lundi 23 novembre 2009

Biaga Chienku Magnus: "La polygamie a forgé ma personnalité"


Journaliste de formation et auteur d’un premier roman, "wisdom of polygamy", il nous en parle dans un entretien exclusif.



Vous faites, avec ce premier roman, votre entrée dans le cercle des écrivains. Qu’est-ce qui vous à poussé à l’écriture?


Mon enfance a été marquée par un contexte polygame assez particulier. J’ai été très affecté par les conflits d'intérêt au sein de ma famille. J ai écrit ce roman pour partager mon expérience avec d’autres personnes.

Vous avez maintenant 35 ans, pourquoi n’avez-vous pas écrit plus tôt?


C est vrai que j’aurai pu écrire plus tôt, mais je n’avais pas assez de temps et d’inspiration. Le fait d’avoir renoué avec les études (de journalisme après un tour dans le monde des affaires, Ndlr) m'a donné l’opportunité et les conditions pour écrire.

Pourquoi ce titre « wisdom of polygamy »?


J’ai choisi ce titre parce que dans la polygamie tout n'est pas toujours mauvais. C’est vrai qu’il y a des conflits d intérêts, la calomnie, la jalousie, et la haine mais, à quelque chose malheur est bon. La polygamie a forgé ma personnalité. La polygamie m’a donné du courage très tôt dans ma vie. J’ai appris à me prendre en charge et à lutter pour me faire entendre et respecter. Honnêtement, si je n'étais pas d'une famille polygame je ne serai peut-être pas l’Homme que je suis aujourd'hui. Ma vie au quotidien dans un foyer polygame était une école de sagesse (wisdom). C’est ce qui justifie le choix de wisdom of polygamy.
 

Pouvez-vous nous résumer l’histoire que vous racontez dans ce roman?


C'est l’histoire d'un petit garçon très précoce et parfois mal compris par son entourage. Un enfant né après une longue attente de 5 ans par sa mère au grand plaisir de sa rivale. Je décris l’ambiance qui règne au quotidien dans notre famille. J’insiste sur les intrigues de la calomnie et la jalousie de mes mères. Mon père, faible de caractère, qui essaie tant bien que mal de faire régner de l’ordre, la paix, et l’harmonie dans sa maison. Mon père, intellectuel qu’il était, essaye de donner la meilleure éducation possible à ses enfants. En fait, mon roman est une sorte de photographie des réalités qui prévalent dans les foyers polygame dans nos sociétés.

En général, les premiers romans des écrivains reflètent un peu leurs propres vies. « Wisdom of polygamy » est-il donc strictement votre histoire personnelle?


Oui, c’est une réminiscence de mon enfance, une forme d’autobiographie.

Certains couples polygames s’en sortent très bien. Est-ce que ce n’est pas par égoïsme de certains époux ou épouses que les problèmes se posent dans les foyers polygames?


En effet, dans la polygamie le père est plus considéré comme une vache à lait par ses épouses. Les femmes se préoccupent plus de leurs enfants au détriment du père. Je prends l’exemple de mes mères qui faisaient tout pour tirer le maximum de ressources de mon père pour positionner autant que possible leurs enfants respectifs. Ce n est pas une question d'égoïsme mais, une question de réalisme parce qu’il y a toujours la peur des femmes de voir leur mari prendre une autre épouse. Ce qui diminuera d’avantage les ressources dont elles peuvent bénéficier. Pour être franc c'est « le sauve qui peut ». Elles se focalisent sur leurs enfants sachant que leur bonheur plus tard viendra d’eux.


Vous avez choisi de publier votre roman aux éditions CLE. Qu’est-ce qui justifie ce choix?


J ai choisi CLE premièrement, parce que dans le domaine de l’édition, ils ont fait leurs preuves. C’est la plus ancienne maison sur notre territoire, connue pour son professionnalisme et son sérieux. Deuxièmement, CLE est une maison de DIEU. C’est un centre évangélique et, en tant que enfant de DIEU, je me suis naturellement senti proche de CLE. Notre père nous a inculqué la crainte de DIEU.

La dédicace de votre roman a lieu ce jeudi 12 novembre 2009 à l’hôtel Hilton de Yaoundé. Quelle signification accordez-vous à cette cérémonie?


C'est une cérémonie importante. Vous savez, c’est mon premier livre. C’est l’occasion pour moi de remercier tous ceux qui ont contribué à ce que cette idée prenne forme. C’est aussi l'opportunité de faire connaitre le livre par les médias d’ici et d’ailleurs dans un échange que je veux fraternel.

Votre roman est écrit en anglais. Avez-vous conscience du handicap que cela constitue dans un pays largement francophone comme le Cameroun ? Que comptez-vous faire pour atteindre le lectorat francophone?


Nous sommes conscient de ce fait et l’éditeur a déjà commencé la traduction en langue française. Si tout se passe bien, nous l’aurons avant la fin de l’année.

Où et à quel prix peut-on se procurer votre roman?


Les lecteurs pourront acheter ce livre à la librairie des éditions CLE ou dans d’autres librairies à travers le territoire national. En ce qui concerne le prix, nous avons pris en compte le faible pouvoir d'achat des camerounais. Le livre sera vendu à 2500 Francs CFA.

René AYINA : "Il y aura des prestations gratuites dans les quartiers"


Le promoteur du Festi-bikusti nous parle de son festival qui débute aujourd’hui.



Le festi-bikutsi débute ce lundi. En terme d’organisation, avez-vous le sentiment que ce festival sera meilleur que ceux des éditions précédentes?
C’est un souhait. Nous pensons quand même que ce sera l’une des meilleures éditions. Nous attendons un public nombreux par rapport à la programmation que nous avons faites. Nous pensons que la programmation est suffisamment alléchante pour que le public trouve son compte. Elle est suffisamment variée et dynamique. Et, je pense que si rien n’arrive entre temps, je crois que le festival sera l’un des meilleurs.

Lorsque l’on est à la 11ème édition d’un festival de notoriété comme le festi-bikusti, on imagine que les difficultés sont moindres…
Nous faisons tout pour les amoindrir. Vous savez bien que ce soit le nerf de la guerre qui manque le plus, nous avons mis des stratégies sur pied pour pouvoir surmonter un certain nombre de choses pour que le festival s’organise. Les éléments nécessaires et indispensables sont déjà réunis. Nous pensons que le festival doit se tenir. Si nous avons pris soin d’annoncer, ça veut dire que nous avions déjà 75 % des éléments qui nous permettent d’organiser le festival. Les problèmes ne manquent pas. Il y a toujours des problèmes mais nous essayons de réduire au maximum la marge des problèmes pour qu’on maximise les énergies qui contribuent à faire réussir le festival.

 

Qu’est-ce qui fera la particularité du festi-bikutsi cette année?
La particularité de cette année, la principale, c’est le déploiement que nous faisons dans les mairies. Nous essayons d’associer les mairies à l’organisation de cet événement qui devient un événement populaire. Nous pensons que les mairies de Yaoundé, tous les maires doivent s’associer à l’organisation de cet événement d’une façon ou d’une autre. C’est pour ça que nous avons choisi d’aller dans 3 mairies cette année pour faire des conférences et des animations publiques avec notre partenaire, notre sponsor, Les Brasseries du Cameroun, qui vont déployer un car podium avec du matériel dessus et des artistes qui vont faire des prestations gratuites dans les quartiers, dans les mairies. A la mairie de Yaoundé 2 à Tsinga, à la mairie de Yaoundé 6 à Biyem Assi et à la mairie de Yaoundé 3 à Nsam

Parmi les vedettes du Bikutsi les plus en vue du moment, il y aura des absents. On parle de Katino, Majoie Ayi, Lady Ponce, Ama Pierrot et autres qui pourraient être absents. Quelles sont les vedettes qui ne pourront pas être là et pour quelles raisons?
Ceux que vous avez cité effectivement seront absents. S’ils réussissent à se libérer de leurs occupations, peut-être qu’ils pourraient être là mais, nous nous préférons dire la vérité au public qui nous accompagne dans ce festival. Nous préférons leur dire que ces personnes ont des programmes surchargés. Et, il peut se trouver qu’elles ne puissent pas être là. Ceux qui nous feront la surprise de rentrer avant le temps, nous pensons que nous allons les intégrer parce qu’ils avaient déjà été programmés. Maintenant, leur calendrier des spectacles à l’extérieur du Cameroun a fait qu’ils ne puissent pas être là à cette période là parce que vous savez aussi que, c’est important que les artistes se frottent aux réalités internationales et c’est d’ailleurs pour cela que nous travaillons. Donc, nous les encourageons à continuer parce que nous voulons que nos artistes aient des spectacles compétitifs. C’est pour ça que ça ne nous gêne pas qu’ils ne soient pas là. Ils sont de tout cœur avec nous. Si jamais ils ont la possibilité de revenir fêter avec nous, ils seront là.

L’un des reproches que l’on fait généralement aux chanteurs de Bikutsi, c’est qu’ils délivrent des messages aux relents sexuels et parfois pornographiques. Que fait votre festival pour corriger cette perception négative du Bikutsi?
Non, je crois que ce discours a changé depuis longtemps. Ce que nous faisons en réalité, c’est que nous essayons de faire des efforts pour faire comprendre aux jeunes artistes qui arrivent que ce n’est pas la voie du salut que de chanter des insanités. Maintenant vous voyez bien que des artistes comme Aïjo Mamadou, comme Bisso Solo, comme Tonton Ebogo j’en citerai davantage, ont un discours qui est tout à fait particulier. Ils ont des textes intéressants et c’est eux que nous essayons d’encourager parce que, lorsque le festival a commencé à se tenir, il y avait déjà ce problème là. Nous avons essayé de le contourner et aujourd’hui, je pense que nous sommes sur une bonne voie. Le discours a changé, les textes sont éducatifs, les mélodies sont attrayantes. Je crois que l’orchestration suit avec. Donc, c’est ce que nous essayons de faire. Juste de les orienter pour que ça se passe bien.


 

Le camp Sonel Essos est le site du festival mais vous dites qu’il y aura des caravanes dans les mairies. Concrètement, comment cela va-t-il se passer?
Clairement, ça va se passer comme suit : Lundi, Mardi et Mercredi, les spectacles sont gratuits dans les mairies que nous avons cité plus haut. A partir de 16 heures parce que nous commençons avec une conférence-débat et, nous enchaînons avec les spectacles. Les spectacles populaires sont gratuits pour que nous nous rapprochions davantage du public. Et, nous rentrons au site du camp Aes Sonel pour faire la cérémonie d’ouverture de ce festival le jeudi. Dès qu’on fait la cérémonie d’ouverture, les spectacles s’enchaînent jusqu’à samedi sans arrêt. Donc, les spectacles commencent au camp sonel le Jeudi 12 jusqu’au samedi 14.

Dans une récente interview, vous avez indiqué que le cachet des artistes est fixé à 50 000 francs par soirée. A l’heure qu’il est, est-ce que vous avez déjà réuni toutes les assurances qu’aucun des artistes ne va se plaindre à la fin du festival?
C'est des choses que nous avons réglé depuis longtemps. Les artistes le savent. Nous n’avons pas de sponsors réels. Nous n’avons pas un appui financier consistant. C’est pour cela que nous préférons nous entendre avec les artistes pour que ce genre de problème ne se pose pas. Je crois que depuis 3 ans pratiquement, nous n’avons pas ce genre de problème. Les artistes ne se plaignent pas au festi-bikutsi parce que, c’est leur festival. Ce n’est pas un festival qu’on organise…C’est pour faire la promotion de la culture. C’est eux même qui ont choisi. Et je crois qu’ils nous accompagnent…Et, c’est pour cela que annonçons clairement à tout le monde que c’est 50 000 francs. 50 000 francs, ce n’est pas un cachet, c’est une prime de participation. Donc, le jour où nous avons un sponsor qui prend en charge un certain nombre de dépenses, nous payons les cachets considérables.

Donc, vous n’avez pas de sponsors…
Oui, pour le moment nous n’avons pas de sponsors. Nous avons des personnes qui nous accompagnent, des partenaires, mais pour le moment nous n’avons pas de sponsors réels. Mais je crois que ça ne va pas tarder parce que, les Brasseries du Cameroun nous accompagnent depuis un temps. Je crois qu'à un moment donné, ils vont comprendre que nous avons une organisation sérieuse et qu’il faille qu’ils associent l’image des Brasseries à ce festival qui est un festival qui bouge et qui fait parler de lui.

Dernière question, vous avez sans doute des ambitions pour ce festival dans l’avenir. Est-ce que vous pouvez nous en parler?
Les ambitions, c’est d’ouvrir le festival à l’international puisque c’est un festival que nous avons choisi de restructurer. Dans la phase de restructuration, nous avons été obligé d’arrêter d’inviter les artistes qu viennent de l’extérieur qui nous coûtent chers en termes de billets d’avion, en termes d’hébergement, en termes de restauration, de transport. C’est des choses…parfois on pense que ce sont des choses négligeables mais en fait, ce n’est pas négligeable. Il faut des assurances pour qu’un artiste parte de là où il est pour qu’il vienne. Et puis, il faut qu’on l’ouvre à l’Afrique Centrale. Puisque nous parlons des musiques bantoues. Les musiques bantoues ne se trouvent pas seulement au Cameroun Elles s’étendent sur une bonne partie de l’Afrique. Nous allons donner une ouverture aux artistes de la diaspora qui ont quelque chose de plus à nous apporter par rapport à leurs expériences, par rapport à leurs carrières. Donc, c’est un peu ça. Et puis, aujourd’hui, nous nous attardons sur l’aspect festif de ce festival. Je crois qu’il y a un domaine recherche qui est important. Je crois que dans l’avenir, nous pouvons faire des recherches pour qu’on identifie tous les rythmes qui s’associent au bikutsi.

vendredi 23 octobre 2009

Ouvrage: Cameroun, mon pays

Sous la coordination de Joseph Fumtim, des auteurs camerounais passent leur pays au scanner

Vous êtes-vous jamais posé la question de savoir ce qu’est vraiment le Cameroun. En Egypte, en Septembre 2005, l’intellectuel camerounais Joseph Fumtim s’est vu poser la question « pour toi, l’Egypte c’est quoi ? » Dans son esprit, la question s’est muée en : « pour toi, le Cameroun c’est quoi ? » Il a donc décidé de rassembler plusieurs auteurs et intellectuels camerounais pour réaliser la photographie la plus précise que possible sur le pays des Lions Indomptables. Le Cameroun ? Un pays qui, selon la rumeur « n’a de validité que lorsque l’équipe nationale, les fameux lions indomptables, déboule sur un stade, fait frissonner le gazon et provoque des crises d’apoplexie » écrit Célestin Monga.


Un pays où le malaise de la cohabitation entre les anglophones et les francophones est plus profond qu’on ne le pense. Et, l’avocat Me Akere Muna d’écrire une « Lettre à mon frère francophone » pour lui dire d’imaginer « que le Cameroun soit un Etat dont le quart est francophone et les trois-quarts anglophones…que pendant ces 30 années, le système administratif ait complètement changé, les signalisations routières soient en anglais, tout comme le langage financier, administratif, militaire…qu’il faille harmoniser le système judiciaire ce ne soit que les notions de Common Law qu’on vous impose dans un système basé sur le code Napoléon causant des incompréhensions…Que la plupart du temps il faille traduire tous vos documents en anglais avant que la cour suprême ne siège ».

© Journalducameroun.com
Cameroun mon pays est une évocation historique, un décryptage sans concession des réalités du Cameroun. D’ailleurs, pourquoi ce pays s’appelle t-il « Cameroun », un terme qui selon l’écrivain Jean Claude Awono reflète les « déterminations coloniales et alimentaires du mot portugais Camaroes (crevettes, ce mot ne s’attache à aucun symbole chez nous) ». Selon lui, notre pays devrait s’appeler autrement. Ce pays « des révolutions avortées et des leaders charismatiques assassinés » selon l’universitaire Nathalie Etokè et qui souffre des difficultés de transport dus à la vétusté de la voie ferrée, à l’arnaque des transporteurs par les policiers sans scrupules. Un pays où le mot « partir…fait le code actuel dans les milieux jeunes au Cameroun, avec quelques applaudissements d’adultes et de parents. Partir pour devenir quelqu’un, pour devenir un homme » écrit Joseph Fumtim. Un pays où « règne un lion qui rugit un peu trop fort sans se rendre compte que ses rugissements sont sans objet pour le Cameroun » selon Marcel Kemajou Njanké. Un pays où « un vase communicant relie le palais de l’Unité (palais présidentiel, Ndlr) directement à une suite VIP de la prison de Kondengui, sinon à l’exil » affirme Patrice Nganang. Un pays qui mérite de l’espoir malgré tout selon l’universitaire et historien Achille Mbembe qui a « la certitude que ce temps viendra. Un jour prochain, le Cameroun reconnaîtra sa mort aussi bien que la dette quant à son nom. Ainsi, les générations futures ne pourront plus vivre dans l’illusion qu’il ‘n’était rien’ ».

Ouvrage collectif de 192 pages, c’est une véritable palabre autour du Cameroun, sa signification, ses réalités, ses forces et ses faiblesses. Un livre que se construit autour de récits évocateurs et d’analyses argumentées. C’est un excellent guide « pratique » sur le Cameroun qui permettra aux étrangers de mieux s’imprégner de la psychologie de ce pays dont l’histoire divise les historiens. Il s’agit d’un regard croisé totalement camerounais sur le Cameroun. Sans langue de bois ni complaisance intellectuelle. Une inquisition de conscience sur l’histoire et l’avenir de ce pays.

lundi 21 septembre 2009

Cameroun: Le logiciel libre fêté à Yaoundé

A l’occasion de la journée mondiale du logiciel libre, une Ong de la ville de Yaoundé a organisé des manifestations

La journée mondiale du logiciel libre a été célébrée dans une centaine de pays samedi 19 Septembre dernier. A Yaoundé, c’est l’organisation non gouvernementale (ONG), Promotion des Technologies Garantes de l’environnement et de la Qualité de Vie (PROTEGE QV) qui a animé la célébration au British Council. Cette Ong qui œuvre pour l’appui à la microfinance, la promotion des TIC pour le développement, la protection de l’environnement et la promotion du leadership s’inscrit en fait dans une tradition de célébration de la journée mondiale du logiciel libre au Cameroun qu’elle a commencé en 2005. Selon madame Sylvie SIYAM, promotrice de l’ONG, cette journée est organisée pour échanger, nous informer, partager, faire ressortir les forces et les faiblesses du logiciel libre pour voir si les logiciels libres sont une opportunité pour avoir accès aux opportunités.

Cette célébration était axée autour de deux activités majeures : Une conférence sur le thème: Le logiciel libre, quels enjeux pour l’Afrique et le Cameroun en particulier ? et un atelier sur l’installation et l’utilisation du logiciel libre Edubuntu.
Lors de la conférence, les exposants ont édifié le public sur le logiciel libre et ses avantages. Les exposants ont ainsi levé l’équivoque entre la différence nécessaire à établir entre la gratuité et la liberté du logiciel libre. La liberté d’utiliser le logiciel sans aucune limite, d’étudier son fonctionnement, de le donner ou de le vendre, de le modifier et le redistribuer sont les éléments qui fondent la liberté du logiciel libre. En ce qui concerne les avantages du logiciel libre, les exposants ont cité entre autres, la réduction systématique du piratage, la garantie de fonctionnement, de liberté et de pérennité de ce type de logiciel, sa rentabilité, son efficacité et sa fiabilité, son caractère économique, sa capacité à créer les emplois et les richesses. La réflexion a ensuite été menée autour des stratégies à adopter pour une meilleure sensibilisation et vulgarisation du logiciel libre. La proposition la plus marquante dans l’exposé a été le plaidoyer formulé par les exposants pour l’introduction de l’utilisation du logiciel libre dans les écoles primaires, secondaires et les universités.


La conférence s’est achevée par la présentation d’Edubuntu, un logiciel libre appliqué à l’éducation. Les élèves et les étudiants présents dans la salle du British Council ont pu découvrir les opportunités d’apprentissage de certaines disciplines comme les mathématiques grâce à ce logiciel qui, comme les logiciels libres devrait libérer les utilisateurs de la dépendance aux logiciels propriétaires américains de Microsoft par exemple. A la suite des ateliers, une cinquantaine de participants ont été retenus pour participer à l’atelier sur l’installation et l’utilisation du logiciel Edubuntu.

Cette journée du logiciel libre organisée par l’Ong PROTEGE QV a eu la particularité d’accueillir une équipe de la communauté UBUNTU CAMEROUN reconnue à l’échelle internationale. Cette équipe a largement sensibilisé les participants sur l’utilisation et les avantages du système d’exploitation UBUNTU. Quelques participants ont aussi remporté des lots divers grâce à une tombola programmée par le comité d’organisation. Rendez-vous est pris pour la journée mondiale du logiciel libre le 19 Septembre 2009.

samedi 12 septembre 2009

Cameroun : Ali Bongo explique les raisons de sa visite





Ali Bongo Ondimba vient de passer environ 3 heures de temps au Cameroun. Une visite au pas de course marquée par une audience que lui a accordé le président camerounais Paul Biya qui lui a déroulé le tapis rouge et lui a réservé un accueil protocolaire de type présidentiel.

Le geste du président Paul Biya n’est pas passé inaperçu. En se déplaçant personnellement pour l’aéroport international de Nsimalen afin de recevoir son hôte, Ali Bongo Ondimba, nouveau président élu du Gabon, Paul Biya a voulu passer un message clair : Ce sera Ali, et personne d’autre. En dépit du contentieux post électoral qui se déroulera au niveau de la cour constitutionnelle gabonaise. Tapis fouge, honneurs officiels, bain de foule organisé auprès des militants du parti au pouvoir camerounais et de quelques gabonais, cortège motorisé, réception au palais présidentiel, l’arsenal protocolaire déployé pour Ali Bongo était celui des grands jours. Reçu en grande pompe au palais présidentiel, Ali Bongo s’est risqué à quelques déclarations devant la presse. Sur les raisons de sa visite et de son choix du Cameroun pour effectuer sa première visite de président, Ali Bongo a expliqué que « c’est un choix qui est tout naturel. Le président Paul Biya m’a toujours honoré de me considérer comme son fils et lorsque le fils part dans une compétition, lorsque le fils s’engage dans un combat et que le fils ressort victorieux, il est important, il est naturel qu’il vienne voir le père pour venir recueillir les conseils et venir lui dire comment ça s’est passé et c’est ce que naturellement j’ai fait. Je n’envisageais les choses d’une autre façon. Monsieur le président de la République m’a toujours adopté comme son fils. C’était le frère de mon père et il était nécessaire pour moi de venir le voir pour qu’il puisse me donner des bons conseils. Ce n’est pas une tâche facile. C’est un des chefs d’Etat les plus respectés du continent. Pourquoi voulez-vous que je me passe de bons conseils ? Donc en fait, je n’ai pas de mérite. En fait, je profite. En dehors de cela, vous connaissez les rapports qu’il y a entre nos deux pays qui sont des rapports excellents, des rapports de fraternité et d’amitié. Donc là aussi, ma visite s’inscrit dans ce registre là ».

Interrogé sur le contenu de son entretien avec Paul Biya, Ali Bongo s’est montré évasif. « Il est important pour nous de peaufiner l’œuvre de construction. La construction africaine a toujours été importante et elle passe par la consolidation de cette coopération et ce partenariat sous régional. Donc, il est évident que nous avons abordé ces questions là » a-t-il déclaré. Sur les premiers actes qu’il devrait poser en tant que chef d’Etat, il a affirmé que « pour l’instant, nous attendons que les période fixées par la constitution s’écoulent. Après cela, nous aurons à former un gouvernement et bous mettre au travail rapidement ».
Le Cameroun n’est pas l’unique pays que visitera le président gabonais. Ali Bongo et sa délégation viennent d’arriver au Congo Brazzaville. Ils se rendront aussi au Tchad, en Angola et dans plusieurs autres pays africains. L’on note toutefois qu’il ne se déplacera pas pour la Guinée Equatoriale. Officiellement parce que le calendrier du président Obiang Nguéma ne le permet pas.
En tout cas, il s’agit là d’une véritable offensive diplomatique d’Ali Bongo pour se construire une légitimité sur le continent. En attendant sa prestation de serment dans les prochains jours. Si le conseil constitutionnel en décide ainsi.

Roland Kwemain: "Ma victoire sera diplomatique et économique pour le Cameroun"

Candidat à la présidence mondiale de la jeune chambre internationale, il explicite les contours de sa candidature

Roland Kwemain

Vous êtes candidat à la présidence mondiale de la Jeune Chambre Internationale. Pouvez-vous nous présenter cette institution ?
La Jeune Chambre Internationale est une fédération mondiale de jeunes leaders et entrepreneurs âgés de 18 à 40 ans. L’ambition est d’offrir aux jeunes, des opportunités de développement qui leur permettront d’apporter des changements positifs dans leurs communautés respectives. La JCI est représentée dans 119 pays et dans 6000 localités. Au Cameroun, la JCI est représentée dans 27 localités et compte près de 850 membres. La JCI a 20 ans d’existence au Cameroun.

Vous avez déjà occupé de très hautes fonctions au sein de la JCI. Qu’est-ce qui a motivé votre candidature à la fonction suprême de président mondial de la Jeune Chambre Internationale ?
Effectivement en 2006, j’étais président national de la JCI ; en 2007, j’étais vice-président mondial, en 2008 j’étais président du conseil pour le développement des Jeunes Chambres Afrique et Moyen-Orient et en 2009, je suis vice-président exécutif mondial c'est-à-dire N°2 de la fédération. En ce qui concerne ma motivation, je dois vous dire que c’est la Jeune Chambre du Cameroun qui a décidé de présenter ma candidature. Deuxièmement, j’ai le soutien des Jeunes Chambres d’Afrique et du Moyen-Orient qui ont pensé qu’il était temps, qu’un fils noir puisse aussi briguer la magistrature suprême de notre organisation. Troisièmement, c’est parce que je remplis toutes les conditions pour pouvoir être candidat.

Slogan de campagne

Vous êtes le premier africain, le premier noir à briguer la présidence mondiale de la Jeune Chambre Internationale. Est-ce que la promotion de l’image des africains et des noirs en général occupera une place dans votre programme si vous êtes porté à la tête de la JCI ?
D’abord, je dois faire une précision. Je ne suis pas le premier africain mais je suis le premier noir qui pourrait être président mondial de la JCI. Avant moi, il y a déjà eu 2 africains : un mauricien et un tunisien. Donc, la réalité c’est que, beaucoup de gens souhaitent qu’un noir soit élu à la présidence mondiale de la JCI. Pour ce qui est de l’image des africains que vous évoquez, si je suis élu, ce sera l’occasion de démontrer que nous avons la capacité de leadership. N’oubliez pas que la Jeune Chambre Internationale est une organisation qui forme les leaders et, en 64 ans, nous avons eu 64 présidents mondiaux. C’est une organisation où les valeurs démocratiques sont très importantes. Donc, c’est important qu’on puisse donner la chance à un noir, de diriger l’organisation. Ça permettra aussi de nous valoriser. Je pense que l’heure est au changement et notre organisation prône le changement depuis 64 ans mais aussi, la transformation de nos sociétés en des sociétés meilleurs et peut-être il fallait que l’organisation aussi commence par changer elle-même.

Avez-vous une idée de vos concurrents et, quels pourraient être vos atouts par rapport à ceux-ci ?
Peut-être faudrait-il que je vous explique comment ça se passe sur le plan constitutionnel. Il y a 119 organisations nationales et donc 119 présidents nationaux. Sur les 119 présidents nationaux, il y a 17 qui deviennent vice-présidents mondiaux l’année suivante. Et sur ces 17, 4 deviennent vice-présidents exécutifs l’année suivante. Donc, nous sommes actuellement 4 vice-présidents exécutifs et donc 4 candidats potentiels à la présidence mondiale de la fédération. Moi je pense que sur le plan stratégique, il est plus intéressant d’analyser ses forces et ses faiblesses. Quand on veut trop se focaliser sur ses concurrents, on peut s’égarer mais nous avons les meilleures chances et les atouts pour pouvoir, au soir du 20 Novembre 2009 en Tunisie, avoir la victoire avec nous.

On a vu le gouvernement notamment plusieurs ministres se mobiliser autour de votre candidature. Comment se matérialise ce soutien ?
Déjà, peut-être qu’il faut expliquer pourquoi le gouvernement nous soutient. La JCI au Cameroun est régie par le décret présidentiel 219/2003 qui nous place sous la tutelle du ministère du Commerce. Donc, nous sommes une organisation régie par un décret présidentiel. En 2006, le Président de la République, son Excellence Paul Biya avait cité la Jeune Chambre comme modèle lors de son traditionnel discours du 10 Février à la jeunesse camerounaise et, nous voulons briguer la magistrature suprême d’une organisation qui a formé les plus grands du monde en matière de leadership, qui a un accord de partenariat depuis 1957 donc depuis 52 ans avec les Nations Unies et qui est une organisation mondiale de 200 000 membres dans 119 pays et plus d’un million d’anciens membres. Il était naturel qu’on puisse saisir les plus hautes autorités du pays et donc le Président de la République pour lui faire savoir que nous avons l’intention de briguer la présidence mondiale d’une telle organisation et que nous avons besoin de sa bénédiction et de son soutien. Nous l’avons reçu le 5 Juin 2009. Ce soutien est diplomatique. Le candidat qui vous parle est propriétaire d’un passeport diplomatique remis par le Président de la République par les mains du ministre des Relations Extérieures. Pour votre information, je ne suis ni ministre, ni député, ni diplomate mais je suis détenteur d’un passeport diplomatique. En outre, nous avons des soutiens d’accompagnement au niveau des ambassades du Cameroun, des représentations diplomatiques. Il y a aussi des déplacements stratégiques que nous ne pouvons pas dévoiler ici. Deuxièmement, le Président de la République a instruit le ministre des finances et notre ministre de tutelle (ministre du commerce, Ndlr) de mettre en œuvre tous les moyens pour pouvoir nous accompagner. Donc, il y a un travail de lobbying important fait par le Minrex (ministère des relations extérieures, Ndlr) et tous ceux qui, de près ou de loin, peuvent nous accompagner et nous faire réaliser ce coup d’essai en coup de maître.

Qu’est-ce que le Cameroun peut attendre de votre élection à la tête de la JCI ?
Déjà, ce serait une victoire sur le plan diplomatique. Imaginez un peu que le président mondial visite 70 à 80 pays sur les 119 où sont représentés la JCI. Et chaque fois qu’il visite ces pays, il est reçu par les plus hautes autorités : les chefs d’Etat, les premiers ministres, les ministres, le patronat puisque la JCI a des accords avec l’International Chamber of Commerce, la fédération mondiale des chambres de commerce, les responsables des Nations Unies…Je dis que c’est une plateforme exceptionnelle pour la promotion de l’image du Cameroun. N’oubliez pas que, si je deviens président mondial, lorsqu’on me recevra, on présentera Roland Kwemain. C’est un nom qui sonne d’ailleurs un peu bizarre mais qu’est-ce qu’on retiendra ? Qu’il est camerounais. Ce sera le Cameroun. La publicité d’un pays sur les grands médias internationaux coûte des millions de dollars mais moi, je le ferai gratuitement. Je parlerai du Cameroun et qui, mieux qu’un camerounais peut parler du Cameroun ? Maintenant, je voudrais interpeller la communauté économique et même, la communauté sociopolitique de pouvoir m’accompagner c’est-à-dire, pouvoir mettre à ma disposition, tout le matériel qui me permettra de mieux vendre mon pays et souvent même faire des déplacements comme en Tunisie où on attend 4000 à 5000 leaders et entrepreneurs du monde entier. Je suis certes un instrument au service de la JCI car si je suis élu président mondial, je vais défendre les intérêts de la Jeune Chambre, mais l’on va noter que je suis camerounais. Donc, en plus d’une victoire diplomatique, ce sera une victoire économique pour le Cameroun car, comme je vous le disais, on a des partenariats avec la fédération internationale des chambres de commerce où l’on est au courant des tendances des investissements. Donc, à ce niveau là, on parlera du Cameroun et l’on pourra avoir les informations sur le Cameroun qu’on va diffuser auprès du patronat, du Mecam, du Gicam. Je pense que c’est à eux de m’utiliser. Bref, je serai un instrument au service de ma Nation.

Le Camerounais Roland Kwemain: Premier noir à la tête de la Jeune Chambre Internationale ?


38 ans, diplômé de marketing, il a reçu l’onction du chef de l’Etat pour briguer la présidence de la

Ce qui frappe chez Roland Kwemain, c’est sa simplicité et sa disponibilité. Pour un homme qui a côtoyé plusieurs dirigeants du monde, l’on est un peu surpris lorsqu’il s’ouvre facilement à ses interlocuteurs. C’est sans doute là, l’une de ses armes de séduction: un caractère rassembleur d’un jeune leader qui a très vite affirmé ses qualités de manager.

Né le 4 avril 1971 à Yaoundé, Roland Kwemain, à peine sa maîtrise en Marketing obtenue à l’université de Douala, s’est lancé dans le management. Dès 1999, il est le directeur exécutif d'une ONG, ADCOME, qui favorise le développement communautaire par la formation aux Technologies de l’Information et de la Communication (TIC) et les répercussions du leadership et des compétences entrepreneuriales. Il est également consultant en Technologies de l’Information. Titulaire d’un diplôme de « Responsabilité sociale et de développement durable » obtenu à la World Bank Institute, Roland Kwemain a très vite adhéré à la jeune chambre internationale. L’ascension de Rolad Kwemain à la JCI aura été fulgurante. Et c’est peu dire.

Entré à la Jeune Chambre Internationale en 2002 à Buéa, sa ville de résidence. Il participe alors dans le cadre de cette institution, à plusieurs activités locales et nationales. Directeur des formations à la JCI de Buéa en 2003, il y deviendra secrétaire général et directeur marketing et de la communication en 2004. En 2005, il est fait vice-président exécutif de la JCI à l’échelle nationale et devient l’année suivante, le président national de l’organisation au Cameroun. Fort de cette assise nationale, Roland Kwemain va s’élancer vers la maison mère. Après avoir participé à six conférences régionales et trois Congrès mondiaux de la JCI, il mesure désormais l’ampleur internationale de l’organisation. En 2007, il est fait vice-président international de la JCI et couvre plusieurs pays africains parmi lesquels le Bénin, le Burkina Faso, les Comores, le Gabon, le Ghana, le Kenya, Madagascar, le Mali, le Nigeria, le Rwanda, le Togo, la Tunisie et l’Ouganda et aussi le Moyen-Orient.

Un lion indomptable

Au moment où il se prépare à briguer la présidence mondiale de l’organisation, il a reçu l’onction des autorités camerounaises et surtout, celle du chef de l’Etat, le président Paul Biya. La tâche ne sera pas facile car, il aura face à lui trois autres concurrents. S’il est élu, il sera le premier noir à la tête de la JCI. Le ministre du commerce qui présentait récemment sa candidature à l’hôtel Mont Fébé à Yaoundé a observé qu’il a le profil du poste. C’est un Lion Indomptable que le Cameroun jette dans l’arène avec le soutien du président de la République. Le ministre du commerce a ainsi invité ses collègues du gouvernement ainsi que les pays dont les missions diplomatiques sont accréditées au Cameroun à le soutenir lors du congrès mondial qui aura lieu du 16 au 21 novembre 2009 en Tunisie.
Roland Kwemain a une idée précise de ce qu’il entend faire s’il est porté à la tête de l’organisation. Dans son plan d’action, il entend augmenter l’effectif de la JCI qui compte aujourd’hui 200 000 membres dans le monde. Il va également entreprendre la promotion de la JCI et des Objectifs du millénaire pour le développement, avec une attention particulière en Afrique.

Marié à Majorlaine et père de deux enfants, William et Diana, Roland Kwemain est bilingue et manie avec aisance le français et surtout l’Anglais qui sera sans doute sa principale langue de travail s’il venait à être élu au soir du 20 Novembre 2009. Pour un mandat d’un an qui s’étale sur l’année 2010. La Jeune Chambre Internationale a été créée il y a plus de 65 ans aux Etats-Unis. Elle est présente dans près de 100 pays et regroupe près de 5000 organisations locales de jeunes âgés entre 18 et 40 ans. Elle forme ses membres à devenir meilleurs en termes de leadership et d’intervention dans la résolution des problèmes de leur société. Plusieurs Premiers ministres japonais et autres hautes personnalités américaines et mondiales sont passées par cette organisation.