernier pour apprendre la peinture. C’est donc armé de ces formations qu’il réalise en professionnel avisé, une exposition en 1999 au Hilton hôtel de Yaoundé. À cette occasion, il vend son premier tableau et goûte pour la première fois au fruit de ses réalisations.

Il engrange par la suite des récompenses qui vont le motiver à poursuivre son aventure artistique. En 2000, son œuvre « le pont de l’espoir » est primé au Centre de promotion sociale (Cps) de Mbalmayo au Cameroun. En 2005, une autre œuvre intitulée « l’ultime prudence » retiendra l’attention du jury d’un concours international d’art.


Des ambitions encore plus grandes
Malgré ces prix et cette reconnaissance, Dieudonné Fokou n’a pas la grosse tête. Au contraire, sa tête fourmille d’ambitions. Il compte réaliser une exposition à Reine en France grâce au concours de son ami Luc Landry Ndjetchou, promoteur culturel, qu’il a rencontré en 1996. Ce dernier est par ailleurs l’auteur et compositeur d’un album musical dont la sortie officielle est annoncée. Son rêve le plus cher ? La mise sur pied d’un centre artistique dénommé « Positive Houses » dans lequel les jeunes qui s’intéressent à l’art plastique pourront recevoir des cours de formation. « Positive Houses » sera aussi équipé d’une unité de production et d’un studio d’enregistrement. Ce père de trois enfants qui vit dans une modeste maison à Yaoundé est particulièrement un homme heureux depuis quelques semaines. Il aura l’occasion d’exposer ses œuvres aux côtés de Martine Quentric-Seguy, l’épouse du consul général de France au Cameroun. Un immense honneur qu’il compte exploiter à fond.
Pour une vie d’artiste, on ne peut pas dire de D Fokou que sa passion l’a égaré. Il est cependant difficile de vivre de son art, c’est pourquoi le génie du plastique fondu fait de la peinture en bâtiment pour assumer ses charges familiales. Mais que ne peut-on faire pour assouvir ses passions ? À 37 ans, le jeune plasticien espère que le meilleur est à venir.

Filière maïs : Remise en cause de la gestion des subventions étatiques

C’est ce qu’on peut retenir des conclusions des travaux effectués par l’association citoyenne de défense des intérêts collectifs.

Programmée à 14 heures au Hilton Hôtel de Yaoundé, la conférence de presse de l’association citoyenne de défense des intérêts collectifs (Acdic) a été déprogrammée. A cause d’une interdiction du sous-préfet de Yaoundé 3, Locko Motassi Martin. Dans sa lettre de notification du 1er Décembre 2008, ledit sous-préfet signifiait à Njonga Bernard, président de l’Acdic, que ses déclarations « ne respectent pas la lettre de la loi du N°90/55 du 19 Décembre 1990 portant régime des réunions et des manifestations publiques ». Une raison beaucoup plus politique sous-tendait pourtant cette interdiction. La preuve, le sous-préfet conseillait au président de l’Acdic d’adresser en priorité « et avant toute autre démarche » les résultats « si avérés de votre étude » à Monsieur le vice-premier ministre, ministre de l’Agriculture et du Développement Rural « dont les agents semblent incriminés ». Une intention avouée d’étouffer la médiatisation de ces travaux qui épinglent singulièrement le Minader. C’était sans compter avec la détermination de Bernard Njonga qui a invité les journalistes au siège de l’Acdic pour ladite conférence de presse qui s’est finalement tenue au Lions Club de Yaoundé.


Détournements massifs des subventions
D’après l’Acdic, le Minader a perçu près de 2 milliards de Francs Cfa entre 2006 et 2008 à titre de subventions directes pour redynamiser la filière maïs. Mais le constat fait sur le terrain est troublant. Sur les 1454 groupements d’intérêt communautaire (GIC) recensés en 2008 et bénéficiant de la subvention de l’Etat, 92% n’ont pas d’existence légale et 58% n’ont aucun champ de maïs. L’Acdic relève quatre modes de détournements des fonds affectés aux subventions dans la filière maïs. Sur la liste officielle des Gics dressé par le Minader, il existe des Gics fictifs qui reçoivent pourtant des subventions de l’Etat. L’Acdic note aussi qu’il existe des Gics réels qui ne reçoivent pas les montants de subventions indiqués par le Minader ou n’en reçoivent rien. Le dernier mode de détournement déclaré par l’Acdic consiste à faire décharger aux agriculteurs, du matériel qu’ils ne reçoivent pas. Du matériel qui prend souvent des destinations surprenantes. En 2006, dévoile l’Acdic, 60 tracteurs indiens ont été offerts au gouvernement camerounais. Seuls 5 de ses 60 tracteurs sont parvenus à des Gics investissant dans la filière maïs. Les autres ayant été affectés à des « ministres et assimilés », à des « hauts responsables militaires » et à d’autres fonctionnaires camerounais. Une situation jugée « inacceptable » par Bernard Njonga.
Ces travaux de l’Acdic surviennent moins d’un an après les émeutes de la faim survenus au mois de Février 2008. Le Cameroun affecté par la crise alimentaire doit pourtant produire, à en croire l’Acdic, 120 000 tonnes de maïs de plus en 2009 « sinon le Cameroun connaîtra sa plus grande crise alimentaire » prévient Bernard Njonga.

Cité universitaire: L’Addec dénonce "l’expulsion" des étudiants


A cause de la décision du recteur de contraindre certains étudiants à libérer leurs chambres pour y loger les participants aux Dixiades 2008.

A quelques jours du lancement des Dixiades 2008, cet événement sportif national est déjà au centre d’une polémique à l’université de Yaoundé I. Et pour cause, dans un communiqué rendu public le 26 Novembre dernier, le recteur de ladite université, Dorothy Njeuma, sommait les étudiants de libérer les cités universitaires de l’université de Yaoundé I et de l’Ecole Normale Supérieure au plus tard le 02 Décembre 2008. Cette libération, d’après les termes du communiqué, vise à permettre l’accueil des délégations des Dixiades 2008. Face à cette décision qualifiée de « malheureuse et inacceptable qui insulte la dignité et blesse la fierté de la communauté estudiantine » par l’association de défense des droits des étudiants (Addec), celle-ci s’est fendu d’un communiqué pour s’en exaspérer. « Comment faites-vous, Madame, pour ne pas être préoccupée par le sort de ceux qui, venus de tel ou tel autre coin reculé du pays, n’ont ni parent ni ami susceptibles de les accueillir pour la durée indéterminée que pourrait connaître votre lubie ? » interroge l’Addec dans son communiqué. Pour l’association estudiantine, cette décision du recteur marque « la prééminence du ludique, du festif, du jouissif sur l’utile. » Considérant que la décision du recteur «viole tous les textes et toutes les dispositions régissant le logement universitaire», l’Addec demande aux étudiants concernés par ces « expulsions » à « demeurer sereinement dans leurs chambres et à s’organiser pour faire échec à ces prétentions staliniennes ».


La première édition des Jeux Nationaux du Cameroun (DIXIADES) est prévue à Yaoundé, Capitale du Cameroun et siège des Institutions, du 10 au 20 décembre 2008. Les représentants des dix Régions du Cameroun feront le déplacement de Yaoundé. « Les participants aux DIXIADES seront hébergés à la Cité Universitaire du Campus de l’Université de Yaoundé I à Ngoa-Ekéllé et éventuellement à l’Ecole Normale Supérieure de Yaoundé » peut-on lire sur le site web de l’événement. « Les athlètes seront logés à 3, 4 ou 5 par chambre et seront regroupés, autant que faire se peut, par Délégation. Des dispositions particulières, en terme de nombre de personnes par chambre, seront prises pour les Chefs de Mission, les Entraîneurs et les Officiels Techniques » apprend-on dans le même site web.
Le bras de fer engagé par l’Addec peut-il obliger les autorités universitaires à abdiquer? Rien n’est moins sûr alors que l’événement sportif se rapproche à grands pas.

AFRO DESIGN : Un rendez-vous culturel pour les virtuoses !

Le comité d’organisation annonce un événement haut en couleur pour promouvoir les artistes africains.

Du 11 au 14 Mars 2009, le boulevard du 20 Mai et l’hôtel Hilton de Yaoundé accueillent un événement culturel inédit : le festival Afro Design baptisé « rendez-vous des virtuoses ». Un événement qui se décline en expositions et ventes des objets artistiques, concerts live, défilés de mode et une soirée de gala au Hilton hôtel de Yaoundé qui sera retransmise en direct. D’après le président du comité d’organisation, Jean Bosco Pouakam, le festival se veut « un véritable grand rendez-vous de l’élite artistique africaine et du grand public, un carrefour de rencontres et d’échanges artistiques et touristiques ».
Pour l’occasion, des musiciens de renommée internationale sont annoncés. Le congolais Fally Ipupa, le groupe ivoirien Magic System et la révélation du Bikutsi Lady Ponce sont les guest stars qui animeront les soirées de ce festival. Un festival qui a le don de rassembler à la fois musiciens, plasticiens, peintres, modélistes etc.

le festival se veut un véritable grand rendez-vous de l’élite artistique africaine et du grand public, un carrefour de rencontres et d’échanges artistiques et touristiques
Jean Bosco Pouakam, Président du comité d’organisation d'Afro Design


Mais l’une des marques du festival, c’est surtout la gratuité des 234 stands qui sont mis à la disposition des artistes qui souhaitent participer au festival. Cette gratuité des stands s’explique par le souci du comité d’organisation de faciliter la visibilité et la promotion des artisans et artistes qui ont ainsi un nouveau boulevard pour vendre leurs créations. Cependant, « les artistes qui veulent prendre part au festival doivent faire preuve d’originalité, de créativité et d’innovation » souligne le promoteur Chriss Eddie Fouedjeu.
Pour assurer du succès à ce rendez-vous, le promoteur en a confié l’organisation à Publicis Com, une agence de régie publicitaire exerçant à Yaoundé. En outre, la contribution du ministère du tourisme en tant que parrain de l’événement devrait aussi contribuer à renforcer l’image de ce festival qui entend se démarquer dès la première édition.
Le rendez-vous est donc pris pour le 11 Mars prochain, date à laquelle Yaoundé deviendra la capitale de l’art africain.

Publication : Un ouvrage collectif pour la paix est né

49 auteurs de plusieurs nationalités ont commis des poèmes et nouvelles pour que règne la paix dans le monde.


Apaiser les tensions et les conflits qui règnent en héros dans notre monde, c’est la vocation de cet ouvrage de 330 pages intitulé Livre d’or pour la paix dans le monde, Anthologie de la littérature pacifiste. Les auteurs sont originaires d’Argentine, Belgique, Bulgarie, Cameroun, Canada, Egypte, Etats-Unis, France, Grande Bretagne, Haïti, Italie, Luxembourg, Roumanie, Russie, Rwanda, Suisse et du Viet Nâm.
Si la poésie et les nouvelles sont les deux genres utilisés dans l’ouvrage, la poésie est le genre dominant. Le professeur Constantin Frozin, citant Simone Frosin, évoque d’ailleurs, dans la postface, la proximité du P qui sied si bien entre le genre dominant et la vocation de l’ouvrage. « A-t-on jamais pensé que Paix s’écrit avec P tout comme POETE, POESIE et POEME ?! A t-on jamais essayé de voir pourquoi ?! » Écrit t-il.
Une forte odeur de religiosité traverse l’ouvrage. Ainsi peut-on lire dès l’entrée de la préface écrite par Athanase Vantchev de Thracy, l’évangile selon saint Jean, XIV, 27 : « Je vous laisse la paix ; c’est ma paix que je vous donne ». Au-delà de l’évangile souvent évoqué par certains auteurs, le livre est dédié à Dieu, le Pape, l’Organisation des Nations Unies et à l’humanité tout entière.
Mais avant de parler de la Paix, l’écrivain canadien Jean Simoneau s’interroge « La guerre pourquoi ? ». Il répond : « La guerre est un processus économique…Un commerce planétaire extrêmement payant… Un phénomène d’ignorance et de finances… ». Il constate que la guerre « vit de nos taxes et de notre consommation ». Et si justement le canadien dénonce, l’étudiant camerounais enfourche le cheval de guerre. Pour vaincre justement la guerre. Gervais de Collins tonne en effet : « Je suis venu libérer les captifs ». « Je vais à vent et à contre vent/ Tantôt sale comme un meurtrier en cavale/Tantôt propre comme un enfant innocent/Vous prévenir de votre perte prochaine/Si l’automobile dans laquelle vous roulez/N’est pas métamorphosée aujourd’hui ».


Le ton se fait tragique dans des poèmes comme celui de Lamine Merlin Tchuente : « Terre saignée » ou celui de Nora Attala : « Apocalypse ». Francine Gadbois nous parle de « La mort dans la paix » et de « culpabilité » alors que Paul Meunier déplore la « Mal heure ». Nadia Le Roux pousse la tragédie plus loin et parle de « Peine de sort ». Un vent de pessimisme souffle donc dans l’ouvrage.
Mais à la fin, après la pluie, le beau temps, les forces du Bien = la Paix, l’emportent toujours sur les forces du mal = la Guerre. Cette conclusion optimiste et enchanteresse inaugure l’idéal de Paix, valeur fondatrice de l’ouvrage. C’est pourquoi certains auteurs battent le tambour de l’espoir. Janine Laval parle d’ « Un rêve ininterrompu » que la Paix devrait incarner à jamais, Joseph Oukanine rêve d’une « Paix Universelle », et Laurent Fels rêve de « Mille Etoiles ». « Alors cette nuit étoilée/sera l’aube de la fraternité » versifie le poète. Il est appuyé dans cette idée par Roger MASSE qui écrit : « la journée sera belle ». « J’entends le balbutiement… La Colombe dans les cieux ».
Le Livre d’or pour la paix est donc un florilège de textes inspirés rédigés par des auteurs « en quête d’un monde meilleur ». Des poètes ou « saints terrestres » comme les appelle Constantin Frozin qui, peut-on le constater, sont pour la plupart méconnus du grand public. Ceux-ci ont choisi pour combattre en faveur de la paix, « leur arme la plus familière. Une arme qui ne coûte rien et qui ne demande aucune énergie physique pour être transportée : la pensée ». Des mots et des vers qui sont des armes de combat contre les hommes eux-mêmes, contre les vices et appétits barbares, contre nos semblables érigés en fomenteurs de guerres, contre les politiciens.
Le Livre d’or pour la Paix est donc le cri strident de poètes dans un monde qui balance entre les cruautés d’un univers vorace et impitoyable et l’optimisme innocent d’un monde à venir. Avec en toile de fond, l’appel à Dieu et la religion qui sont les sources de la Paix.

Communications téléphoniques : Le « bip » à la mode chez des usagers du portable!


Les utilisateurs du téléphone portable ont trouvé un moyen simple de communiquer sans dépenser. Une communication plutôt à la mode.

Le principe est généralement simple selon que l’on choisit de biper par appel ou par message. Il existe en effet deux types de bips. L’usager qui dispose du crédit suffisant pour au moins une minute ou une seconde d’appel (selon l’option tarifaire) peut appeler son correspondant. Dans ce cas, il laisse sonner le téléphone une seule ou deux fois, histoire de laisser le correspondant reconnaître le numéro et ne pas avoir le temps de décrocher. Il faut en effet que le numéro du bipeur soit enregistré dans le répertoire téléphonique du bipé. Parfois néanmoins, certains usagers reçoivent des bips des numéros inconnus. En ces circonstances là, Olive, secrétaire, peut répliquer ou ne pas le faire. « Parfois, je rappelle le numéro inconnu qui m’a bipé parce que ça peut être un ami ou une connaissance qui n’a pas de crédit ou qui n’a pas de téléphone. Parfois, je ne me gêne pas du tout » témoigne t-elle.
Il existe aussi une autre forme de bip. Selon l’opérateur de téléphonie mobile, on parle de bip me ou de call me back. Il s’agit en fait d’un message que l’on envoie à son correspondant pour lui demander de rappeler. Cela ne nécessite pas du crédit. Jules, télé conseiller, explique : « Il s’agit d’un message d’alerte, d’un SOS mis à la disposition des abonnés. Ces messages d’alertes indiquent à ceux qui les reçoivent que le correspondant souhaite être rappelé ». Pour l’un des opérateurs ce type de bips est limité à cinq par jour. Pour un autre opérateur, ce type de bips est étendu à six.
Le bip est parfois à l’origine des désagréments entre les correspondants. « Les bips m’énervent » révèle Joël. Il estime que ceux qui bipent devraient appeler s’ils ont quelque chose à dire à leurs correspondants. Alain, étudiant se plaint quand à lui de l’attitude des femmes qui bipent même lorsqu’elles ont suffisamment de crédit pour appeler. « Elles exagèrent. Elles n’appellent jamais même si vous leur faites des transferts de crédit tous les jours » se plaint-il. Olive reconnaît que certaines filles sont malhonnêtes et préfèrent biper leurs partenaires. Pour son propre cas affirme t-elle, « j’appelle toujours mon petit ami, sauf si je n’ai vraiment pas de crédit. Là je le bipe pour qu’il me rappelle».

Le bip, un langage codé
« Si je souhaite par exemple que mes parents me rappellent, je les bipent avec insistance et, ils comprennent alors que je souhaite vraiment leur parler » confie Joël. C’est justement là l’une des fonctions du bip. Ainsi que le précise Jules, télé conseiller, « c’est un signal d’un émetteur qui souhaite être rappelé par un récepteur pour une causerie beaucoup plus longue ». Mais, le bip a aussi plusieurs autres significations. Il véhicule parfois de l’affection entre deux individus. « Parfois, lorsque nous sommes éloignés l’un de l’autre, je bipe mon petit ami pour lui faire savoir que je l’aime ou que je l’embrasse. Et il me bipe aussi pour me dire qu’il fait pareil pour moi. Là, ça me fait plaisir. S’il ne réplique pas, je suis un peu mal à l’aise» avoue Christine, élève. C’est aussi pour certains usagers du téléphone mobile, un moyen de faire signe de vie. « Ça peut vouloir dire bonjour, ça peut vouloir dire je t’attends ou même que je pense à toi et plusieurs autres choses » nous déclare Joséphine, une coiffeuse. « En général, je bipe pour faire signe de vie à mon correspondant » déclare Alain. Mais ce langage est parfois d’un usage abusif. «J’ai dans mon répertoire, certains numéros qui ne m’ont jamais appelé depuis qu’on s’est échangé nos numéros» se plaint Armand. Des « bipeurs professionnels » dit-on dans un jargon bien connu en milieu jeune.
Si certains hommes se plaignent de l’attitude des femmes qui préfèrent biper plutôt que d’appeler, d’autres y voient une attitude normale. « Si une femme me bipe, ce n’est que normal. Ça peut vouloir dire qu’elle pense à moi. Et même si elle a du crédit, elle peut me biper et je la rappelle. D’ailleurs, c’est ce que j’aime. Ça me permet de garder mon autorité dans notre relation» déclare Armand. Il note au passage qu’il ne condamne pas cela.

Langage codé très utilisé entre les usagers du téléphone portable, le bip tend à prendre une importance démesurée. Surtout en milieu jeune entre élèves, étudiants et surtout entre les enfants et leurs parents.
Il s’agit sans doute là, d’une nouvelle forme de langage suggérée par les Technologies de l’information et de la Communication.