samedi 12 septembre 2009

Roland Kwemain: "Ma victoire sera diplomatique et économique pour le Cameroun"

Candidat à la présidence mondiale de la jeune chambre internationale, il explicite les contours de sa candidature

Roland Kwemain

Vous êtes candidat à la présidence mondiale de la Jeune Chambre Internationale. Pouvez-vous nous présenter cette institution ?
La Jeune Chambre Internationale est une fédération mondiale de jeunes leaders et entrepreneurs âgés de 18 à 40 ans. L’ambition est d’offrir aux jeunes, des opportunités de développement qui leur permettront d’apporter des changements positifs dans leurs communautés respectives. La JCI est représentée dans 119 pays et dans 6000 localités. Au Cameroun, la JCI est représentée dans 27 localités et compte près de 850 membres. La JCI a 20 ans d’existence au Cameroun.

Vous avez déjà occupé de très hautes fonctions au sein de la JCI. Qu’est-ce qui a motivé votre candidature à la fonction suprême de président mondial de la Jeune Chambre Internationale ?
Effectivement en 2006, j’étais président national de la JCI ; en 2007, j’étais vice-président mondial, en 2008 j’étais président du conseil pour le développement des Jeunes Chambres Afrique et Moyen-Orient et en 2009, je suis vice-président exécutif mondial c'est-à-dire N°2 de la fédération. En ce qui concerne ma motivation, je dois vous dire que c’est la Jeune Chambre du Cameroun qui a décidé de présenter ma candidature. Deuxièmement, j’ai le soutien des Jeunes Chambres d’Afrique et du Moyen-Orient qui ont pensé qu’il était temps, qu’un fils noir puisse aussi briguer la magistrature suprême de notre organisation. Troisièmement, c’est parce que je remplis toutes les conditions pour pouvoir être candidat.

Slogan de campagne

Vous êtes le premier africain, le premier noir à briguer la présidence mondiale de la Jeune Chambre Internationale. Est-ce que la promotion de l’image des africains et des noirs en général occupera une place dans votre programme si vous êtes porté à la tête de la JCI ?
D’abord, je dois faire une précision. Je ne suis pas le premier africain mais je suis le premier noir qui pourrait être président mondial de la JCI. Avant moi, il y a déjà eu 2 africains : un mauricien et un tunisien. Donc, la réalité c’est que, beaucoup de gens souhaitent qu’un noir soit élu à la présidence mondiale de la JCI. Pour ce qui est de l’image des africains que vous évoquez, si je suis élu, ce sera l’occasion de démontrer que nous avons la capacité de leadership. N’oubliez pas que la Jeune Chambre Internationale est une organisation qui forme les leaders et, en 64 ans, nous avons eu 64 présidents mondiaux. C’est une organisation où les valeurs démocratiques sont très importantes. Donc, c’est important qu’on puisse donner la chance à un noir, de diriger l’organisation. Ça permettra aussi de nous valoriser. Je pense que l’heure est au changement et notre organisation prône le changement depuis 64 ans mais aussi, la transformation de nos sociétés en des sociétés meilleurs et peut-être il fallait que l’organisation aussi commence par changer elle-même.

Avez-vous une idée de vos concurrents et, quels pourraient être vos atouts par rapport à ceux-ci ?
Peut-être faudrait-il que je vous explique comment ça se passe sur le plan constitutionnel. Il y a 119 organisations nationales et donc 119 présidents nationaux. Sur les 119 présidents nationaux, il y a 17 qui deviennent vice-présidents mondiaux l’année suivante. Et sur ces 17, 4 deviennent vice-présidents exécutifs l’année suivante. Donc, nous sommes actuellement 4 vice-présidents exécutifs et donc 4 candidats potentiels à la présidence mondiale de la fédération. Moi je pense que sur le plan stratégique, il est plus intéressant d’analyser ses forces et ses faiblesses. Quand on veut trop se focaliser sur ses concurrents, on peut s’égarer mais nous avons les meilleures chances et les atouts pour pouvoir, au soir du 20 Novembre 2009 en Tunisie, avoir la victoire avec nous.

On a vu le gouvernement notamment plusieurs ministres se mobiliser autour de votre candidature. Comment se matérialise ce soutien ?
Déjà, peut-être qu’il faut expliquer pourquoi le gouvernement nous soutient. La JCI au Cameroun est régie par le décret présidentiel 219/2003 qui nous place sous la tutelle du ministère du Commerce. Donc, nous sommes une organisation régie par un décret présidentiel. En 2006, le Président de la République, son Excellence Paul Biya avait cité la Jeune Chambre comme modèle lors de son traditionnel discours du 10 Février à la jeunesse camerounaise et, nous voulons briguer la magistrature suprême d’une organisation qui a formé les plus grands du monde en matière de leadership, qui a un accord de partenariat depuis 1957 donc depuis 52 ans avec les Nations Unies et qui est une organisation mondiale de 200 000 membres dans 119 pays et plus d’un million d’anciens membres. Il était naturel qu’on puisse saisir les plus hautes autorités du pays et donc le Président de la République pour lui faire savoir que nous avons l’intention de briguer la présidence mondiale d’une telle organisation et que nous avons besoin de sa bénédiction et de son soutien. Nous l’avons reçu le 5 Juin 2009. Ce soutien est diplomatique. Le candidat qui vous parle est propriétaire d’un passeport diplomatique remis par le Président de la République par les mains du ministre des Relations Extérieures. Pour votre information, je ne suis ni ministre, ni député, ni diplomate mais je suis détenteur d’un passeport diplomatique. En outre, nous avons des soutiens d’accompagnement au niveau des ambassades du Cameroun, des représentations diplomatiques. Il y a aussi des déplacements stratégiques que nous ne pouvons pas dévoiler ici. Deuxièmement, le Président de la République a instruit le ministre des finances et notre ministre de tutelle (ministre du commerce, Ndlr) de mettre en œuvre tous les moyens pour pouvoir nous accompagner. Donc, il y a un travail de lobbying important fait par le Minrex (ministère des relations extérieures, Ndlr) et tous ceux qui, de près ou de loin, peuvent nous accompagner et nous faire réaliser ce coup d’essai en coup de maître.

Qu’est-ce que le Cameroun peut attendre de votre élection à la tête de la JCI ?
Déjà, ce serait une victoire sur le plan diplomatique. Imaginez un peu que le président mondial visite 70 à 80 pays sur les 119 où sont représentés la JCI. Et chaque fois qu’il visite ces pays, il est reçu par les plus hautes autorités : les chefs d’Etat, les premiers ministres, les ministres, le patronat puisque la JCI a des accords avec l’International Chamber of Commerce, la fédération mondiale des chambres de commerce, les responsables des Nations Unies…Je dis que c’est une plateforme exceptionnelle pour la promotion de l’image du Cameroun. N’oubliez pas que, si je deviens président mondial, lorsqu’on me recevra, on présentera Roland Kwemain. C’est un nom qui sonne d’ailleurs un peu bizarre mais qu’est-ce qu’on retiendra ? Qu’il est camerounais. Ce sera le Cameroun. La publicité d’un pays sur les grands médias internationaux coûte des millions de dollars mais moi, je le ferai gratuitement. Je parlerai du Cameroun et qui, mieux qu’un camerounais peut parler du Cameroun ? Maintenant, je voudrais interpeller la communauté économique et même, la communauté sociopolitique de pouvoir m’accompagner c’est-à-dire, pouvoir mettre à ma disposition, tout le matériel qui me permettra de mieux vendre mon pays et souvent même faire des déplacements comme en Tunisie où on attend 4000 à 5000 leaders et entrepreneurs du monde entier. Je suis certes un instrument au service de la JCI car si je suis élu président mondial, je vais défendre les intérêts de la Jeune Chambre, mais l’on va noter que je suis camerounais. Donc, en plus d’une victoire diplomatique, ce sera une victoire économique pour le Cameroun car, comme je vous le disais, on a des partenariats avec la fédération internationale des chambres de commerce où l’on est au courant des tendances des investissements. Donc, à ce niveau là, on parlera du Cameroun et l’on pourra avoir les informations sur le Cameroun qu’on va diffuser auprès du patronat, du Mecam, du Gicam. Je pense que c’est à eux de m’utiliser. Bref, je serai un instrument au service de ma Nation.

Le Camerounais Roland Kwemain: Premier noir à la tête de la Jeune Chambre Internationale ?


38 ans, diplômé de marketing, il a reçu l’onction du chef de l’Etat pour briguer la présidence de la

Ce qui frappe chez Roland Kwemain, c’est sa simplicité et sa disponibilité. Pour un homme qui a côtoyé plusieurs dirigeants du monde, l’on est un peu surpris lorsqu’il s’ouvre facilement à ses interlocuteurs. C’est sans doute là, l’une de ses armes de séduction: un caractère rassembleur d’un jeune leader qui a très vite affirmé ses qualités de manager.

Né le 4 avril 1971 à Yaoundé, Roland Kwemain, à peine sa maîtrise en Marketing obtenue à l’université de Douala, s’est lancé dans le management. Dès 1999, il est le directeur exécutif d'une ONG, ADCOME, qui favorise le développement communautaire par la formation aux Technologies de l’Information et de la Communication (TIC) et les répercussions du leadership et des compétences entrepreneuriales. Il est également consultant en Technologies de l’Information. Titulaire d’un diplôme de « Responsabilité sociale et de développement durable » obtenu à la World Bank Institute, Roland Kwemain a très vite adhéré à la jeune chambre internationale. L’ascension de Rolad Kwemain à la JCI aura été fulgurante. Et c’est peu dire.

Entré à la Jeune Chambre Internationale en 2002 à Buéa, sa ville de résidence. Il participe alors dans le cadre de cette institution, à plusieurs activités locales et nationales. Directeur des formations à la JCI de Buéa en 2003, il y deviendra secrétaire général et directeur marketing et de la communication en 2004. En 2005, il est fait vice-président exécutif de la JCI à l’échelle nationale et devient l’année suivante, le président national de l’organisation au Cameroun. Fort de cette assise nationale, Roland Kwemain va s’élancer vers la maison mère. Après avoir participé à six conférences régionales et trois Congrès mondiaux de la JCI, il mesure désormais l’ampleur internationale de l’organisation. En 2007, il est fait vice-président international de la JCI et couvre plusieurs pays africains parmi lesquels le Bénin, le Burkina Faso, les Comores, le Gabon, le Ghana, le Kenya, Madagascar, le Mali, le Nigeria, le Rwanda, le Togo, la Tunisie et l’Ouganda et aussi le Moyen-Orient.

Un lion indomptable

Au moment où il se prépare à briguer la présidence mondiale de l’organisation, il a reçu l’onction des autorités camerounaises et surtout, celle du chef de l’Etat, le président Paul Biya. La tâche ne sera pas facile car, il aura face à lui trois autres concurrents. S’il est élu, il sera le premier noir à la tête de la JCI. Le ministre du commerce qui présentait récemment sa candidature à l’hôtel Mont Fébé à Yaoundé a observé qu’il a le profil du poste. C’est un Lion Indomptable que le Cameroun jette dans l’arène avec le soutien du président de la République. Le ministre du commerce a ainsi invité ses collègues du gouvernement ainsi que les pays dont les missions diplomatiques sont accréditées au Cameroun à le soutenir lors du congrès mondial qui aura lieu du 16 au 21 novembre 2009 en Tunisie.
Roland Kwemain a une idée précise de ce qu’il entend faire s’il est porté à la tête de l’organisation. Dans son plan d’action, il entend augmenter l’effectif de la JCI qui compte aujourd’hui 200 000 membres dans le monde. Il va également entreprendre la promotion de la JCI et des Objectifs du millénaire pour le développement, avec une attention particulière en Afrique.

Marié à Majorlaine et père de deux enfants, William et Diana, Roland Kwemain est bilingue et manie avec aisance le français et surtout l’Anglais qui sera sans doute sa principale langue de travail s’il venait à être élu au soir du 20 Novembre 2009. Pour un mandat d’un an qui s’étale sur l’année 2010. La Jeune Chambre Internationale a été créée il y a plus de 65 ans aux Etats-Unis. Elle est présente dans près de 100 pays et regroupe près de 5000 organisations locales de jeunes âgés entre 18 et 40 ans. Elle forme ses membres à devenir meilleurs en termes de leadership et d’intervention dans la résolution des problèmes de leur société. Plusieurs Premiers ministres japonais et autres hautes personnalités américaines et mondiales sont passées par cette organisation.

jeudi 20 août 2009

Cameroun: Tcholliré, évocation livresque d’une prison politique


Pour y avoir séjourné, Emmanuel Bityeki entraîne le lecteur de son roman dans cette célèbre prison politique.

 

Tcholliré, c'est d’abord le nom d’une ville camerounaise. Mais, dans une perspective historique, c’est une ville qui évoque les sombres souvenirs de l’histoire du Cameroun. Célèbre prison politique des années 1970, Tcholliré qui signifie « la colline aux oiseaux » est l’un des symboles de la féroce dictature qu’aura connue le Cameroun après son accession à l’indépendance.

Arrêté à cause d’un présumé complot ourdi contre le président de la République El Moujahid, le narrateur se retrouve embarqué vers la brigade de mobile mixte puis vers la prison de Tcholliré. Il y subit des tortures et des humiliations d’une innommable barbarie. L’auteur du roman, Emmanuel Bityeki, nous balade ainsi dans la réalité des régimes dictatoriaux qui auront caractérisé la plupart des pays africains postcoloniaux. Une dictature qui n’est pas nécessairement le fait des chefs d’Etat. Et, c’est là l’une des véritables révélations de l’ouvrage. Car, Tcholliré la colline aux oiseaux est d’abord la chronique d’une dictature nourrie par les éléments des forces de l’ordre dont le zèle extrême, le carriérisme et l’arrivisme ingrat égratignent et bafouent sauvagement la dignité et les libertés élémentaires des citoyens. Ce sont les calomnies, les fausses accusations, les dénonciations fantaisistes qui fondent le succès de ces policiers et militaires qui ne se préoccupent que de leurs ascensions professionnelles. Ainsi que l’avoue le commissaire Molla, l’un des personnages du roman : « Au cours de ma longue carrière, j’ai pillé, assassiné, incendié des villages pour faire croire à mes chefs que les maquisards avaient attaqué…c’est cela chers amis qui a assuré mon ascension ».


Tcholliré, la colline aux oiseaux raconte aussi, d’une saignante vérité, les crimes et les horreurs d’un système politique répressif et sanguinaire. « Grâce à des fils de connexion appropriés munis de pincettes, on reliait les parties intimes de votre corps à la dynamo. Cette dynamo était actionnée manuellement par un soldat à l’aide de la manivelle. L’intensité de la décharge électrique était proportionnelle à la vitesse de rotation de la manivelle et donc à l’ardeur du soldat à la tâche » raconte la narrateur. Accès de folie, suicides, maladies mortelles, exécutions sommaires sont le lot quotidien des prisonniers qui n’ont même pas le droit de se défendre.

Roman témoignage? L’on n’en est pas éloigné si l’on considère que l’auteur aura lui-même été prisonnier politique à la brigade de mobile mixte et à la prison de Tcholliré. Mais aussi, les éléments de fiction jalonnent le livre, lui donnant une véritable allure d’œuvre de fiction. C’est le cas du fameux coup d’Etat qui renverse le président El Moujahid ou de la cécité dont est frappée le narrateur à la fin de l’ouvrage. Toutes choses qui évidemment s’écartent de la réalité vécue par l’auteur.

Véritable testament historique, le roman de Emmanuel Bityeki évoque tout un pan de l’histoire du Cameroun très peu connu par les nouvelles générations de camerounais. Un livre facile à lire que le lecteur appréciera grâce à l’humour grinçant et à la simplicité du style de l’auteur. Libéré après plus de 9 ans de détention, le narrateur n’a pas la joie de savourer sa liberté. Il découvre la mort de ses proches. Une fin tragique sur laquelle le lecteur manquera à peine d’écraser une larme et qui conclue avec une émotion vibrante, les douloureux souvenirs portés par un camerounais qui aura souffert de sa chair, la dictature du régime de El Moujahid, dont le nom est très proche d’un certain... Ahmadou Ahidjo !

jeudi 13 août 2009

Cameroun : Portrait de Adamou Ndam Njoya, Le prince qui voulait le pouvoir!


Aristocrate Bamoun, Adamou Ndam Nyoya (ANN) est l’un des hommes politiques qui compte sur la scène camerounaise.


Il s’en était fallu de peu pour qu’il soit le leader de l’opposition en 2004. Lors de l’élection présidentielle. C’était sans compter avec la détermination de John Fru Ndi, le chairman du Social Democratic Front (SDF) qui quitta brutalement la coalition des partis d’opposition pour faire cavalier seul. Raison invoquée par celui-ci, le candidat Ndam Mjoya n’était pas assez représentatif sur l’échiquier national. Soulevant là l’une des critiques qui a souvent été faite au président de l’Union Démocratique du Cameroun (UDC) : son parti est confiné à son bastion naturel qui est le département du Noun, département d’origine de l’homme politique. Une considération que réfute le prince Bamoun pour qui, « c’est une manière de voir les choses mais sachez qu’avant les élections, on organise les pourcentages que les partis vont avoir ». ANN entend par là que, n’eût été la fraude, son parti aurait un meilleur ancrage national.Né le 8 Mai 1942 à Foumban, ANN connaîtra un brillant parcours scolaire et universitaire à Foumban, Nkongsamba, Yaoundé et en France d’où il revient en 1969, nanti d’un doctorat en droit public international et sciences politiques et d’un diplôme de l’Institut International d’Administration Publique (IIAP). En raison de la proximité de sa famille avec le président Ahidjo qui « dormait chez mon père » révèle t-il, il n’a aucun mal à intégrer le gouvernement. Tout premier directeur de l’Institut des Relations Internationales du Cameroun (IRIC), ANN devient Vice-ministre des affaires étrangères dès 1975 puis ministre de l’Education Nationale entre 1977 et 1980 et enfin ministre délégué à l’Inspection générale de l’Etat et à la Réforme Administrative entre 1980 et 1982. Son passage à l’Education Nationale sera très remarqué. Il va instaurer « la colle ». Un système rigoureux qui ne permettra pas aux élèves de tripler les classes et qui va frapper durement les élèves ayant obtenu une moyenne inférieure à 5. Une sévérité dans le système éducatif qui le rend très populaire mais qui suscite quelques mécontentements jusqu’au cœur du pouvoir.

Pour cette raison ou non, le président Ahmadou Ahidjo le débarque en 1982. Et il n’y reviendra plus. Surtout que Paul Biya deviendra président de la République et qu’il n’aurait pas souvent entretenu de bons rapports avec lui car, rapportent certains observateurs, il défiait l’autorité du premier ministre Paul Biya pour rendre compte directement au président Ahmadou Ahidjo. Limogé, il est remplacé par Ibrahim Mbombo Njoya, actuellement sultan des Bamoun. Est-ce depuis ce temps là que va se nouer le désamour officiel entre les deux hommes ? Pas impossible à croire. En tout cas, la rivalité politique entre le sultan et le prince Bamoun n’échappe plus à personne.En 1991, à la faveur de l’ouverture démocratique, ANN annonce la formation de l’Union Démocratique du Cameroun (UDC). Il fait alors de la décentralisation et du respect des droits des minorités, son principal champ de bataille. Candidat malheureux à l’élection présidentielle de 2004, il a réalisé un score de 4,5 % et a été classé en quatrième position.Universitaire et auteur de plusieurs ouvrages, ANN est actuellement maire de Foumban où sa gestion a souvent été décriée. Certains députés de son parti soutiennent qu’il leur oblige à ponctionner des sommes d’argent sur leurs salaires et autres dotations de l’assemblée nationale. Lui pense que tous les militants doivent contribuer au financement du parti.Au moment où s’annonce l’élection présidentielle de 2011, ANN annonce que son parti désignera un candidat le moment venu et refuse de croire qu’il est le candidat naturel de ce parti vu que « le parti ne se réduit pas à Ndam Mjoya ». Chevalier de l’ordre de la valeur, Adamou Ndam Njoya a reçu plusieurs décorations et travaille avec plusieurs organisations et fondations internationales.

Yaoundé : Les forces de l'ordre envahissent le marché central


Ils entendent obtenir de force, le départ des sauveteurs et autres petits commerçants en raison de la mise en route de la politique d'urbanisation et d'embellissement de la ville de Yaoundé.::Le marché central de Yaoundé est lourdement quadrillé depuis ce matin par une escouade de forces de l'ordre. Il s'agirait d'une instruction du délégué du gouvernement auprès de la communauté urbaine de Yaoundé, déterminé plus que jamais à raser les abords de ce marché régulièrement occupé par des centaines de jeunes et autres petits commerçants exerçant dans l'informel. Le délégué du gouvernement entend ainsi donner un coup d'accélération à sa campagne d'assainissement de la ville de Yaoundé engagé depuis quelques mois. Une politique qui, à l'expérience, s'est illustrée par des casses massives des comptoirs et autres logements de fortune qui lézardent les abords des routes urbaines.Seulement témoignent les petits commerçants, les forces de l'ordre commettent des abus divers lors de ces opérations. Entre les retentions abusives des marchandises, les violences physiques et les harcèlements des clients, les policiers et gendarmes affectés à cette tâche se rendent manifestement coupables de plusieurs abus. A en croire un commerçant " ils cassent et ramassent tout à leur passage sans discernement. Dans les couloirs, ils ramassent même les effets des commerçants régulièrement installés ". Certains clients disent avoir été agressés. "Ils arrachent les marchandises lorque vous n'avez pas de factures parce qu'ils pensent que vous les avez acheter chez les sauveteurs" rapporte un client.Chassés du marché central il y a quelques semaines, les petits commerçants s'étaient vu proposés un recasement provisoire à Tsinga, quartier situé hors du centre de la ville de Yaoundé. Seulement, si certains commerçants ont décidé de s'y installer, d'autres ont choisi de faire de la résistance. Ils indiquent en effet que le lieu du recasement proposé par les autorités n'est pas propice à l'exercice d'une activité commerciale fructueuse parce qu'étant éloigné du centre de la ville. "Les commerçants refusent de venir à Tsinga parce que c'est très loin et nous, on dépense beaucoup d'argent de taxi pour y aller et on ne vend même pas grand chose. Ensuite, on travaille souvent avec des fournisseurs qui sont restés dans le marché central et nous, on ne peut même plus nous approvionner les clients lorsqu'ils demandent les produits qu'on ne les a pas sur le champs. Il faut alors repartir en ville pour chercher ces produits. Ce sont toutes ces tracasseries qui nous découragent" témoigne un commerçant. En outre a t-on noté, le site proposé serait assez étroit pour accueillir le flot de sauveteurs qui avait coutume de vendre au bord de la route devant le marché central et au niveau de l'avenue Kennedy. Mais les autorités semblent rester sourd pour le moment à ces revendications.Quitte à mettre au chômage des milliers de jeunes qui y trouvaient là un moyen de survie.Visiblement, elles ont décidé de choisir la méthode forte : déguerpir de force ces jeunes qui ont fait du petit commerce leur activité de survie. En attendant peut-être la construction définitive d'un nouveau marché car le site proposé en ce moment est provisoire. L'épreuve de force tourne pour le moment en faveur des forces de l'ordre dont la présence massive sur les lieux suffit à dissuader toute tentative de rébellion.

Cameroun: Koppo, rappeur du ghetto et séducteur de la jeunesse urbaine


Ses chansons hip hop dépouillées de tout conformisme ont littéralement conquis la jeunesse camerounaise


En 2004, un jeune chanteur inconnu fait une entrée fracassante dans la scène musicale camerounaise. Le style inhabituel et le langage décomplexé du rappeur Koppo (Patrice Minko’o Minko’o de son vrai nom) séduit sans coup férir les jeunes camerounais habitués à un hip hop trop formel et souvent convenu. Usant abondamment du « camfranglais », une langue urbaine qui a pignon sur rue, Koppo casse toutes les conventions et s’impose alors comme le nouveau patron du rap en milieu jeune. Ses titres «si tu vois ma go», «confessions», «Emma», «j’en ai marre» et bien d’autres sont repris en chœur par les jeunes, conquis par un hip hop qui leur ressemble et les rassemble. Koppo rafle alors de nombreux prix, caracole au sommet de tous les hit parades et devient une icône incontestée de génération et même au-delà.Né le 16 Janvier 1976 à Yaoundé, Patrice Minko’o Minko’o a fait des études de lettres. Il a aussi appris les arts du spectacle à l’université de Yaoundé I. De policier qu’il avait tenté de devenir en se présentant au concours donnant accès à ce corps de métier, il se tourne vers la scène et le spectacle. Reporter culturel puis assistant cameraman, Koppo fat des petits boulots qui le rapprochent progressivement vers les métiers de l’art. C’est donc découvert par Blick Bassy, ex-chanteur du groupe Macase que Koppo deviendra définitivement musicien. Surtout qu’il se frotte pendant des mois à des artistes musiciens de renom comme Charlotte Dipanda, Ak sang grave, Krotal et Funkiss.


Musicien au sommet de sa popularité, Koppo va organiser un concert à la base Elf à Douala où, près de 15 000 personnes vont se bousculer pour lui réserver un triomphe. Un record d’affluence.Même si depuis 2004, il n’a pas sorti un nouvel album, les jeunes continuent de fredonner avec le même entrain les chansons de son premier album « Je go ». Malgré tout, ses fans attendent avec une certaine impatience son second album qui est annoncé dans les prochains mois. Un album qui, peut-on lire sur son blog, devrait confirmer son ouverture à tous les styles de musique avec des collaborations variées de Petit Pays, Donny Elwood, Anne Marie Nzié, Isnebo du Fadah Kawtal, Katino, 2 Face Idibia. Une belle brochette de stars qui devraient donner encore plus de hauteur à cet album. Un album très attendu qui, s’il apparaît comme un succès, confirmera la stature de star du jeune rappeur.

vendredi 7 août 2009

A cause d'Ali Bongo, le Gabon pourrait sombrer dans une instabilité politique chronique


L'Agence France Presse (AFP) vient de faire état de violents affrontements entre plusieurs gabonais et les forces de l'ordre avec à la clé plusieurs blessés.La raison de l'affrontement étant la démission exigée d'Ali Bongo du gouvernement pour qu'il se présente à l'élection présidentielle à armes égales avec ses concurrents politiques qui ont tous démissionné. Pour les observateurs et autres curieux de la scène politique gabonaise, il ne fait aucun doute que le Gabon , pays longtemps en paix, est en passe de sombrer dangereusement dans une crise politique profonde et durable. Une seule raison à cela ; l'obstination quasi granitique d'Ali Bongo de briguer la magistrature suprême à tout prix. Une obstination qui s'est revelé plusieurs fois depuis la mort du feu président Omar Bongo Ondimba, le 8 Juin dernier à Barcelone en Espagne.
D'abord à l'annonce de la mort de son père, Ali Bongo a fait fermer et rouvrir des frontières. Sans manifestement l'autorisation de sa hiérachie en l'occurence Jean Eyeghe Ndong qui était alors premier ministre. Il tenait ainsi à démontrer à tous qu'il est le nouveau patron du pays.
Autre indice, l'armée a tenté d'intimider Pierre Mamboundou, le leader du principal parti de l'opposition. Un char a été posté à l'entrée du quartier général de sa formation poltique, l'UPG quelques heures après l'annonce officielle de ce décès. Sur les ondes de RFI, Ali Bongo déclarait que c'était l'initiative d'un général qui voulait assurer la sécurité de l'opposant. Le Gabon était-il déjà en guerre ? Pas du tout.
Ensuite et à en croire certains médias crédibles que nous avons lu, Ali Bongo aurait même difficilement accepté que la voie constitutionnelle normale se mettre en branle. La présidente par intérim, "Rose Francine Rogombé aurait d’ailleurs reçu des menaces de mort de la part de certains acteurs politiques" peut-on lire dans le quotidien camerounais "Le Jour" du 25 Juin 2009. Là aussi, difficile de ne pas voir la main du patron des forces de sécurité.
L'on peut enfin relever le climat de suspicion et de doute qui a regné lors de la désignation du candidat du Parti Démocratique Gabonais (PDG). Au lieu de passer par les primaires, le PDG a choisi un mode de désignation "par consensus" où l'on a observé la désignation de Ali Bongo à la grande surprise des barons du parti qui avaient pourtant préséance sur lui dans la hiérarchie du parti. Cette désignation de type dictatoriale a eu pour conséquence, l'explosion du PDG qui est désormais affaibli non seulement parce que les partis de la majorité présidentielle ont quitté la barque du pouvoir, mais, les personnalités de poids comme Casimir Oyé Mba, André Mba Obame, Jean Eyeghe Ndong et bien d'autres ont choisi de faire dissidence.
Tout cela n'aurait pas vraiment d'incidence dans le jugement de la démocratie gabonaise si tous les candidats s'engageaient à combattre à armes égales (tout au moins en n'abusant pas des ressources institutionnelles et administratives du pays) et à respecter le verdict des urnes. Mais, chez Ali Bongo plane depuis toujours un sérieux doute. Pourquoi ne quitte t-il pas le ministère de la Défense? Poste éminemment stratégique qui fait penser à tous qu'il pourrait perpétrer un coup d'Etat comme l'a indiqué le père Paul Mba Abessolè s'il venait à être en difficulté lors du scrutin du 30 Août prochain.
Même si rien ne l'oblige à quitter son poste ainsi que ressasse les autorités et hier encore l'ambassadeur du Gabon au Cameroun, Michel Madoungou ; il y a que, par éthique et décence démocratiques, il aurait pû démissionner pour se donner l'image d'un légaliste et d'un démocrate qui sortira le Gabon d'une quarantaine d'années d'oppression politique.
Il ne fait rien car le sait-il, il ne pourra pas gagner une élection démocratique au Gabon. Flanqué de l'image du fils à papa dont l'élection porterait la marque d'une successionde type monarchique, biafrais supposé ne s'exprimant dans aucune langue locale, n'étant pas Fang, l'ethnie majoritaire du Gabon qui estime que son heure est venue de prendre le pouvoir, Ali Bongo incarne jusqu'à la caricature, l'image même du leader que les gabonais rejettent absolument. D'ailleurs, tous les confrères ou presque qui se sont rendus au Gabon pour y faire des reportages dressent un portrait presque saignant de l'impopularité marquante du candidat du PDG. "Même son père ne l'aurait pas souhaité" a t-on souvent rapporté des propos de certains gabonais.
Les prochains mois pourraient donc être très agités en raison d'un Ali Bongo qui semble prêt à opérer un passage en force par la voie des urnes ou par la voie des armes et aussi à cause d'une population gabonaise qui n'entend pas se laisser faire comme en témoigne ces milliers de gabonais qui sont sortis dans la rue pour dire non à la volonté du candidat du PDG de maintenir son emprise sur les leviers de la force et de la violence dite légitime.
Que ce soit la France ou les pays de la CEMAC, personne n'a d'intérêt à ce qu'une guerre civile ou qu'un génocide éclate au Gabon. La position stratégique de ce pays ne l'autorise pas et un seul homme n'en vaut pas la peine. Surtout lorsqu'il a contre lui presque tous les poids lourds de la scène politique de son pays.
L'Afrique et même la France doit prendre garde à préserver le seul acquis pertinent que l'on peut concéder à Omar Bongo Ondimba : la paix !