jeudi 5 février 2009

Partenariat : Synergies Africaines et Microsoft Afrique liés par un partenariat





Une cérémonie a eu lieu, cette semaine au siège des synergies africaines à cet effet

Vous allez avoir accès à tous nos logiciels, tous sans exception… Et nos collaborateurs vont venir chaque année pour mettre à jour ces logiciels.
Cheick Modibo Diarra, président de Microsoft AfriqueIl s’adressait ainsi à Jean Stéphane Biatcha, secrétaire exécutif des Synergues Africaines. C’était ce Mardi 3 Février 2009, au siège de Synergies Africaines à Yaoundé. Cette promesse de mettre à la disposition des Synergies Africaines, tous les logiciels de Microsoft Afrique a été doublée d’une autre: [i Nous allons offrir à nos partenaires – dont Microsoft Afrique – un audit gratuit de leurs systèmes d’information]. Cheick Modibo Diarra est au Cameroun. La signature du protocole d’accord entre Microsoft Afrique et Synergies Africaines contre le Sida et les souffrances est la première étape de sa visite de trois jours. Un protocole d’accord dont les principaux points d’ancrage sont: le renforcement des capacités institutionnelles de Synergies Africaines ; les échanges d’informations sur les applications innovantes des TIC et leur intégration dans les stratégies de prévention et de prise en charge du Vih/Sida et des principales endémies en Afrique ; l’amélioration de l’accessibilité des communautés aux solutions informatiques adaptées à leurs besoins.


Pour Jean Stépahane Biatcha, secrétaire exécutif des Synergies Africaines, cet acte « est la traduction concrète d’une vision de collaboration forte entre deux partenaires partageant une volonté et des aspirations communes ». Pour lui, la signature du protocole d’accord de partenariat est la suite logique à de nombreux contacts. Dans son allocution, il a en effet revelé que Cheick Modibo Diarra et les synergies africaines avaient déjà noué 3 contacts majeurs : les 14 et 15 Novembre 2007 à Niamey à l’occasion de la 3ème conférence des premières dames des Synergies Africaines, le 13 Décembre 2007 à l’occasion de sa visite au Centre de Référence International Chantal Biya pour la Recherche sur la Prévention et la Prise en Charge du Vih/Sida et lors de la distinction de la première dame camerounaise Chantal Biya comme ambassadrice de Bonne Volonté de l’Unesco.
Cet acte est la traduction concrète d’une vision de collaboration forte entre deux partenaires partageant une volonté et des aspirations communes.
Jean Stépahane Biatcha, secrétaire exécutif des Synergies AfricainesA l’occasion de cette visite, il a réaffirmé sa promesse à l’endroit des étudiants de l’école polytechnique de Yaoundé. « J’ai fais la promesse de venir donner des cours aux étudiants de l’école polytechnique de Yaoundé. Je crois qu’avant la fin de l’année, je vais venir leur donner des cours de mécanique spatiale et de navigation interplanétaire » a-t-il déclaré.Astrophysicien de renommée internationale directeur de programme d’exploration à la NASA, Cheick Modibo Diarra est malien. Il fonde en 1999 la fondation PATHFINDER pour l'éducation et le Développement. Il devient président de Microsoft Afrique en 2006, année de sa nomination comme ambassadeur de bonne volonté de l’UNESCO. Sa visite au Cameroun se poursuit jusqu’à Jeudi prochain. Il rencontrera plusieurs hauts responsables camerounais dont le premier ministre.

Droits de l’homme: Le gouvernement du Cameroun répond à Amnesty



Le ministre de la Justice a diffusé un communiqué qui revient sur le rapport de Amnesty International


Le gouvernement procède lui-même depuis plusieurs années à une évaluation sans complaisance de son propre dispositif de promotion et de protection des droits de l’homme, donnant lieu à la publication d’un rapport annuel sur l’état des droits de l’homme, à l’élaboration duquel participent activement les organisations les plus représentatives de la société civile.
Amadou Ali, ministre de la Justice


Ce n’est pas souvent qu’on entend le ministre Amadou Ali se répandre dans les médias. Même par voie de communiqué. C’est dire si le rapport de l’Organisation Non Gouvernementale (Ong) Amnesty International a provoqué des insomnies dans le sérail. Mardi 3 Février 2008, le ministre de la Justice, garde des Sceaux, Amadou Ali, a publié un communiqué pour apporter certaines clarifications du gouvernement par rapport à la situation des droits de l’homme au Cameroun. Quelques jours après la sortie du rapport annuel de Amnesty International qui a dressé un bilan catastrophique sur l’Etat des Droits de l’Homme au Cameroun. Sans contester fondamentalement le rapport de Amnesty International, le gouvernement camerounais s’est plutôt agrippé sur un détail pour le moins mineur : le refus de l’Etat du Cameroun d’accueillir les représentants de l’Ong. Le ministre Amadou Ali écrit : « le gouvernement tient à préciser – s’agissant de la visite des représentants de Amnesty International au Cameroun – qu’un accord leur a été notifié par lettre du 3 Août 2007. La visite n’a pu avoir lieu le 27 Octobre 2007 du fait de l’indisponibilité d’un de ses délégués prétendument endeuillé. Il appartenait dès lors à ladite organisation de formuler une nouvelle demande avec de nouvelles propositions de dates ». Au passage, le gouvernement marque sa surprise « face à cette évolution autant inattendue qu’injustifiée ».
Malgré la colère du gouvernement que l’on peut lire entre les lignes - il qualifie de prétendu, le deuil d’un délégué de Amnesty International – le gouvernement « réaffirme néanmoins son entière disponibilité à répondre favorablement à toute sollicitation visant le respect des droits de l’homme ainsi que l’amélioration de la gouvernance, valeurs auxquelles notre pays est tout entier attaché. »

Le gouvernement brandit ses efforts

Le ministre de la justice ne s’arrête pas aux récriminations contre l’Ong. Il avance quelques efforts faits dans le sens la promotion et la protection des droits de l’homme qui constituent « l’un des axes majeurs de l’action gouvernementale ». Selon le ministre de la justice, le gouvernement procède lui-même depuis quelques années à une évaluation « sans complaisance » de son propre dispositif de promotion des droits de l’homme. Une évaluation qui donne lieu à la publication d’un rapport annuel sur l’état des droits de l’homme au Cameroun. Evaluation à laquelle participent « activement » les organisations « les plus représentatives de la société civile ». Le ministre révèle que cette évaluation a traité de nombreux cas qui ont débouché « sur des sanctions régulièrement rendues publiques par voie de presse ».

Le gouvernement tient à préciser – s’agissant de la visite des représentants de Amnesty International au Cameroun – qu’un accord leur a été notifié par lettre du 3 Août 2007. La visite n’a pu avoir lieu le 27 Octobre 2007 du fait de l’indisponibilité d’un de ses délégués prétendument endeuillé. Il appartenait dès lors à ladite organisation de formuler une nouvelle demande avec de nouvelles propositions de dates.
Amadou Ali, ministre de la Justice



Pour rappel, le Jeudi 29 Janvier dernier, Amnesty International a publié un rapport sur la situation des droits de l’homme au Cameroun. L’Ong y mentionne des homicides d’opposants politiques, les harcèlements des droits de l’homme et des journalistes, les persécutions des personnes présumées homosexuelles, les conditions de détention déplorables, la pratique de la torture, les exécutions extrajudiciaires, le maintien de la peine de mort et bien d’autres sujets etc. Pour ce qui est des multiples violations des droits humains soulignées par l’Ong, elles se rapportent majoritairement aux émeutes du mois de Février 2008 qui a conduit à des jugements expéditifs des émeutiers, les harcèlements des journalistes et plusieurs autres abus. La démarche du ministre, pour autant qu’elle soit justifiée, devrait plutôt se traduire par la sensibilisation des forces de l’ordre qui semblent ignorer ou mépriser les droits et les devoirs des citoyens mais aussi développer, ainsi que le recommande Amnesty International, « la culture des droits de l’homme » pour éviter le recours systématique à la violence et à la répression sauvage en cas de crises sociales.

mercredi 4 février 2009

Revendication: Les élites de l’Est Cameroun veulent leur université

Ils le font savoir dans un communiqué fait à Bertoua le 21 Janvier 2009.

Paul Biya, Président du Cameroun

Si l’on en croit un communiqué des élites de la Région de l’Est,Les filles et fils de la Région de l'Est-Cameroun exhortent le chef de l’Etat Paul Biya, à créer une Université technologique et minière dans leur Région. Une université qui, indique le communiqué, pourrait avoir une vocation sous-régionale en Afrique centrale. Les élites signataires motivent cette revendication par plusieurs arguments. Elles font remarquer que la Région de l’Est dispose d’un nombre important et d’une diversité des découvertes minières. Elles constatent une intense activité des compagnies minières dans les quatre départements de la Région. Et, relève le communiqué, il existe des clauses contenues dans les différentes conventions liant l'Etat du Cameroun à ces compagnies, clauses relatives aux transferts de technologies, à l'utilisation de la main d'œuvre locale et au développement socio-économique des zones riveraines aux gisements miniers et aux sites d'exploitation. Pourtant, l'impréparation d'une ressource humaine qualifiée dans les métiers de la transformation du bois avant l'exploitation forestière… n'a pas permis la création des industries du bois et le développement de cette Région, demeurée un puisard de matières premières brutes peut-on lire dans le communiqué qui souligne la carence criarde en ressources humaines qualifiées en matières minières. Ainsi que l'urgence de former des personnels hautement qualifiés devant servir dans les industries minières pendant les phases d'exploration, d'installation, d'exploitation et de transformation afin de faire du Cameroun, un véritable pôle d'exploitation, de transformation et d'exportation des produits miniers ainsi que d'autres technologies. Pour elles, il est impératif que chaque camerounais participe activement au développement durable du pays. Ce qui passe nécessairement par une meilleure formation académique et professionnelle. Donc, pour ces élites, le chef de l’Etat et le gouvernement camerounais doivent créer une Université technologique et minière dans la Région de l’Est.

Comme l’Université de Maroua?

Il n’y a certes pas de corrélation directe entre cette sorte de doléance émise par ces « élites » de la Région de l’Est et l’affaire de l’Université de Maroua dont l’école normale supérieure a récemment fait l’actualité à travers une revendication des députés du septentrion qui ont demandé et obtenu un réajustement à la hausse des quotas des candidats à admettre dans cette école. Cette fois-ci, la démarche semble relever de la même logique. Pour rappel, au début des années 1990, précisément lors de la campagne pour la première élection présidentielle multipartite au Cameroun en 1992, l’idée de la création d’un centre universitaire autonome à Maroua trottinait déjà dans les esprits. Le président de la République y était entièrement favorable. Des études avaient d’ailleurs été entreprises. Mais avec l’éclatement de l’Université de Yaoundé en 1993 et la création de six universités d’Etat, les populations de l’Extrême-Nord avaient plutôt été surprises que ce soit Ngaoundéré qui bénéficie d’une université. A Maroua, on avait mal avalé la pilule. Lors de la campagne pour l’élection présidentielle de 1997, Paul Biya revenait sur le sujet dans son discours, comme pour indiquer aux populations de l’Extrême-Nord qu’il ne les avait pas oubliées. Il avait alors parlé des études pour le projet de création… 7 ans après, aucun signal fort. Lors de la campagne présidentielle de 2004, il affirmait : Je crois que Maroua aura son université , justifiant cette décision par « la complicité » [politique] qui existe entre lui et l’Extrême-Nord. La province, considérée comme la plus peuplée du pays, compte au moins six millions d’habitants. Ceux d’entre eux qui sont inscrits sur les listes électorales votent souvent majoritairement pour Paul Biya. Trois ans après, en lieu et place de l’université, le gouvernement proposait l’Ecole normale supérieure de Maroua. L’offre ne fût pas bien accueillie au sein de l’élite de l’Extrême-Nord. En attendant donc l’université, le gouvernement décide finalement de lancer l’école normale supérieure. Là encore, le « Grand Nord » réclame 60 %. Elle obtient mieux, 100% ! Guettant ensuite impatiemment le lancement de son université.

L’affaire de l’université de Maroua semble avoir fait tâche d’huile. Pour les élites d’autres Régions du pays qui entendent faire pareil. A commencer par les fameuses élites de l’Est. Et d’autres sans doute qui produiront des mémorandums allant dans le même sens.

vendredi 30 janvier 2009

Démocratie : Amnesty international épingle le Cameroun



L'ONG, dans un nouveau rapport relève des violations massives des droits de l’homme au Cameroun
















Ce manifestant de l'Acdic a été sauvagement battu lors d'une manifestation contre les détournements des subventions aux cultivateurs de maïs

Dans son rapport, Amnesty international dit recevoir depuis dix ans, des informations faisant état de violations des droits humains ordonnées, cautionnées ou perpétrées par les autorités camerounaises au mépris de leurs obligations nationales et internationales en matière de droits humains. Amnesty international parle notamment d’ arrestations arbitraires et détentions illégales ; exécutions extrajudiciaires ; menaces et mauvais traitements visant des défenseurs des droits humains et des journalistes ; privation des droits à la liberté d’expression et d’association ; conditions carcérales pénibles ; torture et autres formes de traitement cruel, inhumain ou dégradant ; absence de protection des droits humains des femmes et des fillettes ; et persécution d’hommes et de femmes en raison de leur orientation sexuelle réelle ou présumée.L’un des premiers cas évoqué par le rapport de Amnesty International (AI) est [i la répression violente des manifestations contre la montée des prix en février 2008 et contre la modification de la Constitution visant à permettre au président Paul Biya de se présenter aux prochaines élections présidentielles ]. « Le gouvernement a non seulement ordonné aux forces de sécurité de recourir à une force meurtrière et cautionné de telles actions, mais également utilisé le système de justice pénale pour punir ses opposants » peut-on lire dans le rapport. L’Ong évoque en suite les cas des militants du mouvement sécessionniste Southern Cameroon National Council (Scnc). Le rapport écrit : [i Plus de 60 membres du SCNC ont été arrêtés le 24 avril 2006… Une quarantaine de membres du Scnc ont été appréhendés le 20 janvier 2007… Le 11 février 2008, les forces de sécurité ont arrêté au moins sept membres du SCNC qui s’étaient réunis dans un centre presbytérien pour les jeunes à l'embranchement d'Azeri Old Church à Mankon (Bamenda)]. L’ong cite aussi le cas des militants principal parti d’opposition, Social Democratic Front (SDF), qui sont détenus pendant une longue durée sans jugement. La situation la plus flagrante est l’affaire Gégoire Diboulé dans laquelle était impliquée « John Ngu Mbahaning, qui faisait partie des personnes arrêtées en mai 2006, est mort d’une méningite le 15 août 2006, peu après son transfert de la prison à l’hôpital. Innocent Kom Mokto, un autre détenu, est également mort en détention le 4 octobre 2008 ». La cellule de la gendarmerie dans laquelle ils (les militants du Sdf, Ndlr) étaient initialement incarcérés, apprend – on, n’était pas bien aérée. Elle n’avait pas de lumière et aucune installation sanitaire n’était prévue pour les détenus. Les détenus n’avaient pas non plus de quoi dormir. De la gendarmerie, les détenus ont été transférés au poste de police central de Bamenda ; ils se sont plaints qu’aucune protection n’y était offerte contre les moustiques et que le poste était infesté de rats qui leur mordaient les pieds et les doigts. Les détenus ont utilisé des bols en guise de toilettes et ne vidaient leurs excréments que le matin. James Chi Ngafor (un colonel à la retraite, Ndlr) aurait puisé dans ses propres fonds pour réparer le sol de la cellule sur lequel dormaient les détenus.

Une justice aux ordres et les contre pouvoirs bâillonnésLe rapport s’intéresse aussi au cas des procès engagés contre les émeutiers du mois de Février 2008. Les avocats et défenseurs des droits humains au Cameroun se sont déclarés préoccupés par le caractère inique des procès indique le rapport qui ajoute que « les représentants de l’appareil judiciaire n’ont pas laissé aux accusés le temps de préparer leur défense, ou de la préparer adéquatement. D’après les groupes locaux de défense des droits humains, bon nombre d’accusés n’avaient pas d’avocat, et les autres n’ont pas eu le temps de consulter l’avocat affecté à leur dossier ». AI évoque au passage les cas de Lapiro de Mbanga, Joe Laconscience et Paul Eric Kingue qui ont été particulièrement réprimés. C’est aussi les cas des associations des droits de l’homme, des syndicalistes qui sont l’objet de harcèlements et d’intimidations permanentes. « Madeleine Afite, oeuvrant pour l’Action des Chrétiens pour l’Abolition de la Torture (ACAT) dans la province du Littoral, a informé Amnesty International qu’elle avait reçu des menaces de mort après avoir dénoncé des atteintes aux droits humains commises par des agents des forces de sécurité durant les émeutes de février 2008… Delphine Fouda, une journaliste oeuvrant pour la défense des droits humains, avait été attaquée par des policiers qui avaient menacé de la violer et de la tuer en mai 2006 ». Même la presse n’est pas épargnée selon l’ong. Elle cite le cas des journalistes intimidés, des médias fermés, des journalites incarcérés et lourdement amendés. En mai 2008, plusieurs médias indépendants locaux ont affirmé que Benjamin Fouda Effa, directeur de Radio Tiemeni Siantou, avait été démis de ses fonctions sur l’insistance d’un ministre. Le ministre avait selon les médias pris ombrage du contenu d’une émission condamnant la décision du gouvernement de mettre fin aux activités de la chaîne de télévision Équinoxe et deux stations de radio, Radio Équinoxe et Magic FM. Toutes trois se sont vu ordonner de cesser d'émettre en février après avoir relayé des propos critiques quant à la manière dont le gouvernement avait fait face aux mouvements de protestation de fin février. Équinoxe TV a dû mettre la clé sous la porte le 29 février 2008, après avoir diffusé des interviews de politiciens opposés aux propositions de modification de la Constitution lit-on. On y apprend aussi que Polycarpe Essomba, correspondant de Radio France International, a été contraint de se cacher pendant plusieurs jours après que certains membres de sa famille et lui-même eurent été la cible de menaces de mort pendant les émeutes.


Le gouvernement camerounais doit créer de toute urgence une culture de respect des droits humains et mettre un terme à l'impunité dont bénéficient actuellement les agents gouvernementaux et les forces de sécurité.
Amnesty InternationalLe rapport revient en outre sur les condamnations des homosexuels et dénonce les conditions de détention « pénibles » dans les prisons. II revient aussi sur les cas des deux étudiants de l'université de Buéa, Ivo Obia Ngemba et Moma Bennet qui ont été abattus par les forces de sécurité au cours de violentes manifestations contre la corruption présumée et la discrimination dont seraient victimes les étudiants anglophones. Selon une organisation estudiantine camerounaise, il n’y a eu aucune enquête formelle sur les homicides et aucun membre des forces de sécurité n’a été traduit en justice pour ces faits. AI termine enfin son rapport en formulant des recommandations au gouvernement du Cameroun. « Le gouvernement camerounais doit créer de toute urgence une culture de respect des droits humains et mettre un terme à l'impunité dont bénéficient actuellement les agents gouvernementaux et les forces de sécurité » prescrit l’Ong.L’ong reconnait cependant qu’elle n’a pas profondément vérifié ces informations qui sont mis à sa disposition. Elle regrette de ne pouvoir rencontrer le gouvernement du Cameroun afin d’ « échanger des renseignements et discuter de recommandations afin de protéger et de promouvoir les droits humains dans le pays » tout en déplorant « le fait que les autorités ont invariablement refusé d'accéder à cette requête (ou retiré leur accord sans explication), l’empêchant ainsi de diagnostiquer et d’évaluer la véritable ampleur et la gravité des violations des droits humains au Cameroun ». Car selon elle, la promotion et la protection des droits humains seront vraisemblablement vitales au cours des mois qui précéderont les élections générales de 2011 au Cameroun.

jeudi 29 janvier 2009

Yaoundé: 2 français et 1 camerounais recherchés par la gendarmerie

Ils font l’objet d’une enquête en cours au service central des recherches judiciaires de la gendarmerie nationale

Jean Marc Esposito

Le français Jean Marc Esposito, directeur de la comptabilité et des finances à la Cameroon Postal Services (Campost), son fils Serges Behin Esposito et le camerounais Nnoko Adjang Ngaaje, chef de service de la dépense à la Campost sont activement recherchés par la gendarmerie nationale camerounaise. Les intéréssés font l’objet d’une enquête en cours au service central des recherches judiciaires de la gendarmerie nationale peut-on lire dans le communiqué du général Roland Mambou, directeur central de la coordination à la gendarmerie nationale. Le communiqué publié depuis le 15 Janvier dernier [b prie toute personne susceptible de fournir des renseignements sur les intéresses, de bien vouloir l’en informer en s’adressant à l’unité de gendarmerie la plus proche] ou en appelant des numéros de téléphone qui ont été indiqués contre [b forte récompense].

Nnoko Adjang

D’après des informations relayées par certains médias, ces personnes recherchées auraient distrait un montant de près de 500 millions de Francs Cfa. Un montant que, d’après les mêmes sources, devait toucher le sieur Nnoko Adjang au Centre des chèques postaux à Yaoundé. Depuis cette opération, on est sans nouvelle de lui. Ce que l’on sait aussi, c’est que Jean Marc Esposito aurait été convoqué et entendu par la division de la police judiciaire avant d’être relaxé. L’on est depuis lors sans nouvelle de lui.

Gendarmerie camerounaise

L’identité des trois « malfrats » recherchés ainsi poursuivis a été révélée par le général Roland MAMBOU. M. Esposito Jean Marc est né le 8 Décembre 1952 à Cannes, fils de Esposito Marcel et de Petit Jeanine, de nationalité française. Il était jusque là domicilié au quartier Etoa Meki à Yaoundé. Il est titulaire du passeport français N° 08CK26026 délivré le 25 Juillet 2008 et du permis de séjour N° 109092346/CE26 délivré le 26 Mars 2008 à Yaoundé. Quand à Behin Esposito Serges, il est le fils de Esposito Jean Louis Marc. Enfin, M. Nnoko Adjang Ngaaje est né le27 Janvier 1973 à Tiko. Il est de nationalité camerounaise. Domicilié jusque là au quartier Biyem-Assi à Yaoundé, il est titulaire de la carte nationale N° 101105550 délivré le 5 avril 2000.
Pour le moment, les recherches de la gendarmerie se poursuivent sur l’ensemble du territoire national.

A SAVOIR: Numéros à appeler en cas de détention d’informations sur les personnes recherchées

mercredi 28 janvier 2009

David Hercule Matam : L’haltérophile camerounais est établi à Besançon !


Camerounais naturalisé français, l’haltérophile de 30 ans nous raconte son parcours

Son prénom Hercule évoque tout. Sa gigantesque musculature aussi. Il ne passe jamais inaperçu. On le soupçonne presque toujours d’être un boxeur. De cette force physique qui s’affiche sans retenue, il tire sa renommée. Il est devenu haltérophile, après avoir pratiqué en amateur le judo au collège de la Salle à Douala. Pourtant, rien au départ ne l’y prédestinait. Tenté par la mécanique automobile, il fait des études dans cette discipline jusqu’à obtenir un certificat d’aptitude professionnel (CAP) dont il abandonne le diplôme. Parallèlement, il pratique le judo où il se révèle un adversaire coriace. « J’étais encore ceinture blanche mais je battais déjà les ceintures noires » se rappelle t-il. Lassé par la mécanique qu’il considère comme « salissante », apitoyé par le sort de sa mère qui peine à rassembler ses frais de scolarité, Hercule décide de rejoindre son père à Yaoundé pour gagner sa vie à la sueur de ses muscles. C’est alors qu’en 1993, il s’intéresse à l’haltérophilie. « Un sport que je regardais souvent à la télé » se souvient-il.


Hercule Matam

Des débuts difficiles

Il débute en 1993 sous les conseils avisés de son père, entraîneur national au Cameroun. Qui n’aura pas manqué de le réprimander le premier jour, lorsqu’il se plante le genou après que la charge de 140 kilos qu’il porte, retombe sur lui. « Moi j’ai commencé à 18 ans alors que certains commencent à 9 ans. Mais quand on a du talent, il n’est jamais trop tard pour faire briller son génie » explique Matamb. Mais il ne se décourage pas. « Je voulais montrer que je mérite mon surnom de Hercule » se souvient-il encore. Dès sa première année de pratique, il est sélectionné dans l’équipe du Cameroun pour le championnat d’Afrique où il se classe à une prometteuse 4ème place. Le départ de ses deux frères pour la France le laisse un peu seul. Lorsque ses deux frères reviennent pour contribuer à développer l’haltérophilie au Cameroun, il manque de peu d’obtenir un ticket pour participer au championnat du monde d’haltérophilie en Tchécoslovaquie. « Il y avait comme un acharnement de la part des dirigeants camerounais qui ne voulaient pas que je parte alors même que les sélectionneurs français ont trouvé que j’avais beaucoup de qualités. Les dirigeants camerounais se sont opposés à ce que j’aille en France pour faire un stage. C’est le déclic pour David Hercule Matamb qui est inconsolable après ce départ manqué pour le pays du général De Gaulle. « J’ai pleuré pendant des jours » se souvient-il. C’est ce départ manqué qui le remet au travail, avec rage et détermination. « Tous les matins, je me levais pour m’entraîner. C’est le bruit des ferrailles que je provoquais qui réveillaient mes voisins. J’ai alors très vite grimpé en performance » raconte t-il. C’est dans cette endurance revancharde qu’il cultive son talent. « Depuis ce temps là, mes performances ont continué à augmenter. Ce n’est pas absolument parce que je suis en Europe que je fais des bonnes performances. La preuve, c’est que j’ai obtenu 3 médailles de bronze aux jeux du Commonwealth à partir du Cameroun » argumente Hercule pour répondre à ces jeunes qui, « à peine commencent-ils à pratiquer un sport, qu'ils veulent tout de suite partir en Europe pour évoluer ». Il décide alors de venir en France.


En octobre 2000, David intègre tout d’abord le club de Langres grâce au concours de Jean Louis Guidin. Un homme qui a beaucoup œuvré pour son départ du Cameroun. « Par deux fois, il m’a envoyé un billet d’avion et m’a aidé à obtenir mon visa ». Puis, il rejoint la française de Besançon. Il y trouve un certain équilibre et entame alors une procédure de naturalisation qu’il obtient en septembre 2003. David participe aux championnats du monde de Vancouver en novembre 2003 et sous les couleurs de sa nouvelle patrie, il y décroche une place pour les JO d’Athènes par équipe. Pour sa naturalisation, il explique : « Avec la nationalité française, on nous donne la possibilité d’avoir une vie après le sport. Ce qui n’est pas le cas au Cameroun où on ne sait jamais ce qu’on va devenir après ».


Matam avec ses amis et son frère Bernardin porté en triomphe après une victoire

Un palmarès mitigé


A l’occasion des championnats d’Europe à Kiev, avec 6 essais sur six, il améliore à quatre reprises les records de France et gagne sans ambiguïté sa place pour les JO. Malheureusement pour lui, le succès escompté n’arrivera pas à Athènes. Après un excellent arraché à 167.5kg (record de France), il échoue à trois reprises sur sa barre de départ à l’épaule jeté. Désormais David a pris conscience de ses moyens physiques exceptionnels. Il a la conviction d’avoir franchi un cap : la barre mythique des 200kg à l’épaule dans la catégorie des 85kg et une médaille à l’arraché, son mouvement fétiche, ne lui paraissent plus comme des objectifs insurmontables mais comme des ambitions sportives légitimes !

A ce jour, David, célibataire, est père de 2 enfants. Même s’il reconnaît n’avoir pas poussé très loin dans les études, ses brevets d’Etat de 1er et 2ème degré font sa fierté. « Le brevet d’Etat de 2ème degré est l’équivalent de la Licence » argue t-il. Il officie aussi comm jury dans plusieurs centres de formation en haltérophilie. Il a aussi contribué à l’émergence de son jeune frère Bernardin Kingué Matamb sur qui il fonde beaucoup d’espoir. « Avant que je n’arrête l’haltérophilie, il faut qu’il y ait une relève et je crois que Bernardin peut l’assurer. Mais il faut aussi qu’il fasse les études » déclare David Hercule. Revenu tout récemment au Cameroun avec des chaussures de compétition, des barres de 140 kilogrammes, des maillots, David Hercule Matamb n’a pas oublié son pays. Il espère contribuer à la professionnalisation de l’haltérophilie.

Le recordman de France (dans les 94 avec 170 kilos à l’arraché et dans les 85 avec 167 kilos à l’épaulé) est un homme avec qui l’équipe de France d’haltérophilie devra compter dans les prochaines compétitions. Il n'en fera pas moins la fierté du Cameroun dont il est originaire. C’est en tout cas un sportif à surveiller de près.

mardi 27 janvier 2009

Elecam : la cour suprême rejette la requête du SDF


Le parti d’opposition demandait le sursis en exécution du décret nommant les membres de la commission électorale.


La chambre administrative de la cour suprême a rejeté ce mardi 27 janvier la requête du Social Democratic Front (SDF). En effet, le principal parti d’opposition avait introduit une requête aux fins de sursis à exécution du décret du 30 décembre 2008 nommant les membres du conseil électoral d’Elections Cameroon (Elecam), la très controversée commission électorale qui devra désormais organiser les élections au Cameroun. La chambre administrative de la cour suprême a déclaré irrecevable, la requête du SDF. En outre estime t-elle, la requête du Sdf n’est pas justifiée dans le fond.Auparavant, le 2 Janvier 2009, le Sdf avait transmis au président de la République un recours gracieux préalable par le collège de ses avocats composé de maîtres Sama Francis, Tsapy Joseph Lavoisier, Tchokongoe Emmanuel, Mbami Augustin, Mbah Ndam Boniface, tous Avocats au barreau du Cameroun. Ils demandaient au chef de l'Etat de “ Bien vouloir annuler [son] décret pris en date du 30 décembre 2008 portant désignation des membres du conseil électoral de Elections Cameroon pour violation de la loi du 29 décembre 2006 relative à Elections Cameroon. ”En fait, l’action du SDF visait surtout à retarder la prestation de serment des membres d’Elecam avant l'aboutissement de leur recours gracieux préalable qui précède le recours contentieux qui sera introduit auprès de la même Cour si les exigences du parti ne sont pas satisfaites. Si la requête du SDF est ainsi rejettée par la cour suprême, c’est dire que la prestation de serment des membres du conseil électoral devrait intervenir dans les prochains jours pour mettre définitivement en selle, le président Fonkam Azu’u, qui reste sous le coup d’une enquête policière, et son équipe.

Cafouillage juridique et procédural

Au terme de la loi créant Elecam, c’est le président du conseil électoral d’Elections Cameroon, Samuel Fonkam Azu’u qui doit installer le directeur général d’Elecam. Or, officiellement les membres d’Elecam n’ont pas encore prêté serment, plus de 14 jours (délai autorisé par la loi) après leur nomination (intervenue le 30 Décembre 2008). Ce qui a fait remarquer à certains observateurs que la direction d’Elecam était forclose. Et même si le directeur général, Mohaman Sani Tanimou avait prêté serment, en catimini, il l’aurait alors fait en violation du décret n° 2008/372 du 11 novembre 2008 fixant les modalités d’application de certaines dispositions de la loi n° 2006/011 du 29 décembre 2006 portant création, organisation et fonctionnement d’« Elections Cameroon ». Il y est notamment indiqué que « le directeur général et le directeur général adjoint des Élections entrent en fonction après la cérémonie officielle de leur installation. Celle-ci doit intervenir, à l’initiative du président du Conseil électoral, dans les quinze jours suivant la publication du décret de nomination. ». Pourtant, jusqu’à ce jour, Fonkam Azu’u n’est non seulement pas président d’Elecam puisqu’il n’a pas prêté serment, (Les membres du Conseil électoral entrent en fonctions dès leur prestation de serment selon l’article 3(1) de la loi du 11 novembre 2008) mais il reste, ainsi que nous l’avions déjà mentionné, sous le coup d’une enquête de police en raison de son implication présumée dans une filière d’immigration clandestine récemment évoquée par la presse camerounaise.Le caractère forclos de la direction générale d’Elecam, les ennuis du président Fonkam Azu’u, les requêtes annoncés de l’alliance des forces progressistes qui dénonçaient déjà “ l'inconstitutionnalité du texte portant nomination des membres d'Elecam et dénonce avec force cette autre violation des textes en vigueur”suffiront-ils à arrêter la marche de cette commission électorale contestée ? L’on devrait le savoir dans les prochains jours.