vendredi 23 octobre 2009

Ouvrage: Cameroun, mon pays

Sous la coordination de Joseph Fumtim, des auteurs camerounais passent leur pays au scanner

Vous êtes-vous jamais posé la question de savoir ce qu’est vraiment le Cameroun. En Egypte, en Septembre 2005, l’intellectuel camerounais Joseph Fumtim s’est vu poser la question « pour toi, l’Egypte c’est quoi ? » Dans son esprit, la question s’est muée en : « pour toi, le Cameroun c’est quoi ? » Il a donc décidé de rassembler plusieurs auteurs et intellectuels camerounais pour réaliser la photographie la plus précise que possible sur le pays des Lions Indomptables. Le Cameroun ? Un pays qui, selon la rumeur « n’a de validité que lorsque l’équipe nationale, les fameux lions indomptables, déboule sur un stade, fait frissonner le gazon et provoque des crises d’apoplexie » écrit Célestin Monga.


Un pays où le malaise de la cohabitation entre les anglophones et les francophones est plus profond qu’on ne le pense. Et, l’avocat Me Akere Muna d’écrire une « Lettre à mon frère francophone » pour lui dire d’imaginer « que le Cameroun soit un Etat dont le quart est francophone et les trois-quarts anglophones…que pendant ces 30 années, le système administratif ait complètement changé, les signalisations routières soient en anglais, tout comme le langage financier, administratif, militaire…qu’il faille harmoniser le système judiciaire ce ne soit que les notions de Common Law qu’on vous impose dans un système basé sur le code Napoléon causant des incompréhensions…Que la plupart du temps il faille traduire tous vos documents en anglais avant que la cour suprême ne siège ».

© Journalducameroun.com
Cameroun mon pays est une évocation historique, un décryptage sans concession des réalités du Cameroun. D’ailleurs, pourquoi ce pays s’appelle t-il « Cameroun », un terme qui selon l’écrivain Jean Claude Awono reflète les « déterminations coloniales et alimentaires du mot portugais Camaroes (crevettes, ce mot ne s’attache à aucun symbole chez nous) ». Selon lui, notre pays devrait s’appeler autrement. Ce pays « des révolutions avortées et des leaders charismatiques assassinés » selon l’universitaire Nathalie Etokè et qui souffre des difficultés de transport dus à la vétusté de la voie ferrée, à l’arnaque des transporteurs par les policiers sans scrupules. Un pays où le mot « partir…fait le code actuel dans les milieux jeunes au Cameroun, avec quelques applaudissements d’adultes et de parents. Partir pour devenir quelqu’un, pour devenir un homme » écrit Joseph Fumtim. Un pays où « règne un lion qui rugit un peu trop fort sans se rendre compte que ses rugissements sont sans objet pour le Cameroun » selon Marcel Kemajou Njanké. Un pays où « un vase communicant relie le palais de l’Unité (palais présidentiel, Ndlr) directement à une suite VIP de la prison de Kondengui, sinon à l’exil » affirme Patrice Nganang. Un pays qui mérite de l’espoir malgré tout selon l’universitaire et historien Achille Mbembe qui a « la certitude que ce temps viendra. Un jour prochain, le Cameroun reconnaîtra sa mort aussi bien que la dette quant à son nom. Ainsi, les générations futures ne pourront plus vivre dans l’illusion qu’il ‘n’était rien’ ».

Ouvrage collectif de 192 pages, c’est une véritable palabre autour du Cameroun, sa signification, ses réalités, ses forces et ses faiblesses. Un livre que se construit autour de récits évocateurs et d’analyses argumentées. C’est un excellent guide « pratique » sur le Cameroun qui permettra aux étrangers de mieux s’imprégner de la psychologie de ce pays dont l’histoire divise les historiens. Il s’agit d’un regard croisé totalement camerounais sur le Cameroun. Sans langue de bois ni complaisance intellectuelle. Une inquisition de conscience sur l’histoire et l’avenir de ce pays.

lundi 21 septembre 2009

Cameroun: Le logiciel libre fêté à Yaoundé

A l’occasion de la journée mondiale du logiciel libre, une Ong de la ville de Yaoundé a organisé des manifestations

La journée mondiale du logiciel libre a été célébrée dans une centaine de pays samedi 19 Septembre dernier. A Yaoundé, c’est l’organisation non gouvernementale (ONG), Promotion des Technologies Garantes de l’environnement et de la Qualité de Vie (PROTEGE QV) qui a animé la célébration au British Council. Cette Ong qui œuvre pour l’appui à la microfinance, la promotion des TIC pour le développement, la protection de l’environnement et la promotion du leadership s’inscrit en fait dans une tradition de célébration de la journée mondiale du logiciel libre au Cameroun qu’elle a commencé en 2005. Selon madame Sylvie SIYAM, promotrice de l’ONG, cette journée est organisée pour échanger, nous informer, partager, faire ressortir les forces et les faiblesses du logiciel libre pour voir si les logiciels libres sont une opportunité pour avoir accès aux opportunités.

Cette célébration était axée autour de deux activités majeures : Une conférence sur le thème: Le logiciel libre, quels enjeux pour l’Afrique et le Cameroun en particulier ? et un atelier sur l’installation et l’utilisation du logiciel libre Edubuntu.
Lors de la conférence, les exposants ont édifié le public sur le logiciel libre et ses avantages. Les exposants ont ainsi levé l’équivoque entre la différence nécessaire à établir entre la gratuité et la liberté du logiciel libre. La liberté d’utiliser le logiciel sans aucune limite, d’étudier son fonctionnement, de le donner ou de le vendre, de le modifier et le redistribuer sont les éléments qui fondent la liberté du logiciel libre. En ce qui concerne les avantages du logiciel libre, les exposants ont cité entre autres, la réduction systématique du piratage, la garantie de fonctionnement, de liberté et de pérennité de ce type de logiciel, sa rentabilité, son efficacité et sa fiabilité, son caractère économique, sa capacité à créer les emplois et les richesses. La réflexion a ensuite été menée autour des stratégies à adopter pour une meilleure sensibilisation et vulgarisation du logiciel libre. La proposition la plus marquante dans l’exposé a été le plaidoyer formulé par les exposants pour l’introduction de l’utilisation du logiciel libre dans les écoles primaires, secondaires et les universités.


La conférence s’est achevée par la présentation d’Edubuntu, un logiciel libre appliqué à l’éducation. Les élèves et les étudiants présents dans la salle du British Council ont pu découvrir les opportunités d’apprentissage de certaines disciplines comme les mathématiques grâce à ce logiciel qui, comme les logiciels libres devrait libérer les utilisateurs de la dépendance aux logiciels propriétaires américains de Microsoft par exemple. A la suite des ateliers, une cinquantaine de participants ont été retenus pour participer à l’atelier sur l’installation et l’utilisation du logiciel Edubuntu.

Cette journée du logiciel libre organisée par l’Ong PROTEGE QV a eu la particularité d’accueillir une équipe de la communauté UBUNTU CAMEROUN reconnue à l’échelle internationale. Cette équipe a largement sensibilisé les participants sur l’utilisation et les avantages du système d’exploitation UBUNTU. Quelques participants ont aussi remporté des lots divers grâce à une tombola programmée par le comité d’organisation. Rendez-vous est pris pour la journée mondiale du logiciel libre le 19 Septembre 2009.

samedi 12 septembre 2009

Cameroun : Ali Bongo explique les raisons de sa visite





Ali Bongo Ondimba vient de passer environ 3 heures de temps au Cameroun. Une visite au pas de course marquée par une audience que lui a accordé le président camerounais Paul Biya qui lui a déroulé le tapis rouge et lui a réservé un accueil protocolaire de type présidentiel.

Le geste du président Paul Biya n’est pas passé inaperçu. En se déplaçant personnellement pour l’aéroport international de Nsimalen afin de recevoir son hôte, Ali Bongo Ondimba, nouveau président élu du Gabon, Paul Biya a voulu passer un message clair : Ce sera Ali, et personne d’autre. En dépit du contentieux post électoral qui se déroulera au niveau de la cour constitutionnelle gabonaise. Tapis fouge, honneurs officiels, bain de foule organisé auprès des militants du parti au pouvoir camerounais et de quelques gabonais, cortège motorisé, réception au palais présidentiel, l’arsenal protocolaire déployé pour Ali Bongo était celui des grands jours. Reçu en grande pompe au palais présidentiel, Ali Bongo s’est risqué à quelques déclarations devant la presse. Sur les raisons de sa visite et de son choix du Cameroun pour effectuer sa première visite de président, Ali Bongo a expliqué que « c’est un choix qui est tout naturel. Le président Paul Biya m’a toujours honoré de me considérer comme son fils et lorsque le fils part dans une compétition, lorsque le fils s’engage dans un combat et que le fils ressort victorieux, il est important, il est naturel qu’il vienne voir le père pour venir recueillir les conseils et venir lui dire comment ça s’est passé et c’est ce que naturellement j’ai fait. Je n’envisageais les choses d’une autre façon. Monsieur le président de la République m’a toujours adopté comme son fils. C’était le frère de mon père et il était nécessaire pour moi de venir le voir pour qu’il puisse me donner des bons conseils. Ce n’est pas une tâche facile. C’est un des chefs d’Etat les plus respectés du continent. Pourquoi voulez-vous que je me passe de bons conseils ? Donc en fait, je n’ai pas de mérite. En fait, je profite. En dehors de cela, vous connaissez les rapports qu’il y a entre nos deux pays qui sont des rapports excellents, des rapports de fraternité et d’amitié. Donc là aussi, ma visite s’inscrit dans ce registre là ».

Interrogé sur le contenu de son entretien avec Paul Biya, Ali Bongo s’est montré évasif. « Il est important pour nous de peaufiner l’œuvre de construction. La construction africaine a toujours été importante et elle passe par la consolidation de cette coopération et ce partenariat sous régional. Donc, il est évident que nous avons abordé ces questions là » a-t-il déclaré. Sur les premiers actes qu’il devrait poser en tant que chef d’Etat, il a affirmé que « pour l’instant, nous attendons que les période fixées par la constitution s’écoulent. Après cela, nous aurons à former un gouvernement et bous mettre au travail rapidement ».
Le Cameroun n’est pas l’unique pays que visitera le président gabonais. Ali Bongo et sa délégation viennent d’arriver au Congo Brazzaville. Ils se rendront aussi au Tchad, en Angola et dans plusieurs autres pays africains. L’on note toutefois qu’il ne se déplacera pas pour la Guinée Equatoriale. Officiellement parce que le calendrier du président Obiang Nguéma ne le permet pas.
En tout cas, il s’agit là d’une véritable offensive diplomatique d’Ali Bongo pour se construire une légitimité sur le continent. En attendant sa prestation de serment dans les prochains jours. Si le conseil constitutionnel en décide ainsi.

Roland Kwemain: "Ma victoire sera diplomatique et économique pour le Cameroun"

Candidat à la présidence mondiale de la jeune chambre internationale, il explicite les contours de sa candidature

Roland Kwemain

Vous êtes candidat à la présidence mondiale de la Jeune Chambre Internationale. Pouvez-vous nous présenter cette institution ?
La Jeune Chambre Internationale est une fédération mondiale de jeunes leaders et entrepreneurs âgés de 18 à 40 ans. L’ambition est d’offrir aux jeunes, des opportunités de développement qui leur permettront d’apporter des changements positifs dans leurs communautés respectives. La JCI est représentée dans 119 pays et dans 6000 localités. Au Cameroun, la JCI est représentée dans 27 localités et compte près de 850 membres. La JCI a 20 ans d’existence au Cameroun.

Vous avez déjà occupé de très hautes fonctions au sein de la JCI. Qu’est-ce qui a motivé votre candidature à la fonction suprême de président mondial de la Jeune Chambre Internationale ?
Effectivement en 2006, j’étais président national de la JCI ; en 2007, j’étais vice-président mondial, en 2008 j’étais président du conseil pour le développement des Jeunes Chambres Afrique et Moyen-Orient et en 2009, je suis vice-président exécutif mondial c'est-à-dire N°2 de la fédération. En ce qui concerne ma motivation, je dois vous dire que c’est la Jeune Chambre du Cameroun qui a décidé de présenter ma candidature. Deuxièmement, j’ai le soutien des Jeunes Chambres d’Afrique et du Moyen-Orient qui ont pensé qu’il était temps, qu’un fils noir puisse aussi briguer la magistrature suprême de notre organisation. Troisièmement, c’est parce que je remplis toutes les conditions pour pouvoir être candidat.

Slogan de campagne

Vous êtes le premier africain, le premier noir à briguer la présidence mondiale de la Jeune Chambre Internationale. Est-ce que la promotion de l’image des africains et des noirs en général occupera une place dans votre programme si vous êtes porté à la tête de la JCI ?
D’abord, je dois faire une précision. Je ne suis pas le premier africain mais je suis le premier noir qui pourrait être président mondial de la JCI. Avant moi, il y a déjà eu 2 africains : un mauricien et un tunisien. Donc, la réalité c’est que, beaucoup de gens souhaitent qu’un noir soit élu à la présidence mondiale de la JCI. Pour ce qui est de l’image des africains que vous évoquez, si je suis élu, ce sera l’occasion de démontrer que nous avons la capacité de leadership. N’oubliez pas que la Jeune Chambre Internationale est une organisation qui forme les leaders et, en 64 ans, nous avons eu 64 présidents mondiaux. C’est une organisation où les valeurs démocratiques sont très importantes. Donc, c’est important qu’on puisse donner la chance à un noir, de diriger l’organisation. Ça permettra aussi de nous valoriser. Je pense que l’heure est au changement et notre organisation prône le changement depuis 64 ans mais aussi, la transformation de nos sociétés en des sociétés meilleurs et peut-être il fallait que l’organisation aussi commence par changer elle-même.

Avez-vous une idée de vos concurrents et, quels pourraient être vos atouts par rapport à ceux-ci ?
Peut-être faudrait-il que je vous explique comment ça se passe sur le plan constitutionnel. Il y a 119 organisations nationales et donc 119 présidents nationaux. Sur les 119 présidents nationaux, il y a 17 qui deviennent vice-présidents mondiaux l’année suivante. Et sur ces 17, 4 deviennent vice-présidents exécutifs l’année suivante. Donc, nous sommes actuellement 4 vice-présidents exécutifs et donc 4 candidats potentiels à la présidence mondiale de la fédération. Moi je pense que sur le plan stratégique, il est plus intéressant d’analyser ses forces et ses faiblesses. Quand on veut trop se focaliser sur ses concurrents, on peut s’égarer mais nous avons les meilleures chances et les atouts pour pouvoir, au soir du 20 Novembre 2009 en Tunisie, avoir la victoire avec nous.

On a vu le gouvernement notamment plusieurs ministres se mobiliser autour de votre candidature. Comment se matérialise ce soutien ?
Déjà, peut-être qu’il faut expliquer pourquoi le gouvernement nous soutient. La JCI au Cameroun est régie par le décret présidentiel 219/2003 qui nous place sous la tutelle du ministère du Commerce. Donc, nous sommes une organisation régie par un décret présidentiel. En 2006, le Président de la République, son Excellence Paul Biya avait cité la Jeune Chambre comme modèle lors de son traditionnel discours du 10 Février à la jeunesse camerounaise et, nous voulons briguer la magistrature suprême d’une organisation qui a formé les plus grands du monde en matière de leadership, qui a un accord de partenariat depuis 1957 donc depuis 52 ans avec les Nations Unies et qui est une organisation mondiale de 200 000 membres dans 119 pays et plus d’un million d’anciens membres. Il était naturel qu’on puisse saisir les plus hautes autorités du pays et donc le Président de la République pour lui faire savoir que nous avons l’intention de briguer la présidence mondiale d’une telle organisation et que nous avons besoin de sa bénédiction et de son soutien. Nous l’avons reçu le 5 Juin 2009. Ce soutien est diplomatique. Le candidat qui vous parle est propriétaire d’un passeport diplomatique remis par le Président de la République par les mains du ministre des Relations Extérieures. Pour votre information, je ne suis ni ministre, ni député, ni diplomate mais je suis détenteur d’un passeport diplomatique. En outre, nous avons des soutiens d’accompagnement au niveau des ambassades du Cameroun, des représentations diplomatiques. Il y a aussi des déplacements stratégiques que nous ne pouvons pas dévoiler ici. Deuxièmement, le Président de la République a instruit le ministre des finances et notre ministre de tutelle (ministre du commerce, Ndlr) de mettre en œuvre tous les moyens pour pouvoir nous accompagner. Donc, il y a un travail de lobbying important fait par le Minrex (ministère des relations extérieures, Ndlr) et tous ceux qui, de près ou de loin, peuvent nous accompagner et nous faire réaliser ce coup d’essai en coup de maître.

Qu’est-ce que le Cameroun peut attendre de votre élection à la tête de la JCI ?
Déjà, ce serait une victoire sur le plan diplomatique. Imaginez un peu que le président mondial visite 70 à 80 pays sur les 119 où sont représentés la JCI. Et chaque fois qu’il visite ces pays, il est reçu par les plus hautes autorités : les chefs d’Etat, les premiers ministres, les ministres, le patronat puisque la JCI a des accords avec l’International Chamber of Commerce, la fédération mondiale des chambres de commerce, les responsables des Nations Unies…Je dis que c’est une plateforme exceptionnelle pour la promotion de l’image du Cameroun. N’oubliez pas que, si je deviens président mondial, lorsqu’on me recevra, on présentera Roland Kwemain. C’est un nom qui sonne d’ailleurs un peu bizarre mais qu’est-ce qu’on retiendra ? Qu’il est camerounais. Ce sera le Cameroun. La publicité d’un pays sur les grands médias internationaux coûte des millions de dollars mais moi, je le ferai gratuitement. Je parlerai du Cameroun et qui, mieux qu’un camerounais peut parler du Cameroun ? Maintenant, je voudrais interpeller la communauté économique et même, la communauté sociopolitique de pouvoir m’accompagner c’est-à-dire, pouvoir mettre à ma disposition, tout le matériel qui me permettra de mieux vendre mon pays et souvent même faire des déplacements comme en Tunisie où on attend 4000 à 5000 leaders et entrepreneurs du monde entier. Je suis certes un instrument au service de la JCI car si je suis élu président mondial, je vais défendre les intérêts de la Jeune Chambre, mais l’on va noter que je suis camerounais. Donc, en plus d’une victoire diplomatique, ce sera une victoire économique pour le Cameroun car, comme je vous le disais, on a des partenariats avec la fédération internationale des chambres de commerce où l’on est au courant des tendances des investissements. Donc, à ce niveau là, on parlera du Cameroun et l’on pourra avoir les informations sur le Cameroun qu’on va diffuser auprès du patronat, du Mecam, du Gicam. Je pense que c’est à eux de m’utiliser. Bref, je serai un instrument au service de ma Nation.

Le Camerounais Roland Kwemain: Premier noir à la tête de la Jeune Chambre Internationale ?


38 ans, diplômé de marketing, il a reçu l’onction du chef de l’Etat pour briguer la présidence de la

Ce qui frappe chez Roland Kwemain, c’est sa simplicité et sa disponibilité. Pour un homme qui a côtoyé plusieurs dirigeants du monde, l’on est un peu surpris lorsqu’il s’ouvre facilement à ses interlocuteurs. C’est sans doute là, l’une de ses armes de séduction: un caractère rassembleur d’un jeune leader qui a très vite affirmé ses qualités de manager.

Né le 4 avril 1971 à Yaoundé, Roland Kwemain, à peine sa maîtrise en Marketing obtenue à l’université de Douala, s’est lancé dans le management. Dès 1999, il est le directeur exécutif d'une ONG, ADCOME, qui favorise le développement communautaire par la formation aux Technologies de l’Information et de la Communication (TIC) et les répercussions du leadership et des compétences entrepreneuriales. Il est également consultant en Technologies de l’Information. Titulaire d’un diplôme de « Responsabilité sociale et de développement durable » obtenu à la World Bank Institute, Roland Kwemain a très vite adhéré à la jeune chambre internationale. L’ascension de Rolad Kwemain à la JCI aura été fulgurante. Et c’est peu dire.

Entré à la Jeune Chambre Internationale en 2002 à Buéa, sa ville de résidence. Il participe alors dans le cadre de cette institution, à plusieurs activités locales et nationales. Directeur des formations à la JCI de Buéa en 2003, il y deviendra secrétaire général et directeur marketing et de la communication en 2004. En 2005, il est fait vice-président exécutif de la JCI à l’échelle nationale et devient l’année suivante, le président national de l’organisation au Cameroun. Fort de cette assise nationale, Roland Kwemain va s’élancer vers la maison mère. Après avoir participé à six conférences régionales et trois Congrès mondiaux de la JCI, il mesure désormais l’ampleur internationale de l’organisation. En 2007, il est fait vice-président international de la JCI et couvre plusieurs pays africains parmi lesquels le Bénin, le Burkina Faso, les Comores, le Gabon, le Ghana, le Kenya, Madagascar, le Mali, le Nigeria, le Rwanda, le Togo, la Tunisie et l’Ouganda et aussi le Moyen-Orient.

Un lion indomptable

Au moment où il se prépare à briguer la présidence mondiale de l’organisation, il a reçu l’onction des autorités camerounaises et surtout, celle du chef de l’Etat, le président Paul Biya. La tâche ne sera pas facile car, il aura face à lui trois autres concurrents. S’il est élu, il sera le premier noir à la tête de la JCI. Le ministre du commerce qui présentait récemment sa candidature à l’hôtel Mont Fébé à Yaoundé a observé qu’il a le profil du poste. C’est un Lion Indomptable que le Cameroun jette dans l’arène avec le soutien du président de la République. Le ministre du commerce a ainsi invité ses collègues du gouvernement ainsi que les pays dont les missions diplomatiques sont accréditées au Cameroun à le soutenir lors du congrès mondial qui aura lieu du 16 au 21 novembre 2009 en Tunisie.
Roland Kwemain a une idée précise de ce qu’il entend faire s’il est porté à la tête de l’organisation. Dans son plan d’action, il entend augmenter l’effectif de la JCI qui compte aujourd’hui 200 000 membres dans le monde. Il va également entreprendre la promotion de la JCI et des Objectifs du millénaire pour le développement, avec une attention particulière en Afrique.

Marié à Majorlaine et père de deux enfants, William et Diana, Roland Kwemain est bilingue et manie avec aisance le français et surtout l’Anglais qui sera sans doute sa principale langue de travail s’il venait à être élu au soir du 20 Novembre 2009. Pour un mandat d’un an qui s’étale sur l’année 2010. La Jeune Chambre Internationale a été créée il y a plus de 65 ans aux Etats-Unis. Elle est présente dans près de 100 pays et regroupe près de 5000 organisations locales de jeunes âgés entre 18 et 40 ans. Elle forme ses membres à devenir meilleurs en termes de leadership et d’intervention dans la résolution des problèmes de leur société. Plusieurs Premiers ministres japonais et autres hautes personnalités américaines et mondiales sont passées par cette organisation.

jeudi 20 août 2009

Cameroun: Tcholliré, évocation livresque d’une prison politique


Pour y avoir séjourné, Emmanuel Bityeki entraîne le lecteur de son roman dans cette célèbre prison politique.

 

Tcholliré, c'est d’abord le nom d’une ville camerounaise. Mais, dans une perspective historique, c’est une ville qui évoque les sombres souvenirs de l’histoire du Cameroun. Célèbre prison politique des années 1970, Tcholliré qui signifie « la colline aux oiseaux » est l’un des symboles de la féroce dictature qu’aura connue le Cameroun après son accession à l’indépendance.

Arrêté à cause d’un présumé complot ourdi contre le président de la République El Moujahid, le narrateur se retrouve embarqué vers la brigade de mobile mixte puis vers la prison de Tcholliré. Il y subit des tortures et des humiliations d’une innommable barbarie. L’auteur du roman, Emmanuel Bityeki, nous balade ainsi dans la réalité des régimes dictatoriaux qui auront caractérisé la plupart des pays africains postcoloniaux. Une dictature qui n’est pas nécessairement le fait des chefs d’Etat. Et, c’est là l’une des véritables révélations de l’ouvrage. Car, Tcholliré la colline aux oiseaux est d’abord la chronique d’une dictature nourrie par les éléments des forces de l’ordre dont le zèle extrême, le carriérisme et l’arrivisme ingrat égratignent et bafouent sauvagement la dignité et les libertés élémentaires des citoyens. Ce sont les calomnies, les fausses accusations, les dénonciations fantaisistes qui fondent le succès de ces policiers et militaires qui ne se préoccupent que de leurs ascensions professionnelles. Ainsi que l’avoue le commissaire Molla, l’un des personnages du roman : « Au cours de ma longue carrière, j’ai pillé, assassiné, incendié des villages pour faire croire à mes chefs que les maquisards avaient attaqué…c’est cela chers amis qui a assuré mon ascension ».


Tcholliré, la colline aux oiseaux raconte aussi, d’une saignante vérité, les crimes et les horreurs d’un système politique répressif et sanguinaire. « Grâce à des fils de connexion appropriés munis de pincettes, on reliait les parties intimes de votre corps à la dynamo. Cette dynamo était actionnée manuellement par un soldat à l’aide de la manivelle. L’intensité de la décharge électrique était proportionnelle à la vitesse de rotation de la manivelle et donc à l’ardeur du soldat à la tâche » raconte la narrateur. Accès de folie, suicides, maladies mortelles, exécutions sommaires sont le lot quotidien des prisonniers qui n’ont même pas le droit de se défendre.

Roman témoignage? L’on n’en est pas éloigné si l’on considère que l’auteur aura lui-même été prisonnier politique à la brigade de mobile mixte et à la prison de Tcholliré. Mais aussi, les éléments de fiction jalonnent le livre, lui donnant une véritable allure d’œuvre de fiction. C’est le cas du fameux coup d’Etat qui renverse le président El Moujahid ou de la cécité dont est frappée le narrateur à la fin de l’ouvrage. Toutes choses qui évidemment s’écartent de la réalité vécue par l’auteur.

Véritable testament historique, le roman de Emmanuel Bityeki évoque tout un pan de l’histoire du Cameroun très peu connu par les nouvelles générations de camerounais. Un livre facile à lire que le lecteur appréciera grâce à l’humour grinçant et à la simplicité du style de l’auteur. Libéré après plus de 9 ans de détention, le narrateur n’a pas la joie de savourer sa liberté. Il découvre la mort de ses proches. Une fin tragique sur laquelle le lecteur manquera à peine d’écraser une larme et qui conclue avec une émotion vibrante, les douloureux souvenirs portés par un camerounais qui aura souffert de sa chair, la dictature du régime de El Moujahid, dont le nom est très proche d’un certain... Ahmadou Ahidjo !

jeudi 13 août 2009

Cameroun : Portrait de Adamou Ndam Njoya, Le prince qui voulait le pouvoir!


Aristocrate Bamoun, Adamou Ndam Nyoya (ANN) est l’un des hommes politiques qui compte sur la scène camerounaise.


Il s’en était fallu de peu pour qu’il soit le leader de l’opposition en 2004. Lors de l’élection présidentielle. C’était sans compter avec la détermination de John Fru Ndi, le chairman du Social Democratic Front (SDF) qui quitta brutalement la coalition des partis d’opposition pour faire cavalier seul. Raison invoquée par celui-ci, le candidat Ndam Mjoya n’était pas assez représentatif sur l’échiquier national. Soulevant là l’une des critiques qui a souvent été faite au président de l’Union Démocratique du Cameroun (UDC) : son parti est confiné à son bastion naturel qui est le département du Noun, département d’origine de l’homme politique. Une considération que réfute le prince Bamoun pour qui, « c’est une manière de voir les choses mais sachez qu’avant les élections, on organise les pourcentages que les partis vont avoir ». ANN entend par là que, n’eût été la fraude, son parti aurait un meilleur ancrage national.Né le 8 Mai 1942 à Foumban, ANN connaîtra un brillant parcours scolaire et universitaire à Foumban, Nkongsamba, Yaoundé et en France d’où il revient en 1969, nanti d’un doctorat en droit public international et sciences politiques et d’un diplôme de l’Institut International d’Administration Publique (IIAP). En raison de la proximité de sa famille avec le président Ahidjo qui « dormait chez mon père » révèle t-il, il n’a aucun mal à intégrer le gouvernement. Tout premier directeur de l’Institut des Relations Internationales du Cameroun (IRIC), ANN devient Vice-ministre des affaires étrangères dès 1975 puis ministre de l’Education Nationale entre 1977 et 1980 et enfin ministre délégué à l’Inspection générale de l’Etat et à la Réforme Administrative entre 1980 et 1982. Son passage à l’Education Nationale sera très remarqué. Il va instaurer « la colle ». Un système rigoureux qui ne permettra pas aux élèves de tripler les classes et qui va frapper durement les élèves ayant obtenu une moyenne inférieure à 5. Une sévérité dans le système éducatif qui le rend très populaire mais qui suscite quelques mécontentements jusqu’au cœur du pouvoir.

Pour cette raison ou non, le président Ahmadou Ahidjo le débarque en 1982. Et il n’y reviendra plus. Surtout que Paul Biya deviendra président de la République et qu’il n’aurait pas souvent entretenu de bons rapports avec lui car, rapportent certains observateurs, il défiait l’autorité du premier ministre Paul Biya pour rendre compte directement au président Ahmadou Ahidjo. Limogé, il est remplacé par Ibrahim Mbombo Njoya, actuellement sultan des Bamoun. Est-ce depuis ce temps là que va se nouer le désamour officiel entre les deux hommes ? Pas impossible à croire. En tout cas, la rivalité politique entre le sultan et le prince Bamoun n’échappe plus à personne.En 1991, à la faveur de l’ouverture démocratique, ANN annonce la formation de l’Union Démocratique du Cameroun (UDC). Il fait alors de la décentralisation et du respect des droits des minorités, son principal champ de bataille. Candidat malheureux à l’élection présidentielle de 2004, il a réalisé un score de 4,5 % et a été classé en quatrième position.Universitaire et auteur de plusieurs ouvrages, ANN est actuellement maire de Foumban où sa gestion a souvent été décriée. Certains députés de son parti soutiennent qu’il leur oblige à ponctionner des sommes d’argent sur leurs salaires et autres dotations de l’assemblée nationale. Lui pense que tous les militants doivent contribuer au financement du parti.Au moment où s’annonce l’élection présidentielle de 2011, ANN annonce que son parti désignera un candidat le moment venu et refuse de croire qu’il est le candidat naturel de ce parti vu que « le parti ne se réduit pas à Ndam Mjoya ». Chevalier de l’ordre de la valeur, Adamou Ndam Njoya a reçu plusieurs décorations et travaille avec plusieurs organisations et fondations internationales.