jeudi 13 août 2009

Cameroun : Portrait de Adamou Ndam Njoya, Le prince qui voulait le pouvoir!


Aristocrate Bamoun, Adamou Ndam Nyoya (ANN) est l’un des hommes politiques qui compte sur la scène camerounaise.


Il s’en était fallu de peu pour qu’il soit le leader de l’opposition en 2004. Lors de l’élection présidentielle. C’était sans compter avec la détermination de John Fru Ndi, le chairman du Social Democratic Front (SDF) qui quitta brutalement la coalition des partis d’opposition pour faire cavalier seul. Raison invoquée par celui-ci, le candidat Ndam Mjoya n’était pas assez représentatif sur l’échiquier national. Soulevant là l’une des critiques qui a souvent été faite au président de l’Union Démocratique du Cameroun (UDC) : son parti est confiné à son bastion naturel qui est le département du Noun, département d’origine de l’homme politique. Une considération que réfute le prince Bamoun pour qui, « c’est une manière de voir les choses mais sachez qu’avant les élections, on organise les pourcentages que les partis vont avoir ». ANN entend par là que, n’eût été la fraude, son parti aurait un meilleur ancrage national.Né le 8 Mai 1942 à Foumban, ANN connaîtra un brillant parcours scolaire et universitaire à Foumban, Nkongsamba, Yaoundé et en France d’où il revient en 1969, nanti d’un doctorat en droit public international et sciences politiques et d’un diplôme de l’Institut International d’Administration Publique (IIAP). En raison de la proximité de sa famille avec le président Ahidjo qui « dormait chez mon père » révèle t-il, il n’a aucun mal à intégrer le gouvernement. Tout premier directeur de l’Institut des Relations Internationales du Cameroun (IRIC), ANN devient Vice-ministre des affaires étrangères dès 1975 puis ministre de l’Education Nationale entre 1977 et 1980 et enfin ministre délégué à l’Inspection générale de l’Etat et à la Réforme Administrative entre 1980 et 1982. Son passage à l’Education Nationale sera très remarqué. Il va instaurer « la colle ». Un système rigoureux qui ne permettra pas aux élèves de tripler les classes et qui va frapper durement les élèves ayant obtenu une moyenne inférieure à 5. Une sévérité dans le système éducatif qui le rend très populaire mais qui suscite quelques mécontentements jusqu’au cœur du pouvoir.

Pour cette raison ou non, le président Ahmadou Ahidjo le débarque en 1982. Et il n’y reviendra plus. Surtout que Paul Biya deviendra président de la République et qu’il n’aurait pas souvent entretenu de bons rapports avec lui car, rapportent certains observateurs, il défiait l’autorité du premier ministre Paul Biya pour rendre compte directement au président Ahmadou Ahidjo. Limogé, il est remplacé par Ibrahim Mbombo Njoya, actuellement sultan des Bamoun. Est-ce depuis ce temps là que va se nouer le désamour officiel entre les deux hommes ? Pas impossible à croire. En tout cas, la rivalité politique entre le sultan et le prince Bamoun n’échappe plus à personne.En 1991, à la faveur de l’ouverture démocratique, ANN annonce la formation de l’Union Démocratique du Cameroun (UDC). Il fait alors de la décentralisation et du respect des droits des minorités, son principal champ de bataille. Candidat malheureux à l’élection présidentielle de 2004, il a réalisé un score de 4,5 % et a été classé en quatrième position.Universitaire et auteur de plusieurs ouvrages, ANN est actuellement maire de Foumban où sa gestion a souvent été décriée. Certains députés de son parti soutiennent qu’il leur oblige à ponctionner des sommes d’argent sur leurs salaires et autres dotations de l’assemblée nationale. Lui pense que tous les militants doivent contribuer au financement du parti.Au moment où s’annonce l’élection présidentielle de 2011, ANN annonce que son parti désignera un candidat le moment venu et refuse de croire qu’il est le candidat naturel de ce parti vu que « le parti ne se réduit pas à Ndam Mjoya ». Chevalier de l’ordre de la valeur, Adamou Ndam Njoya a reçu plusieurs décorations et travaille avec plusieurs organisations et fondations internationales.

Yaoundé : Les forces de l'ordre envahissent le marché central


Ils entendent obtenir de force, le départ des sauveteurs et autres petits commerçants en raison de la mise en route de la politique d'urbanisation et d'embellissement de la ville de Yaoundé.::Le marché central de Yaoundé est lourdement quadrillé depuis ce matin par une escouade de forces de l'ordre. Il s'agirait d'une instruction du délégué du gouvernement auprès de la communauté urbaine de Yaoundé, déterminé plus que jamais à raser les abords de ce marché régulièrement occupé par des centaines de jeunes et autres petits commerçants exerçant dans l'informel. Le délégué du gouvernement entend ainsi donner un coup d'accélération à sa campagne d'assainissement de la ville de Yaoundé engagé depuis quelques mois. Une politique qui, à l'expérience, s'est illustrée par des casses massives des comptoirs et autres logements de fortune qui lézardent les abords des routes urbaines.Seulement témoignent les petits commerçants, les forces de l'ordre commettent des abus divers lors de ces opérations. Entre les retentions abusives des marchandises, les violences physiques et les harcèlements des clients, les policiers et gendarmes affectés à cette tâche se rendent manifestement coupables de plusieurs abus. A en croire un commerçant " ils cassent et ramassent tout à leur passage sans discernement. Dans les couloirs, ils ramassent même les effets des commerçants régulièrement installés ". Certains clients disent avoir été agressés. "Ils arrachent les marchandises lorque vous n'avez pas de factures parce qu'ils pensent que vous les avez acheter chez les sauveteurs" rapporte un client.Chassés du marché central il y a quelques semaines, les petits commerçants s'étaient vu proposés un recasement provisoire à Tsinga, quartier situé hors du centre de la ville de Yaoundé. Seulement, si certains commerçants ont décidé de s'y installer, d'autres ont choisi de faire de la résistance. Ils indiquent en effet que le lieu du recasement proposé par les autorités n'est pas propice à l'exercice d'une activité commerciale fructueuse parce qu'étant éloigné du centre de la ville. "Les commerçants refusent de venir à Tsinga parce que c'est très loin et nous, on dépense beaucoup d'argent de taxi pour y aller et on ne vend même pas grand chose. Ensuite, on travaille souvent avec des fournisseurs qui sont restés dans le marché central et nous, on ne peut même plus nous approvionner les clients lorsqu'ils demandent les produits qu'on ne les a pas sur le champs. Il faut alors repartir en ville pour chercher ces produits. Ce sont toutes ces tracasseries qui nous découragent" témoigne un commerçant. En outre a t-on noté, le site proposé serait assez étroit pour accueillir le flot de sauveteurs qui avait coutume de vendre au bord de la route devant le marché central et au niveau de l'avenue Kennedy. Mais les autorités semblent rester sourd pour le moment à ces revendications.Quitte à mettre au chômage des milliers de jeunes qui y trouvaient là un moyen de survie.Visiblement, elles ont décidé de choisir la méthode forte : déguerpir de force ces jeunes qui ont fait du petit commerce leur activité de survie. En attendant peut-être la construction définitive d'un nouveau marché car le site proposé en ce moment est provisoire. L'épreuve de force tourne pour le moment en faveur des forces de l'ordre dont la présence massive sur les lieux suffit à dissuader toute tentative de rébellion.

Cameroun: Koppo, rappeur du ghetto et séducteur de la jeunesse urbaine


Ses chansons hip hop dépouillées de tout conformisme ont littéralement conquis la jeunesse camerounaise


En 2004, un jeune chanteur inconnu fait une entrée fracassante dans la scène musicale camerounaise. Le style inhabituel et le langage décomplexé du rappeur Koppo (Patrice Minko’o Minko’o de son vrai nom) séduit sans coup férir les jeunes camerounais habitués à un hip hop trop formel et souvent convenu. Usant abondamment du « camfranglais », une langue urbaine qui a pignon sur rue, Koppo casse toutes les conventions et s’impose alors comme le nouveau patron du rap en milieu jeune. Ses titres «si tu vois ma go», «confessions», «Emma», «j’en ai marre» et bien d’autres sont repris en chœur par les jeunes, conquis par un hip hop qui leur ressemble et les rassemble. Koppo rafle alors de nombreux prix, caracole au sommet de tous les hit parades et devient une icône incontestée de génération et même au-delà.Né le 16 Janvier 1976 à Yaoundé, Patrice Minko’o Minko’o a fait des études de lettres. Il a aussi appris les arts du spectacle à l’université de Yaoundé I. De policier qu’il avait tenté de devenir en se présentant au concours donnant accès à ce corps de métier, il se tourne vers la scène et le spectacle. Reporter culturel puis assistant cameraman, Koppo fat des petits boulots qui le rapprochent progressivement vers les métiers de l’art. C’est donc découvert par Blick Bassy, ex-chanteur du groupe Macase que Koppo deviendra définitivement musicien. Surtout qu’il se frotte pendant des mois à des artistes musiciens de renom comme Charlotte Dipanda, Ak sang grave, Krotal et Funkiss.


Musicien au sommet de sa popularité, Koppo va organiser un concert à la base Elf à Douala où, près de 15 000 personnes vont se bousculer pour lui réserver un triomphe. Un record d’affluence.Même si depuis 2004, il n’a pas sorti un nouvel album, les jeunes continuent de fredonner avec le même entrain les chansons de son premier album « Je go ». Malgré tout, ses fans attendent avec une certaine impatience son second album qui est annoncé dans les prochains mois. Un album qui, peut-on lire sur son blog, devrait confirmer son ouverture à tous les styles de musique avec des collaborations variées de Petit Pays, Donny Elwood, Anne Marie Nzié, Isnebo du Fadah Kawtal, Katino, 2 Face Idibia. Une belle brochette de stars qui devraient donner encore plus de hauteur à cet album. Un album très attendu qui, s’il apparaît comme un succès, confirmera la stature de star du jeune rappeur.

vendredi 7 août 2009

A cause d'Ali Bongo, le Gabon pourrait sombrer dans une instabilité politique chronique


L'Agence France Presse (AFP) vient de faire état de violents affrontements entre plusieurs gabonais et les forces de l'ordre avec à la clé plusieurs blessés.La raison de l'affrontement étant la démission exigée d'Ali Bongo du gouvernement pour qu'il se présente à l'élection présidentielle à armes égales avec ses concurrents politiques qui ont tous démissionné. Pour les observateurs et autres curieux de la scène politique gabonaise, il ne fait aucun doute que le Gabon , pays longtemps en paix, est en passe de sombrer dangereusement dans une crise politique profonde et durable. Une seule raison à cela ; l'obstination quasi granitique d'Ali Bongo de briguer la magistrature suprême à tout prix. Une obstination qui s'est revelé plusieurs fois depuis la mort du feu président Omar Bongo Ondimba, le 8 Juin dernier à Barcelone en Espagne.
D'abord à l'annonce de la mort de son père, Ali Bongo a fait fermer et rouvrir des frontières. Sans manifestement l'autorisation de sa hiérachie en l'occurence Jean Eyeghe Ndong qui était alors premier ministre. Il tenait ainsi à démontrer à tous qu'il est le nouveau patron du pays.
Autre indice, l'armée a tenté d'intimider Pierre Mamboundou, le leader du principal parti de l'opposition. Un char a été posté à l'entrée du quartier général de sa formation poltique, l'UPG quelques heures après l'annonce officielle de ce décès. Sur les ondes de RFI, Ali Bongo déclarait que c'était l'initiative d'un général qui voulait assurer la sécurité de l'opposant. Le Gabon était-il déjà en guerre ? Pas du tout.
Ensuite et à en croire certains médias crédibles que nous avons lu, Ali Bongo aurait même difficilement accepté que la voie constitutionnelle normale se mettre en branle. La présidente par intérim, "Rose Francine Rogombé aurait d’ailleurs reçu des menaces de mort de la part de certains acteurs politiques" peut-on lire dans le quotidien camerounais "Le Jour" du 25 Juin 2009. Là aussi, difficile de ne pas voir la main du patron des forces de sécurité.
L'on peut enfin relever le climat de suspicion et de doute qui a regné lors de la désignation du candidat du Parti Démocratique Gabonais (PDG). Au lieu de passer par les primaires, le PDG a choisi un mode de désignation "par consensus" où l'on a observé la désignation de Ali Bongo à la grande surprise des barons du parti qui avaient pourtant préséance sur lui dans la hiérarchie du parti. Cette désignation de type dictatoriale a eu pour conséquence, l'explosion du PDG qui est désormais affaibli non seulement parce que les partis de la majorité présidentielle ont quitté la barque du pouvoir, mais, les personnalités de poids comme Casimir Oyé Mba, André Mba Obame, Jean Eyeghe Ndong et bien d'autres ont choisi de faire dissidence.
Tout cela n'aurait pas vraiment d'incidence dans le jugement de la démocratie gabonaise si tous les candidats s'engageaient à combattre à armes égales (tout au moins en n'abusant pas des ressources institutionnelles et administratives du pays) et à respecter le verdict des urnes. Mais, chez Ali Bongo plane depuis toujours un sérieux doute. Pourquoi ne quitte t-il pas le ministère de la Défense? Poste éminemment stratégique qui fait penser à tous qu'il pourrait perpétrer un coup d'Etat comme l'a indiqué le père Paul Mba Abessolè s'il venait à être en difficulté lors du scrutin du 30 Août prochain.
Même si rien ne l'oblige à quitter son poste ainsi que ressasse les autorités et hier encore l'ambassadeur du Gabon au Cameroun, Michel Madoungou ; il y a que, par éthique et décence démocratiques, il aurait pû démissionner pour se donner l'image d'un légaliste et d'un démocrate qui sortira le Gabon d'une quarantaine d'années d'oppression politique.
Il ne fait rien car le sait-il, il ne pourra pas gagner une élection démocratique au Gabon. Flanqué de l'image du fils à papa dont l'élection porterait la marque d'une successionde type monarchique, biafrais supposé ne s'exprimant dans aucune langue locale, n'étant pas Fang, l'ethnie majoritaire du Gabon qui estime que son heure est venue de prendre le pouvoir, Ali Bongo incarne jusqu'à la caricature, l'image même du leader que les gabonais rejettent absolument. D'ailleurs, tous les confrères ou presque qui se sont rendus au Gabon pour y faire des reportages dressent un portrait presque saignant de l'impopularité marquante du candidat du PDG. "Même son père ne l'aurait pas souhaité" a t-on souvent rapporté des propos de certains gabonais.
Les prochains mois pourraient donc être très agités en raison d'un Ali Bongo qui semble prêt à opérer un passage en force par la voie des urnes ou par la voie des armes et aussi à cause d'une population gabonaise qui n'entend pas se laisser faire comme en témoigne ces milliers de gabonais qui sont sortis dans la rue pour dire non à la volonté du candidat du PDG de maintenir son emprise sur les leviers de la force et de la violence dite légitime.
Que ce soit la France ou les pays de la CEMAC, personne n'a d'intérêt à ce qu'une guerre civile ou qu'un génocide éclate au Gabon. La position stratégique de ce pays ne l'autorise pas et un seul homme n'en vaut pas la peine. Surtout lorsqu'il a contre lui presque tous les poids lourds de la scène politique de son pays.
L'Afrique et même la France doit prendre garde à préserver le seul acquis pertinent que l'on peut concéder à Omar Bongo Ondimba : la paix !

mardi 30 juin 2009

Remanient ministériel au Cameroun, le premier ministre viré


Reçu le Vendredi 26 Juin 2009 pour 3 heures d'échanges avec le président de la République, Paul Biya, le désormais ancien premier ministre Ephraïm Inoni, d'après divers témoignages est ressorti du palais présidentiel presque éffondré. Le Samedi 27 Juin 2009, M. Simon Achidi Achu, personnailté très respectée dans la région anglophone du Cameroun (d'où sont issus les premiers ministres camerounais) aurait formulé des propositions au chef de l'Etat. Vraisemblablement, c'est Philémon Yang, ancien magistrat et ancien Haut commaire du Cameroun au Canada, qui a retenu les faveurs du chef de l'Etat camerounais. Il vient en tout cas d'être nommé premier ministre, chef du gouvernement camerounais dans un décret présidentiel signé ce mardi 30 Juin 2009. En remplacement du premier ministre Inoni Ephraïm qui est plus que jamais dans le viseur de l'actualité et des chroniqueurs de l'actualité judiciaire.
Régulièrement cité dans "l'affaire Albatros", cette affaire dans laquelle plusieurs collaborateurs du chef de l'Etat auraient été impliqués et qui a consisté en l'achat d'un avion-pacotille qui a failli coûté la vie au chef de l'Etat, et qui a déjà conduit certains anciens hauts responsables en prison, l'ancien premier ministre Inoni Ephraïm y aurait été mêlé. Plusieurs médias camerounais ont même d'ailleurs rapporté à maintes reprises qu'il avait été auditionné par la police. Cependant, la difficulté des enquêteurs poivait être réel si l'on considère la haute fonction qu'occupait Inoni Ephraïm. Désormais, il devient plus que jamais justiciable et pourrait donc répondre de ses actes devant les forces de l'ordre et la justice dans les prochains jours.
Quand au nouveau chef du gouvernement, YANG Philémon, c'est une personnalité bien connue.

YANG Philémon

Titulaire d’une licence en Droit obtenue à l’Université de Yaoundé, Yang Philémon qui quitte le secratariat général adjoint de la présidence de la République a connu une ascension remarquable. Magistrat diplômé de l’Ecole Nationale d’Administration et de Magistrature (Enam), il est nommé, en Janvier 1975, au parquet de la Cour d'Appel de Buéa où il va officier comme procureur. Juste le temps de se familiariser avec les prétoires où il passe à peine 6 mois. Il est ensuite propulsé au gouvernement le 30 Juin 1975. Il devient alors vice-ministre de l'Administration territoriale. Trois ans plus tard, le 2 Mai 1978, il est nommé Ministre de l’Elevage et des Industries animales. Il y restera jusqu’au 4 Février 1984, date à laquelle il quitte le gouvernement. Après près de 8 mois de passage à vide, il fait ses valises pour le Canada le 23 Octobre 1984, date à laquelle il est nommé haut commissaire du Cameroun dans ce pays de l’Amérique du Nord. Il passe en effet 20 ans à ce poste dont 10 ans en tant que doyen du corps diplomatique accrédité au Canada. En 1999, alors qu’il est haut commissaire du Cameroun dans ce pays, Paul Biya, chef de l’Etat, va se décommander d’une rencontre avec la communauté camerounaise, alors que celle-ci s’était pliée en quatre pour le recevoir et lui exprimer ses doléances. C’était lors du sommet de la Francophonie qu’avait accueilli le Canada cette année là. L’on aurait pu considérer cela comme un désaveu de la part du chef de l’Etat. Faux. En décembre 2004, Yang Philémon rentre au Cameroun par la grande porte. Il est nommé secrétaire général adjoint à la présidence de la République. Depuis lors, il n’a pas quitté les couloirs feutrés de la présidence où l’on le retrouve parfois dans les délégations retreintes du président Paul Biya pendant ses séjours à l’Etranger. Une position éminemment privilégiée.

Les nouveaux responsables du gouvernement :

Premier ministre, chef du gouvernement : M. YANG Philémon
Ministre d'Etat, ministre des transports : M. BELLO BOUBA MAÏGARI
Ministre délégué à la présidence chargé de la Défense : M. MEBE NGO'O Edgar Alain
Minitre des Postes et Télécommunications : M. BIYITI BI ESSAM Jean Pierre
Ministre des Domaines et des Affaires Foncières : M. Jean Baptiste BELEOKEN
Ministre de la Communication : M. ISSA TCHIROMA BAKARY
Ministre des Affaires sociales et de la famille : Mme ABENA ONDOA Née OBAMA Marie Thérèse
Ministre de l'Education de Base : Mme YOUSSOUF née ADIDJA ALIM
Ministre de l'Eau et Energie: NGAKO TOMDIO Michael
Ministre de Sports et de l'Education physique : M. ZOAH Michel
Ministre délégué au Ministère de l'Agriculture et du Développement Rural : Mme ANANGA MESSINA née BEYENE Clémentine Antoinette
Secrétaire d'Etat au Ministère des Enseignements Secondaires : M. MOULOUNA FOUTSOU
Secrétaire généraux adjojnts à la Présidence de la République: MM. AGBOR TABI et FOUDA Séraphin Magloire
Conseiller spécial à la présidence de la Républqiue : SINDJOUN Luc
Ministre chargé des misssions : M. SADI René
Directeur du cabinet civil à la présidence de la Républqiue : BELINGA EBOUTOU Martin
Ambassadeurs itinérants : MM. OYONO Ferdinand Léopold et MAIKANO ABDOULAYE
Chargé des missions à la présidence de la République : M. BILE BIDJANG Martin

Le reste sans changement

jeudi 4 juin 2009

Cameroun ; Forces de l’ordre, autorités universitaires et étudiants sur le pied de guerre à l’Université de Yaoundé I


Depuis plusieurs semaines, c’est une ambiance survoltée qui se vit sur le campus de l’université de Yaoundé I. Des centaines d’étudiants en furie veulent en découdre avec les autorités de l’université de Yaoundé I à qui ils réclament le paiement de leurs primes de participation aux jeux universitaires. En effet, avant et pendant les jeux universitaires du Cameroun qui ont eu lieu du 3 au 10 Mai 2009, des étudiants répartis dans plusieurs commissions (protocole et parade) se sont durement entraînés et ont offert des prestations diverses pour le compte de l’université de Yaoundé I. Sous le soleil comme sous la pluie tiennent à rappeler les étudiants, ils se sont dépensés avec l’espoir de recevoir les primes de participation. Seulement, plus d’un mois après la tenue de l’événement, certains étudiants n’avaient pas toujours reçu leurs primes. Ce qui a entraîné l’organisation d’un sit-in le 27 Mai 2009 par les étudiants devant le rectorat. A l’occasion, apprend-on de source autorisée, le recteur de l’université avait promis de régulariser la situation au plus tard le 3 Juin 2009. C’est ainsi qu’à cette dernière date, les responsables universitaires ont engagé le paiement desdites primes. Un partage injuste du goût de certains étudiants. Puisque, les étudiants de la commission protocole percevront 15 000 Francs alors qu’il sera proposé 7 000 Francs à ceux de la commission parade. Ces derniers qui ne comprennent pas cette « injustice » décident alors d’exprimer leurs mécontentement. La montée d’adrénaline aura alors lieu hier lorsque, lassé de revendiquer pacifiquement (25 000 francs par étudiant comme on pouvait le lire sur certaines pancartes), une centaine d’étudiants a entrepris de séquestrer le Recteur de l’université de Yaoundé I dans ses bureaux. Des barricades ont été ainsi érigés devant toutes les portes de sortie du rectorat. Obligeant le recteur à rester dans son bureau jusqu’à 5 heures du matin. Face à la tournure des événements, les responsables de l’université vont faire appel aux forces de l’ordre qui, dès cette matinée du 4 juin 2009, vont quadriller le campus.
Même si à ce jour, la tension a baissé sur le campus, les étudiants promettent de sonner à nouveau la charge si tant est que le problème est loin d’avoir été résolu. Non seulement, les étudiants de la commission parade des jeux universitaires de l’université de Yaoundé I n’entendent pas céder face aux méthodes soviétiques du recteur, mais ils dénoncent aussi la liste de leurs camarades de la commission parade qui a été dressé par les responsables universitaires. Une liste qui comprendrait 900 personnes et qui pourtant ne serait pas autant pourvu en « paradiens ». Ce qui amène déjà quelques uns à penser qu’elle a été grossie par certains responsables qui entendent détourner une partie de l’argent. Une affaire à suivre en tout cas.

samedi 9 mai 2009

La filière sylvicole victime de la crise financière internationale


::Koaci.com Yaoundé:: La crise a aussi touché de plein fouet la filière bois au Cameroun::

Au rebours de toutes les analyses optimistes qui prédisaient que le Cameroun serait épargné par la crise financière internationale, plusieurs secteurs de l’économie camerounaise sont frappés de plein fouet.

C’est notamment le cas de la filière sylvicole (du bois précisément) qui a enregistré une baisse drastique de ses exportations. Une situation que, André Ngouabou, le chef de terminal à bois au Port Autonome de Douala justifie en ces termes : « parce que la crise touchait d’abord le domaine du logement, le bois a été le secteur du bois a été le premier secteur touché ». Au Port de Douala, l’impact de la crise se mesure au rythme des camions de bois qui y entrent. Avant la crise, fait savoir André Ngouabou, le nombre moyen de camions entrant au terminal était de 90 camions par jour. Ce rythme a quasiment baissé de moitié.
Roger Nkodo Dang, observateur de l’Organisation Internationale des Bois Tropicaux (OIBT), explique quant à lui cette baisse d’activité par le fait que le Cameroun avait deux grands clients à savoir la Chine et les Etats-Unis. « La Chine n’achète plus depuis la fin des constructions des stades dédiés aux Jeux Olympiques. Aux Etats-Unis, l’immobilier n’est plus prospère » souligne t-il. Conséquence de cette chute des ventes à l’exportation, « 1600 ouvriers sont déjà licenciés et près de 2400 mis en chômage technique à cause de la fermeture des usines et des chantiers d’exploitation ; les prix de vente de certains débités phares ont baissé de 8,29% ; la demande du marché extérieur a connu une baisse comprise entre 25 et 35% ; le chiffre d’affaires des entreprises forestières a baissé de 20 à 35% ; certaines commandes en cours d’exécution ont été annulés » selon le ministre des Forêts et de la Faune, Elvis Ngollè Ngollè, qui s’est récemment confié au quotidien gouvernemental "Cameroon Tribune".

Face à la crise qui frappe ainsi la filière sylvicole, le gouvernement n’entend pas rester les bras croisés. Le ministre Elvis Ngollè Ngollè annonce ainsi une batterie de mesures parmi lesquels : la suppression des cautions bancaires pour les sociétés éligibles à la DGE (Dotation Globale d’Equipement), la révision des valeurs FOB des essences, le réaménagement et la baisse de la RFA, le transfert de la taxe entrée usine vers un droit de sortie et bien d’autres.

Toutes mesures que les observateurs les plus optimistes jugent avec prudence ; l’économie du bois camerounais étant fortement extraverti et donc lié à la conjoncture internationale. Pour les observateurs comme Roger Nkodo Dang, il n’y aura pas de reprise véritable dans la filière sylvicole avant l’année 2012. Dans l’espoir bien sûr que, d’ici là, les économies des partenaires commerciaux du Cameroun vont retrouver une nouvelle embellie.