lundi 12 janvier 2009

ELECAM : La presse charge la commission électorale


La plupart des journaux considère que cette structure est politiquement colorée et donc inapte à organiser des élections transparentes

La nomination des membres d’"Elections Cameroon" était très attendue. Surtout qu’elle a donné, ainsi que le rappelle l’hebdomadaire BEBELA, à « deux années de tractations, de marchandages et de pressions qui ont tenu en haleine tout le pays ». Cette nomination est finalement intervenue le 30 Décembre dernier. Dans le secret des amitiés du Président de la République. C’est ce que fait savoir BEBELA qui écrit : « De source proche de ses services, le 30 novembre dernier, au palais de l’Unité, le chef de l’Etat, entouré de Jean Foumane Akame, son conseiller aux affaires juridiques et de Martin Belinga Eboutou, son conseiller spécial, aurait passé plus d’une heure et demi dans son bureau pour concocter la liste des membres d’Elecam ». Et quelle liste ! « L’on est allé sortir des retraités de leurs repos pour les soumettre à des épreuves stressantes » fait remarquer AURORE PLUS. « Tous les membres sont des membres convaincus du Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais (Rdpc), le parti au pouvoir » constate le journal AURORE PLUS. Et Hilaire Kamga, membre de la société société civile, cité par AURORE PLUS affirme « M. Biya a crée un comité ad hoc au comité central du Rdpc ; un comité ad hoc qu’il appelle pompeusement Elecam ». Le Rdpc, « le parti dont il est, incontestablement, le président national et le candidat naturel » note BEBELA. « Aucun des noms proposés par les autres acteurs de la scène politique nationale n’a obtenu la moindre attention » ajoute le journal d’Henriette Ekwé. Quelle crédibilité pour les membres s’interroge AURORE PLUS alors même que, ainsi que le mentionne BEBELA, citant l’article 13 de la loi portant création, organisation et fonctionnement d’Elections Cameroon, « les fonctions de Président et de vice-président et de membre du conseil électoral sont incompatibles avec les fonctions ou la qualité de membre d’un parti politique ». Même si lesdits membres ont démissionné de leur parti, le Rdpc, les journaux que nous avons parcourus doutent de leur capacité à s’affranchir de la « tutelle » du parti. Vis-à-vis de Paul Biya, BEBELA mentionne que « tous lui sont redevables ».

Pour certains journaux, la nomination des membres d’Elecam est un signal clair que vient d’émettre Paul Biya en ce qui concerne ses intentions politiques. « N’obéissant qu’à son projet politique en 2011, le chef de l’Etat a donné ‘un coup d’arrêt’ aux rêves ‘fous’ de quelques illuminés » qui osaient croire qu’il se souciait des organisations transparentes au Cameroun. Insistant sur ce qu’il croit percevoir des intentions du chef de l’Etat, BEBELA martèle : « Paul Biya a enfin constitué son équipe pour assurer sa réélection en 2011. Tout le monde a compris : Paul Biya manœuvre pour rester un peu plus dans ses fonctions ». Une idée qu’appuie « un observateur averti de la scène politique » cité par AURORE PLUS analyse : « une fois de plus, le Président de la République vient de nous démontrer qu’il sera le candidat du Rdpc aux élections présidentielles de 2011 pour le simple fait qu’il n’a pas écouté la voix du peuple souverain sur la modification de la constitution, il a engagé par le premier ministre, chef du gouvernement, des consultations qui pour le moment, démontrent la flagornerie politique et enfin il nomme une équipe constituée à 100 % des militants de son parti. A qui croyez-vous que ces gens puissent rendre compte si ce n’est au président de la République ? L’on n’est pas loin des soulèvements politiques avec cette autre forfaiture ».

L’hebdomadaire L’ANECDOTE veut tout de même croire qu’Elecam pourra conquérir son indépendance. Le journal rappelle que « l’indépendance d’esprit ne se décrète pas » et que « l’indépendance se conquiert et ne se concède pas ». Pour AURORE PLUS, « il revient aux 12 membres du conseil électoral de défendre la leur » même si plane sur leurs têtes, note L’ANECDOTE, « le limogeage par celui qui les a nommés ». Mais au-delà de cette question d’indépendance d’esprit, L’ANECDOTE se demande si Elecam dispose des moyens nécessaires pour mener à bien la tâche qui lui a été confiée. « L’institution ne dispose encore d’aucune organisation matérielle à même de servir de garantie » écrit ce journal. En outre peut-on lire, « il faudra un démembrement dans au moins chaque commune », « procéder à un recrutement massif d’au moins 50 000 employés temporaires ». Autant d’hypothèques et bien d’autres qui « grèvent la mise en route » d’Elections Cameroon selon le même journal.Elecam vient à peine de naître qu’il subit déjà les foudres de la critique médiatique mais, ainsi que conclut AURORE PLUS, « l’on attend de voir cette nouvelle équipe à l’œuvre »… « même s’il n’y a rien que l’on peut en tirer »

Rétrospective : les grandes dates de l'année 2008


Retour sur les dates qui ont marqué l'actualité

1er Janvier: Augmentation des prix des bières et de certaines boissons gazeuses de la Société anonyme des Brasseries du Cameroun

15 Janvier: Le gouverneur du Littoral interdit toutes manifestations publiques dans sa circonscription territoriale

19 Janvier: Le décret N° 2008/29 porte nomination des responsables au ministère des finances parmi lesquels Laurent Nkodo (Dg des Impôts), Edoa Didier Laurent (Dg du Budget), Mme Libom li Liken (Dg des Douanes) et Elung Paul Che (Dg du Trésor et de la Coopération financière et monétaire)

21 Janvier: Révocation du magistrat de 3e grade Biko’o Fouman Denise Chantal épouse Zang III

25 Janvier: Emmanuel Etoundi Oyono est nommé directeur de la Maetur. Christophe Eken remplace Njuimo Monthé à la Chambre de Commerce

29 Janvier: Jean Marcel Mounoume Dayas est promu directeur général du Port autonome de Douala (PAD) à la suite conseil d’administration extraordinaire du PAD

10 Février: Les Lions Indomptables échouent en finale de la 26ème coupe d’Afrique des Nations face à l’Egypte

19 Février: Cinq chefs de mission diplomatique sont nommés pour représenter le Cameroun au Japon, en Russie, en RDC, en Ethiopie et en Belgique21 Février: Fermeture de Equinoxe Tv

25, 26,27 28 Février: Une grève des transporteurs se transporte en émeutes. Plusieurs villes du pays sont embrasées par les revendications populaires

28 Février: Le chef de l’Etat réagit face à l’onde de choc déstabilisatrice qui traverse le pays. Une déclaration marquée du sceau de la fermeté où l’on retiendra la fameuse expression « apprentis sorciers »

7 Mars: Conseil ministériel de crise au palais de l’Unité. Le président de la République annonce quelques mesures : exonération des droits de douane, import sur certains produits de première nécessité de grande consommation, augmentation de 15% des salaires des fonctionnaires, revalorisation de 20% de leur indemnité de logement.

12 Mars: Arrestation de Paulin Abono Moapamb

15 Mars: 11 étudiants camerounais meurent aux larges de Conakry en Guinée

31 Mars: Interpellation de Urbain Olanguena Awono et Polycarpe Abah Abah9 Avril: Lapiro de Mbanga est mis sous mandat de dépôt

10 Avril: L’assemblée nationale adopte le projet de loi portant modification de la loi constitutionnelle N° 04/1996 sur la révision de la constitution du

2 Juin 19727 Mai: Arrestation de Zaccheus Forjindam

19 Mai: Une forte rumeur circule à Yaoundé. Elle annonce le remplacement de Rémy Ze Meka au ministère de la Défense par Pascal Mani

20 Mai: Remise de peines des émeutes de Février en commutation des peines des personnes définitivement condamnées

31 Mai: Samuel Eto’o Fils, Idriss Carlos Kameni et Thomas Nkono agressent des journalistes au Yaoundé Hilton Hôtel après une conférence de presse boycottée par les hommes de média9 Juin: Des assaillants attaquent une embarcation camerounaise dans la péninsule de Bakassi. Bilan : 11 morts parmi lesquels, le sous-préfet de Kombo à Bedimo

24-25 Juin: Tenue à Yaoundé de la 8è conférence des chefs d’Etat de la Cemac

26 Juin: Le salaire minimum interprofessionnel garanti (Smig) passe à 28 216 Francs Cfa

29 Juin: Tentative d’évasion à la prison centrale de Douala, 15 morts18 Juillet: Le président de la République préside le conseil supérieur de la magistrature. 4 magistrats sont traduits devant le conseil de discipline

11 Juillet: Joseph Edou et André Boto’o à Ngon sont condamnés à 40 ans de prison1er Août: Mise aux arrêts de Jean Marie Atangana Mebara
14 Août: Rétrocession totale de la souveraineté de la presqu’île de Bakassi au Cameroun. L’événement a lieu à Calabar. La partie camerounaise est représentée par Maurice Kamto

15 Août: Françoise Mbango remporte pour la deuxième fois consécutive, la médaille d’or olympique du triple saut. Avec un bond de 15 mètres 39, elle établit un nouveau record olympique

20 Août: Incendie à la prison principale de New Bell à Douala. Bilan : 10 morts

5 Septembre: Paul Biya intervient à la tribune des Nations Unies lors de la 63ème assemblée générale de l’Onu

19 Septembre: Tentative du Lieutenant Luc Emane de soustraire la mallette du chef de l’Etat28 Septembre: Des pirates armés attaquent trois banques à Limbé et font un mort

7 Octobre: Enlèvement du colonel équato-guinéen Cipriano Nguema Mba

15 Octobre: Paul Biya assiste au 12ème sommet de la Francophonie au Canada

31 Octobre: Prises d’otages aux larges des Bakassi : 6 Français, 1 Sénégalais, 2 Camerounais et 1 Tunisien retenus en captivité

11 Novembre: Libération des otages du navire Bourbon

12 Novembre: Les Provinces deviennent les Régions

13 Novembre: L’inspecteur de police Hervé Mapuro est criblé de balles au domicile du commandant d’escadron Emile Mbankoui

14 Novembre: Chantal Biya est nommée ambassadrice de Bonne Volonté de l’Unesco

16 Novembre: Coton Sport de Garoua perd la finale de la Champions League face aux Egyptiens de Al Ahly du Caire

16-20 Novembre: Premiers jeux nationaux au Cameroun12 Décembre: Les Lions militaires sont sacrés champions d’Afrique12 Décembre: Le chef de l’Etat instruit la mise sur pied d’un jury spécial devant porter les quotas des ressortissants nordistes à l’Ecole Normale Supérieure de Maroua à 60 %30 Décembre: Mise en place d’Elecam avec la nomination des conseillers et du président du conseil

31 Décembre: Paul Biya s’adresse à la Nation et prononce le fameux « Aide-toi et le Ciel t’aidera »

jeudi 8 janvier 2009

RDC: La rébellion du CNDP se fissure

Un combat au sommet oppose les généraux Laurent Nkunda et Bosco Ntaganda

Bosco Ntaganda et Laurent Nkunda

Des graves divisions se cristallisent depuis quelques jours au sein du congrès national pour la défense du peuple (Cndp), la rébellion armée qui sévit dans l’Est de la République Démocratique du Congo. Laurent Nkunda, le leader du Cndp, mouvement rebelle tutsie, est contesté par des éléments de son propre camp. Lundi 5 Janvier dernier, un porte-parole du principal commandant militaire du mouvement, le général Bosco Ntaganda, a annoncé, sur les ondes de la bristish broadcasting corporation (Bbc), la décision de l’état-major militaire, de destituer le général Laurent Nkunda de la tête du mouvement pour « mauvaise gouvernance ». Ce à quoi une faction du mouvement rebelle s’oppose. « Le général Bosco Ntaganda n'a pas la capacité de destituer le président Laurent Nkunda. Le CNDP demeure un mouvement et une armée unis » a déclaré à l’agence de presse Reuters, le colonel Sultani Makenga, responsable militaire adjoint du groupe.

République démocratique du Congo

Même si le porte-parole politique du CNDP Bertrand Bismwa affirme que l’annonce du général Bosco Ntaganda n’a aucun impact sur la structure dirigeante du Cndp, l’on ne peut s’empêcher de constater que l’unité du mouvement rebelle en pâtit. Serait-ce un moyen pour le général Ntaganda de contester l’intention du Cndp d’engager de nouveau des discussions avec le pouvoir de Kinshasa ? La question n’est pas à exclure ce d’autant plus que des pourparlers entre les rebelles et le gouvernement reprennent ce mercredi à Nairobi avec les médiateurs des Nations unies et de l'Union africaine. Ceci, dans le sens de trouver une résolution à la crise qui secoue la province du Nord-Kivu dans l’Est du pays contrôlée majoritairement par la rébellion.

Pour rappel, le CNDP dit défendre la minorité tutsie en RDC contre la persécution du gouvernement et les milices hutues du Rwanda voisin. Le général Bosco Ntaganda a rejoint la rébellion du Cndp en 2006 pour combattre aux côtés de Laurent Nkunda. Devenu chef militaire du Cndp, Ntaganda a toujours bénéficié de la confiance et de la protection de Laurent Nkunda qui a refusé jusqu'à présent de le remettre aux Congolais ou aux autorités internationales, demandant des preuves de ses crimes de guerre. Ntanganda ayant été accusé d'avoir recruté des enfants de moins de 15 ans pour participer au conflit interethnique dans la région de l'Ituri, dans l'est de la RDC.
Est-ce le signal d’un éclatement annoncé de la rébellion ? Les prochains jours devraient permettre d’y voir plus clair.

mardi 6 janvier 2009

Alucam: Raphaël Titi Manyaka prend sa retraite

Il laisse son fauteuil à Alain Malong qui assure l’intérim de la direction générale

Raphaël Titi Manyaka, Ex DG d'Alucam (depuis 1994)

Dans un contexte où la jouissance des privilèges et des honneurs est de règle, le départ volontaire d’un haut responsable dans une administration est presque toujours un événement. C’est le cas de Raphaël Titi Manyaka qui a décidé de se retirer de la compagnie Alucam. A en croire le quotidien gouvernemental Cameroon Tribune de ce jour, celui-ci n’est plus directeur général de la compagnie camerounaise d'aluminium (Alucam) depuis le 1er Janvier 2009. « Il a quitté ses fonctions pour prendre une retraite bien méritée » indique Cameroon Tribune. Il s’agit donc d’une décision volontaire de la part du désormais ex directeur général. Un fait rare au Cameroun. Surtout qu’il s’agit d’une des plus importantes sociétés installées au Cameroun (Alucam représente à elle seule à plus de 7% de la production industrielle du Cameroun).

Raphaël Titi Manyaka entre donc dans la lignée des hauts responsables camerounais qui considèrent la retraite non pas comme une sanction, mais comme un moment crucial dans la vie d’un employé qui aura œuvré pour son pays, son gouvernement ou son entreprise, et qui doit prendre du repos. Sauf si, est-on tenté d’interpréter en pareille circonstance, cette retraite n’était qu’un ressort pour lui permettre de s’élancer vers une carrière politique ou administrative encore plus élevée. Quoiqu’il en soit Raphaêl Titi Manyaka n’est plus directeur général d’Alucam.

Directeur général depuis 1994, il a passé plus de 30 ans dans la société Alucam. Il a gravi presque tous les échelons de la hiérarchie du groupe au Cameroun. Il laisse son fauteuil à Alain Malong qui assure l’intérim de la direction générale en attendant la désignation d’un nouveau directeur général par le conseil d’administration.

Plateforme d'Alucam, Edéa

Quand à Alucam, c’est une longue expérience qui a été la sienne au Cameroun. Elle a célébrée en 2008, son cinquantième anniversaire dans notre pays. Nationalisée à partir de 1958, soit à deux ans de l'accès à l'indépendance du Cameroun, Alucam a beaucoup contribué à la structuration du tissu industriel camerounais. Au plus fort de la crise économique qui frappe le Cameroun au début des années 1980, l'essentiel des actions de l'entreprise passeront sous l'escarcelle de Rio Tinto Alcan, actionnaire majoritaire de l'heure. Mais l’histoire de cette société débute plus loin, au début des années 50. Les jalons d'Alucam sont jetés en 1952 par Pechiney, principal opérateur d'un consortium international d'industriels qui exploite, à partir de 1960, les gisements de bauxite de Fria en Guinée Conakry. De 1952 à 1958, Alucam est une usine française d'outre-mer placée sous la responsabilité de Raoul de Vitry, président, et d’André Castex, directeur d'usine.

A ce jour, Alucam s'efforce à produire annuellement entre 90 000 à 100 000 tonnes d'aluminium dont les 2/3 sont exportés et le reste mis à la disposition de ses principales succursales que sont Socatral et Alucam, quand la fourniture de l'énergie n'est pas interrompue.

Foly Dirane: Une vie au service de la jeunesse camerounaise

Animateur vedette de télévision, il a vu sortir de "son moule" nombreux talents


Foly Dirane

Il voulait devenir avocat. Mais, avec les observations d’un «aîné», il fait le constat que l’éloquence et la persuasion d’un avocat ne suffisent pas à gagner une procédure judiciaire dans un tribunal. « Il faut monnayer » lui dit alors cet aîné. Aux portes du Diplôme d’Etudes Universitaires Générales (DEUG) en Droit, il lâche prise. Son rêve s’effondre. C’est désormais vers l’enseignement qu’il se tourne. C’est sans doute l’envie de toujours partager son expérience avec la jeunesse qui l’y pousse. Il enseigne donc à Sainte Beuve à Bagangté et à l’Integ à Douala. Parallèlement, il est animateur en free-lance. C’est d’ailleurs au cours de l’une de ses prestations en tant qu’animateur qu’il fait la rencontre de Eric Chinje, journaliste émérite à la Cameroon Radio and Television (Crtv) qui lui demande s’il souhaite travailler à la Crtv. C’est ainsi qu’il fait son entrée en 1987 à la télévision nationale où son talent d’animateur se révèle au grand public.


Animateur Vedette
"Dance Cameroon Dance" est sans aucun doute l’émission qui lui a ouvert les portes de la célébrité. L’émission de 30 minutes est un concours de danse opposant 3 couples et arbitré par un jury composé de 3 membres. Si la vulgarisation des danses camerounaises et étrangères est l’idée de fond qui sous-tend la création de l’émission, la Crtv découvre un animateur au talent certain. Fait exceptionnel, il se voit confié en moins de 3 mois, 3 émissions d’animation. En plus de Dance Cameroon Dance, il anime désormais Cocktail aux Décibels et Inter-collèges. Avec du succès au rendez-vous. Au grand regret de ses détracteurs, celui qui est directeur général de la Crtv d’alors, Gervais Mendo Ze le désigne présentateur de l’émission V comme Vedette. C’est d’ailleurs à lui qu’on doit le nom de l’émission. A « Vedettes de la musique » qui était proposé comme titre de l’émission, il substitue « V comme Vedette ». Un choix qui remporte l’adhésion des principaux responsables de la structure. Son style, son tempérament, sa personnalité aux antennes séduisent indéniablement. Son talent et sa renommée finissent par dépasser les frontières de la Crtv et du triangle national. Il reçoit l’épi d’or d’animation en 1990 et le prix de l’Excellence Africaine en 1994. L’année suivante, il est fait Baobab de la communication.

Il accumule les sollicitations de sa hiérarchie qui a trouvé en lui, la perle rare de l’animation. Music Train, Grand Sport, Le Quizz du Succès, Tam-Tam Week-end, Le Millionnaire et Nous Nous King sont quelques programmes qu’il rencontre sur le chemin de son ascension professionnel. Il rafle la mise. A l’émission Délire, il s’impose comme l’indéboulonnable patron. Tant et si bien que son visage et sa voix semblent désormais liés à ce programme de variétés musicales de 60 minutes qu’il anime sans relâche depuis 17 ans. C’est dans cette dernière émission qu’il participe activement à la formation de plusieurs jeunes qui font encore aujourd’hui, les belles heures de l’art et des médias.

Je m’occupe avec joie de ceux qui vont gouverner demain
Foly Dirane


Jeune dans l’âme, il a longtemps œuvré aux côtés de la jeunesse de son pays. Après avoir enseigné et partagé ses connaissances avec certains élèves des villes de Banganté et Douala, Foly Dirane n’a jamais manqué une occasion de promouvoir les jeunes. Dans l’émission V comme Vedette, lors d’une édition, il crée un intermède pour donner sa chance à Ntu Finga alors totalement inconnu. Ce dernier se révèlera plus tard comme l’un des humoristes les plus connus et sollicités du Cameroun. C’est surtout dans l’émission Délire qui va se produire une trentaine de jeunes qui s’expriment à ce jour sur la scène nationale et internationale. Pasticheurs entraînés et sélectionnés par Foly Dirane, plusieurs jeunes incarnent à grand renfort de chorégraphies souvent originales, leurs stars préférées de la chanson. Foly les encourage à créer leurs propres œuvres en leur inculquant des valeurs de discipline artistique, de présence scénique et de perfection du Play back. De cette « école » sortiront plusieurs noms de la chanson camerounaise parmi lesquels, Jacky Biho (qui devient plus tard son épouse), Kris Badd, Guy Manu, Junior Sengard, Ange Bagnia, Claisse Valéry, Soul, Eric Marlou. C’est aussi le cas des groupes de Ragga, Dirane Posse, Union Force, Natural Dc, Apolypse et bien d’autres. Délire est aussi l’occasion pour Foly de mettre sur pied un groupe de jeune extrêmement soudé dont le concours est indispensable pour la préparation et l’enregistrement de l’émission. Il s’agit des Mercenaires Rouges à qui Foly enseigne les rudiments de l’animation tout en leur inculquant un sens aigu des responsabilités, de l’organisation et de la discipline. Parmi ces Mercenaires Rouges, il y a eu Marc Onana, Jean Olivier Owona (J.O.O), Gervais Meyomesse (Gervy), Manga Lazare, Achille Bindzi, Cyrille Ottou, Marc Onana. Picksso Black et Serges Eyezoa sont quelques autres figures de l’espace médiatique qui doivent sans aucun doute, une certaine reconnaissance à Tafen Adrien. Mais, globalement, c’est dans le milieu musical qu’il a beaucoup œuvré. « Je compte une trentaine d’artistes qui ont sorti au moins un album » se satisfait Foly Dirane qui se demande aussi si « même la grande Star Académie » en a fait autant. Ashley Stéphanie, la nouvelle « bombe » de la musique camerounaise et Nadine Patricia Mengue, animatrice à 3A Télésud en France sont également quelques unes de ses fiertés. C’est en effet grâce à Foly Dirane que Nadine Patricia a pu, pour la toute première fois, parler sur les micros de la FM 94.


Kris Bad et June, révélation de l'émission "Délire"

Ennemi de la "pédérastie sectaire"

Foly Dirane s’est en tout cas illustré comme un formateur des jeunes. « Je m’occupe de ceux qui vont gouverner le Cameroun demain » confie avec joie Foly Dirane. Pour lui, cet investissement mérite une reconnaissance de l’Etat. « Je ne veux pas de postes. J’espère juste qu’on va m’appuyer dans ce que je fais et organiser une cérémonie en l’honneur de ce que j’ai fait pour la jeunesse de mon pays » fait-il savoir.

Il se passe rarement une édition de l’émission Délire sans que Foly Dirane ne mette en garde les jeunes contre une forme d’homosexualité qui a cours au Cameroun. « Vous devez savoir qu’au Cameroun, ce n’est pas vraiment l’homosexualité telle qu’elle se vit en Europe. C’est l’homosexualité alimentaire. C’est ce que j’appelle la pédérastie sectaire » explique ce pourfendeur de la pratique homosexuelle. Son combat est, dit-il, d’abord motivé par le respect de la loi. Il n’hésite pas à brandir une ordonnance (article 348 bis du code pénal) signé de l’ère du président Ahmadou Ahidjo qui interdit cette pratique. L’autre argument qu’il oppose à cette pratique, c’est qu’elle est imposée comme condition sine qua non par des groupes magico-sectaires aux jeunes pour réussir dans la société. « Il s’agit d’une secte qui a choisi comme moyen de domination, l’homosexualité. Cette secte a de l’argent et du pouvoir et elle veut obliger tous les jeunes camerounais à y entrer » explique t-il. Ce que Foly Dirane redoute le plus, c’est la médiocrité régnante qui tend à s’imposer avec cette pratique. Des personnes médiocres sont propulsées à des postes de responsabilité « par la voie annale » dénonce t-il. « Ces gens là combattent tous ceux qui sont en dessous d’eux et qui sont pourtant plus compétents » déclare t-il. Foly Dirane ne manque jamais une occasion de déterrer la hache de guerre contre « la pédérastie sectaire ». En 2001, dans sa chanson Les Mouches, il fustige la pratique. Plus grave, il provoque un véritable tollé dans la salle du Hilton Hôtel, lors d’une cérémonie de remise des prix par l’association Camer Foundation. Devant un parterre de diplomates et de hautes personnalités de la République, il prononce cette phrase choc et mémorable : « L’anusocratie ne doit pas prendre le pas sur la méritocratie ». Une véritable déclaration de guerre qui ne lui a pas valu beaucoup d’amitiés. Mais, l’homme est resté ferme et déterminé.

Foly Dirane

Musicien, comédien, scénariste et réalisateur

S’il est beaucoup plus connu comme animateur télé, Foly Dirane endosse plusieurs casquettes. Musicien, il a commis 3 albums : Différences en 1988, Crise de Foly en 1998 et Yéyé Yo en 2002. Fruits d’un travail littéraire profond, ses chansons s’illustrent par un alignement de rimes qui rendent agréables ses textes et leur donnent une tonalité assez originale. Ce qui ne dilue en rien le sens et la profondeur de ses messages. Dans La Fille du Saré, il démontre que l’une des caractéristiques des femmes du Nord Cameroun est leur attachement aux bijoux. Musicien engagé, il dénonce abondamment dans ses chances, des maux aussi variés que l’exploitation abusive des ressources forestières (Forêts aux abois), l’homosexualité (Les Mouches), la corruption (La Magouille). Il dédie cette dernière chanson à Garga Haman Adji qualifié de « chasseur de baleines » pour avoir mené un combat contre les actes de corruption dans les hautes sphères de l’Etat
Foly Dirane a aussi fait des classes dans la comédie. En fait, il s’agit là d’une passion qui date de 1979. Une passion qui s’est déclenchée dans une salle de cinéma. Au soir de sa décision de renoncer au métier d’avocat, il visionne le film « Grease », comédie musicale dont l’acteur principal est John Travolta. Profondément marqué par le film, il décide d’embrasser la carrière de scénariste. Il écrit alors Makossa Fever, scénario resté dans les tiroirs depuis sa gestation. Il est aussi scénariste et réalisateur de Amour amère, un feuilleton de 4 épisodes de 26 minutes chacun. « La diffusion de ce feuilleton dépend de l’Unesco » précise Foly Dirane. En ce moment, il travaille sur un autre feuilleton intitulé Pratiques Mystiques dont 13 épisodes de 26 minutes ont été entièrement rédigés. Il compte dans ses tiroirs pas moins de cinq scénarii en attente de diffusion. Si ces scénarii ne sont pas diffusés, ce n’est certainement pas parce qu’ils manquent de consistance. D’ailleurs, les prix Westdeutscher Rundfunk de Cologne, Matila en 2000 et 2007 démontrent à suffisance l’immense talent du scénariste.

Entre l’écriture des scénarii, des chansons et l’animation de ses émissions à la Crtv, Foly Dirane continue de promouvoir les jeunes artistes qui se confient à la lui. En attendant bien sûr une consécration à la hauteur du travail accompli pour la jeunesse camerounaise. A coup sûr, Foly Dirane a encore des choses à donner à d’autres jeunes qui se bousculent aux portes de la musique et des médias. Dans l’espoir de devenir comme un certain Kris Badd ou Nadine Patricia dont les noms résonnent désormais bien au-delà du triangle national.

lundi 5 janvier 2009

Ghana: L’exception démocratique !

Dans un continent miné par des crises politiques, l’alternance pacifique survenue au Ghana est un cas d’école en matière démocratique

John Kufuor, ancien président du ghana

John Kufuor vient de rentrer dans l’histoire d’une fort belle manière. Après 2 mandats de quatre ans (2000-2004 et 2004-2008), ainsi que le prévoit la constitution de son pays, le président sortant du Ghana a accepté de céder le pouvoir, sans tenter de réviser la constitution. Un exemple ! Ce d’autant plus que le verrou de la limitation a presque toujours été levé par la plupart des chefs d’Etat du continent, après le vent de la démocratie qui a soufflé sur le continent au début des années 1990. Le fait suffisait déjà à traduire de manière marquante l’exception de ce pays où se sont succédés trois présidents (Jerry Rawlings, John Kufuor et aujourd’hui John Atta Mills) en 24 ans.

Mais au-delà de cet acte salué par la communauté internationale, la tenue de l’élection constituait le volet le plus important pour évaluer de manière décisive si en fin de compte, le Ghana ferait le grand saut démocratique. Au terme d’une élection âprement disputée, les principaux indicateurs qui en ressortent démontrent bien que l’élection aura été démocratique. C’est le cas notamment du score final qui a départagé les candidats du NPP, Nana Akufo-Addo et du NDC (Congrès National Démocratique), John Atta Mills. C’est avec un score de 50,23 % contre 49,77 % que John Atta Mills a remporté l’élection présidentielle. L’écart très serré (0,46%) est l’un des indices qui donne des lettres de créance démocratique à cette élection.

John Atta Mills, président élu
En outre l’attitude du président sortant et des principaux challengers a renforcé l’esprit démocratique de l’élection. Dans son message de vœux de nouvel an à ses compatriotes, John Kufuor a appelé les uns et les autres au respect des résultats des élections. « J'appelle toutes les parties prenantes à se soumettre à l'autorité du président de la commission électorale quand il annoncera les résultats » a-t-il notamment déclaré, indiquant ainsi qu’il ne tenterait pas de remettre en cause une éventuelle victoire de l’opposition.
Nana Akufo-Addo, candidat du parti au pouvoir (Nouveau Parti Patriotique, NPP) et dauphin du président sortant a quand à lui aussi joué une partition respectable dans la musique démocratique de l’élection présidentielle ghanéenne. Il a reconnu sa défaite et félicité son adversaire. Un geste rare tant il est vrai que la contestation des résultats des élections s’est presque imposée comme une étape incontournable dans le processus des élections en Afrique.
Au bout du compte, le Ghana se positionne définitivement comme un pays démocratique, John Kufuor comme un leader respectable et la classe politique ghanéenne comme l’une des plus exemplaires sur le continent. Le Ghana devient donc pour toute l’Afrique, un exemple, une exception démocratique !

mercredi 31 décembre 2008

Yang Philémon: Un magistrat aux destinées de Camair Co

Il est ancien ministre, ancien haut commissaire et actuel secrétaire général adjoint à la présidence de la République

Yang Philémon

Ancien ministre, ancien haut commissaire du Cameroun au Canada, actuel secrétaire général adjoint à la présidence de la République, Yang Philémon va désormais chapeauter le conseil d’administration de la Camair Co.

Parce qu’il est un homme du sérail, sa nomination au poste de président du conseil d’administration de la nouvelle compagnie aérienne Camair Co est tout, sauf une surprise. Actuellement secrétaire général adjoint à la présidence de la République du Cameroun, Yang Yunji Philémon est de ceux dont les noms ont souvent été cités pour devenir premier ministre. D’abord parce qu’il est ressortissant de la région du Nord-Ouest, vivier des « premier ministrables » depuis plus de deux décennies et aussi parce qu’il a le profil de l’emploi.

Yang Philémon

Titulaire d’une licence en Droit obtenue à l’Université de Yaoundé, le tout premier commandant en chef du conseil d’administration de la Camair Co a connu une ascension exaltante. Magistrat diplômé de l’Ecole Nationale d’Administration et de Magistrature (Enam), section magistrature, il est nommé, en Janvier 1975, au parquet de la Cour d'Appel de Buéa où il va officier comme procureur. Juste le temps de se familiariser avec les prétoires où il passe à peine 6 mois. Il est ensuite propulsé au gouvernement le 30 Juin 1975. Il devient alors vice-ministre de l'Administration territoriale. Trois ans plus tard, le 2 Mai 1978, il est nommé Ministre de l’Elevage et des Industries animales. Il y restera jusqu’au 4 Février 1984, date à laquelle il quitte le gouvernement. Après près de 8 mois de passage à vide, il fait ses valises pour le Canada le 23 Octobre 1984, date à laquelle il est nommé ambassadeur du Cameroun dans ce pays de l’Amérique du Nord. Lorsque le Cameroun adhère au Commonwealth, en 1995, la désignation de son titre va subir une modification sémantique : l’« ambassadeur » devient « haut commissaire » du Cameroun au Canada. Mais, cela ne change rien à sa longue carrière diplomatique. Il passe en effet 20 ans à ce poste dont 10 ans en tant que doyen du corps diplomatique accrédité au Canada. En 1999, alors qu’il est haut commissaire du Cameroun dans ce pays, Paul Biya, chef de l’Etat, va se décommander d’une rencontre avec la communauté camerounaise, alors que celle-ci s’était pliée en quatre pour le recevoir et lui exprimer ses doléances. C’était lors du sommet de la Francophonie qu’avait accueilli le Canada en cette année là. L’on aurait pu considérer cela comme un désaveu de la part du chef de l’Etat. Faux. En décembre 2004, Yang Philémon rentre au Cameroun par la grande porte. Il est nommé secrétaire général adjoint à la présidence de la République. Depuis lors, il n’a pas quitté les couloirs feutrés de la présidence où l’on le retrouve parfois dans les délégations retreintes du président Paul Biya pendant ses séjours à l’Etranger. Une position éminemment privilégiée.

A 61 ans, il devient ainsi le président du tout premier conseil d’administration de la Cameroon Airlines Corporation. Un conseil d’administration qui sera constitué de M. Mendouga Paul Alain, représentant du ministère des transports, M. Nguenang Joseph Désiré, représentant du ministère des finances et Mme Ngomo Angeline Florence représentante du ministère du Tourisme.

Flotte de la défunte Camair

La compagnie aérienne Camair Co, créée le 11 Septembre 2006 par décret présidentiel N°2006/293, après l’échec de la défunte compagnie aérienne (Cameoon Airlines), est une société à capital public qui est appelée à remplir plusieurs missions : « l’organisation et l’exploitation des transports aériens réguliers, supplémentaires ou spéciaux, de passagers, de marchandises ou de poste, au moyen de tous aéronefs et par tous autres modes de transport terrestre ou maritime qui pourraient être nécessaires pour assurer l’exploitation desdits services, et généralement toute activité de transport aérien ; l’achat, l’affrètement et la location de tous matériels et de toutes fournitures afférentes à l’exploitation des services aériens et à toute activité de transport aérien ; la conclusion de tous accords et l’exécution de toutes opérations commerciales et financières utiles à la réalisation de son objet social ; et généralement, toutes les opérations commerciales, industrielles, mobilières, immobilières et financières qui se rattachent, directement ou indirectement, aux missions définies ci-dessus ou de nature à favoriser leur développement».
La Cameroon airlines corporation (CAMAIR-CO), la nouvelle compagnie nationale de transport aérien, devrait bientôt lancer ses activités avec une flotte de 4 aéronefs. L’Etat camerounais pourrait alors céder 51% des parts à des opérateurs privés.