mardi 6 janvier 2009

Foly Dirane: Une vie au service de la jeunesse camerounaise

Animateur vedette de télévision, il a vu sortir de "son moule" nombreux talents


Foly Dirane

Il voulait devenir avocat. Mais, avec les observations d’un «aîné», il fait le constat que l’éloquence et la persuasion d’un avocat ne suffisent pas à gagner une procédure judiciaire dans un tribunal. « Il faut monnayer » lui dit alors cet aîné. Aux portes du Diplôme d’Etudes Universitaires Générales (DEUG) en Droit, il lâche prise. Son rêve s’effondre. C’est désormais vers l’enseignement qu’il se tourne. C’est sans doute l’envie de toujours partager son expérience avec la jeunesse qui l’y pousse. Il enseigne donc à Sainte Beuve à Bagangté et à l’Integ à Douala. Parallèlement, il est animateur en free-lance. C’est d’ailleurs au cours de l’une de ses prestations en tant qu’animateur qu’il fait la rencontre de Eric Chinje, journaliste émérite à la Cameroon Radio and Television (Crtv) qui lui demande s’il souhaite travailler à la Crtv. C’est ainsi qu’il fait son entrée en 1987 à la télévision nationale où son talent d’animateur se révèle au grand public.


Animateur Vedette
"Dance Cameroon Dance" est sans aucun doute l’émission qui lui a ouvert les portes de la célébrité. L’émission de 30 minutes est un concours de danse opposant 3 couples et arbitré par un jury composé de 3 membres. Si la vulgarisation des danses camerounaises et étrangères est l’idée de fond qui sous-tend la création de l’émission, la Crtv découvre un animateur au talent certain. Fait exceptionnel, il se voit confié en moins de 3 mois, 3 émissions d’animation. En plus de Dance Cameroon Dance, il anime désormais Cocktail aux Décibels et Inter-collèges. Avec du succès au rendez-vous. Au grand regret de ses détracteurs, celui qui est directeur général de la Crtv d’alors, Gervais Mendo Ze le désigne présentateur de l’émission V comme Vedette. C’est d’ailleurs à lui qu’on doit le nom de l’émission. A « Vedettes de la musique » qui était proposé comme titre de l’émission, il substitue « V comme Vedette ». Un choix qui remporte l’adhésion des principaux responsables de la structure. Son style, son tempérament, sa personnalité aux antennes séduisent indéniablement. Son talent et sa renommée finissent par dépasser les frontières de la Crtv et du triangle national. Il reçoit l’épi d’or d’animation en 1990 et le prix de l’Excellence Africaine en 1994. L’année suivante, il est fait Baobab de la communication.

Il accumule les sollicitations de sa hiérarchie qui a trouvé en lui, la perle rare de l’animation. Music Train, Grand Sport, Le Quizz du Succès, Tam-Tam Week-end, Le Millionnaire et Nous Nous King sont quelques programmes qu’il rencontre sur le chemin de son ascension professionnel. Il rafle la mise. A l’émission Délire, il s’impose comme l’indéboulonnable patron. Tant et si bien que son visage et sa voix semblent désormais liés à ce programme de variétés musicales de 60 minutes qu’il anime sans relâche depuis 17 ans. C’est dans cette dernière émission qu’il participe activement à la formation de plusieurs jeunes qui font encore aujourd’hui, les belles heures de l’art et des médias.

Je m’occupe avec joie de ceux qui vont gouverner demain
Foly Dirane


Jeune dans l’âme, il a longtemps œuvré aux côtés de la jeunesse de son pays. Après avoir enseigné et partagé ses connaissances avec certains élèves des villes de Banganté et Douala, Foly Dirane n’a jamais manqué une occasion de promouvoir les jeunes. Dans l’émission V comme Vedette, lors d’une édition, il crée un intermède pour donner sa chance à Ntu Finga alors totalement inconnu. Ce dernier se révèlera plus tard comme l’un des humoristes les plus connus et sollicités du Cameroun. C’est surtout dans l’émission Délire qui va se produire une trentaine de jeunes qui s’expriment à ce jour sur la scène nationale et internationale. Pasticheurs entraînés et sélectionnés par Foly Dirane, plusieurs jeunes incarnent à grand renfort de chorégraphies souvent originales, leurs stars préférées de la chanson. Foly les encourage à créer leurs propres œuvres en leur inculquant des valeurs de discipline artistique, de présence scénique et de perfection du Play back. De cette « école » sortiront plusieurs noms de la chanson camerounaise parmi lesquels, Jacky Biho (qui devient plus tard son épouse), Kris Badd, Guy Manu, Junior Sengard, Ange Bagnia, Claisse Valéry, Soul, Eric Marlou. C’est aussi le cas des groupes de Ragga, Dirane Posse, Union Force, Natural Dc, Apolypse et bien d’autres. Délire est aussi l’occasion pour Foly de mettre sur pied un groupe de jeune extrêmement soudé dont le concours est indispensable pour la préparation et l’enregistrement de l’émission. Il s’agit des Mercenaires Rouges à qui Foly enseigne les rudiments de l’animation tout en leur inculquant un sens aigu des responsabilités, de l’organisation et de la discipline. Parmi ces Mercenaires Rouges, il y a eu Marc Onana, Jean Olivier Owona (J.O.O), Gervais Meyomesse (Gervy), Manga Lazare, Achille Bindzi, Cyrille Ottou, Marc Onana. Picksso Black et Serges Eyezoa sont quelques autres figures de l’espace médiatique qui doivent sans aucun doute, une certaine reconnaissance à Tafen Adrien. Mais, globalement, c’est dans le milieu musical qu’il a beaucoup œuvré. « Je compte une trentaine d’artistes qui ont sorti au moins un album » se satisfait Foly Dirane qui se demande aussi si « même la grande Star Académie » en a fait autant. Ashley Stéphanie, la nouvelle « bombe » de la musique camerounaise et Nadine Patricia Mengue, animatrice à 3A Télésud en France sont également quelques unes de ses fiertés. C’est en effet grâce à Foly Dirane que Nadine Patricia a pu, pour la toute première fois, parler sur les micros de la FM 94.


Kris Bad et June, révélation de l'émission "Délire"

Ennemi de la "pédérastie sectaire"

Foly Dirane s’est en tout cas illustré comme un formateur des jeunes. « Je m’occupe de ceux qui vont gouverner le Cameroun demain » confie avec joie Foly Dirane. Pour lui, cet investissement mérite une reconnaissance de l’Etat. « Je ne veux pas de postes. J’espère juste qu’on va m’appuyer dans ce que je fais et organiser une cérémonie en l’honneur de ce que j’ai fait pour la jeunesse de mon pays » fait-il savoir.

Il se passe rarement une édition de l’émission Délire sans que Foly Dirane ne mette en garde les jeunes contre une forme d’homosexualité qui a cours au Cameroun. « Vous devez savoir qu’au Cameroun, ce n’est pas vraiment l’homosexualité telle qu’elle se vit en Europe. C’est l’homosexualité alimentaire. C’est ce que j’appelle la pédérastie sectaire » explique ce pourfendeur de la pratique homosexuelle. Son combat est, dit-il, d’abord motivé par le respect de la loi. Il n’hésite pas à brandir une ordonnance (article 348 bis du code pénal) signé de l’ère du président Ahmadou Ahidjo qui interdit cette pratique. L’autre argument qu’il oppose à cette pratique, c’est qu’elle est imposée comme condition sine qua non par des groupes magico-sectaires aux jeunes pour réussir dans la société. « Il s’agit d’une secte qui a choisi comme moyen de domination, l’homosexualité. Cette secte a de l’argent et du pouvoir et elle veut obliger tous les jeunes camerounais à y entrer » explique t-il. Ce que Foly Dirane redoute le plus, c’est la médiocrité régnante qui tend à s’imposer avec cette pratique. Des personnes médiocres sont propulsées à des postes de responsabilité « par la voie annale » dénonce t-il. « Ces gens là combattent tous ceux qui sont en dessous d’eux et qui sont pourtant plus compétents » déclare t-il. Foly Dirane ne manque jamais une occasion de déterrer la hache de guerre contre « la pédérastie sectaire ». En 2001, dans sa chanson Les Mouches, il fustige la pratique. Plus grave, il provoque un véritable tollé dans la salle du Hilton Hôtel, lors d’une cérémonie de remise des prix par l’association Camer Foundation. Devant un parterre de diplomates et de hautes personnalités de la République, il prononce cette phrase choc et mémorable : « L’anusocratie ne doit pas prendre le pas sur la méritocratie ». Une véritable déclaration de guerre qui ne lui a pas valu beaucoup d’amitiés. Mais, l’homme est resté ferme et déterminé.

Foly Dirane

Musicien, comédien, scénariste et réalisateur

S’il est beaucoup plus connu comme animateur télé, Foly Dirane endosse plusieurs casquettes. Musicien, il a commis 3 albums : Différences en 1988, Crise de Foly en 1998 et Yéyé Yo en 2002. Fruits d’un travail littéraire profond, ses chansons s’illustrent par un alignement de rimes qui rendent agréables ses textes et leur donnent une tonalité assez originale. Ce qui ne dilue en rien le sens et la profondeur de ses messages. Dans La Fille du Saré, il démontre que l’une des caractéristiques des femmes du Nord Cameroun est leur attachement aux bijoux. Musicien engagé, il dénonce abondamment dans ses chances, des maux aussi variés que l’exploitation abusive des ressources forestières (Forêts aux abois), l’homosexualité (Les Mouches), la corruption (La Magouille). Il dédie cette dernière chanson à Garga Haman Adji qualifié de « chasseur de baleines » pour avoir mené un combat contre les actes de corruption dans les hautes sphères de l’Etat
Foly Dirane a aussi fait des classes dans la comédie. En fait, il s’agit là d’une passion qui date de 1979. Une passion qui s’est déclenchée dans une salle de cinéma. Au soir de sa décision de renoncer au métier d’avocat, il visionne le film « Grease », comédie musicale dont l’acteur principal est John Travolta. Profondément marqué par le film, il décide d’embrasser la carrière de scénariste. Il écrit alors Makossa Fever, scénario resté dans les tiroirs depuis sa gestation. Il est aussi scénariste et réalisateur de Amour amère, un feuilleton de 4 épisodes de 26 minutes chacun. « La diffusion de ce feuilleton dépend de l’Unesco » précise Foly Dirane. En ce moment, il travaille sur un autre feuilleton intitulé Pratiques Mystiques dont 13 épisodes de 26 minutes ont été entièrement rédigés. Il compte dans ses tiroirs pas moins de cinq scénarii en attente de diffusion. Si ces scénarii ne sont pas diffusés, ce n’est certainement pas parce qu’ils manquent de consistance. D’ailleurs, les prix Westdeutscher Rundfunk de Cologne, Matila en 2000 et 2007 démontrent à suffisance l’immense talent du scénariste.

Entre l’écriture des scénarii, des chansons et l’animation de ses émissions à la Crtv, Foly Dirane continue de promouvoir les jeunes artistes qui se confient à la lui. En attendant bien sûr une consécration à la hauteur du travail accompli pour la jeunesse camerounaise. A coup sûr, Foly Dirane a encore des choses à donner à d’autres jeunes qui se bousculent aux portes de la musique et des médias. Dans l’espoir de devenir comme un certain Kris Badd ou Nadine Patricia dont les noms résonnent désormais bien au-delà du triangle national.

lundi 5 janvier 2009

Ghana: L’exception démocratique !

Dans un continent miné par des crises politiques, l’alternance pacifique survenue au Ghana est un cas d’école en matière démocratique

John Kufuor, ancien président du ghana

John Kufuor vient de rentrer dans l’histoire d’une fort belle manière. Après 2 mandats de quatre ans (2000-2004 et 2004-2008), ainsi que le prévoit la constitution de son pays, le président sortant du Ghana a accepté de céder le pouvoir, sans tenter de réviser la constitution. Un exemple ! Ce d’autant plus que le verrou de la limitation a presque toujours été levé par la plupart des chefs d’Etat du continent, après le vent de la démocratie qui a soufflé sur le continent au début des années 1990. Le fait suffisait déjà à traduire de manière marquante l’exception de ce pays où se sont succédés trois présidents (Jerry Rawlings, John Kufuor et aujourd’hui John Atta Mills) en 24 ans.

Mais au-delà de cet acte salué par la communauté internationale, la tenue de l’élection constituait le volet le plus important pour évaluer de manière décisive si en fin de compte, le Ghana ferait le grand saut démocratique. Au terme d’une élection âprement disputée, les principaux indicateurs qui en ressortent démontrent bien que l’élection aura été démocratique. C’est le cas notamment du score final qui a départagé les candidats du NPP, Nana Akufo-Addo et du NDC (Congrès National Démocratique), John Atta Mills. C’est avec un score de 50,23 % contre 49,77 % que John Atta Mills a remporté l’élection présidentielle. L’écart très serré (0,46%) est l’un des indices qui donne des lettres de créance démocratique à cette élection.

John Atta Mills, président élu
En outre l’attitude du président sortant et des principaux challengers a renforcé l’esprit démocratique de l’élection. Dans son message de vœux de nouvel an à ses compatriotes, John Kufuor a appelé les uns et les autres au respect des résultats des élections. « J'appelle toutes les parties prenantes à se soumettre à l'autorité du président de la commission électorale quand il annoncera les résultats » a-t-il notamment déclaré, indiquant ainsi qu’il ne tenterait pas de remettre en cause une éventuelle victoire de l’opposition.
Nana Akufo-Addo, candidat du parti au pouvoir (Nouveau Parti Patriotique, NPP) et dauphin du président sortant a quand à lui aussi joué une partition respectable dans la musique démocratique de l’élection présidentielle ghanéenne. Il a reconnu sa défaite et félicité son adversaire. Un geste rare tant il est vrai que la contestation des résultats des élections s’est presque imposée comme une étape incontournable dans le processus des élections en Afrique.
Au bout du compte, le Ghana se positionne définitivement comme un pays démocratique, John Kufuor comme un leader respectable et la classe politique ghanéenne comme l’une des plus exemplaires sur le continent. Le Ghana devient donc pour toute l’Afrique, un exemple, une exception démocratique !

mercredi 31 décembre 2008

Yang Philémon: Un magistrat aux destinées de Camair Co

Il est ancien ministre, ancien haut commissaire et actuel secrétaire général adjoint à la présidence de la République

Yang Philémon

Ancien ministre, ancien haut commissaire du Cameroun au Canada, actuel secrétaire général adjoint à la présidence de la République, Yang Philémon va désormais chapeauter le conseil d’administration de la Camair Co.

Parce qu’il est un homme du sérail, sa nomination au poste de président du conseil d’administration de la nouvelle compagnie aérienne Camair Co est tout, sauf une surprise. Actuellement secrétaire général adjoint à la présidence de la République du Cameroun, Yang Yunji Philémon est de ceux dont les noms ont souvent été cités pour devenir premier ministre. D’abord parce qu’il est ressortissant de la région du Nord-Ouest, vivier des « premier ministrables » depuis plus de deux décennies et aussi parce qu’il a le profil de l’emploi.

Yang Philémon

Titulaire d’une licence en Droit obtenue à l’Université de Yaoundé, le tout premier commandant en chef du conseil d’administration de la Camair Co a connu une ascension exaltante. Magistrat diplômé de l’Ecole Nationale d’Administration et de Magistrature (Enam), section magistrature, il est nommé, en Janvier 1975, au parquet de la Cour d'Appel de Buéa où il va officier comme procureur. Juste le temps de se familiariser avec les prétoires où il passe à peine 6 mois. Il est ensuite propulsé au gouvernement le 30 Juin 1975. Il devient alors vice-ministre de l'Administration territoriale. Trois ans plus tard, le 2 Mai 1978, il est nommé Ministre de l’Elevage et des Industries animales. Il y restera jusqu’au 4 Février 1984, date à laquelle il quitte le gouvernement. Après près de 8 mois de passage à vide, il fait ses valises pour le Canada le 23 Octobre 1984, date à laquelle il est nommé ambassadeur du Cameroun dans ce pays de l’Amérique du Nord. Lorsque le Cameroun adhère au Commonwealth, en 1995, la désignation de son titre va subir une modification sémantique : l’« ambassadeur » devient « haut commissaire » du Cameroun au Canada. Mais, cela ne change rien à sa longue carrière diplomatique. Il passe en effet 20 ans à ce poste dont 10 ans en tant que doyen du corps diplomatique accrédité au Canada. En 1999, alors qu’il est haut commissaire du Cameroun dans ce pays, Paul Biya, chef de l’Etat, va se décommander d’une rencontre avec la communauté camerounaise, alors que celle-ci s’était pliée en quatre pour le recevoir et lui exprimer ses doléances. C’était lors du sommet de la Francophonie qu’avait accueilli le Canada en cette année là. L’on aurait pu considérer cela comme un désaveu de la part du chef de l’Etat. Faux. En décembre 2004, Yang Philémon rentre au Cameroun par la grande porte. Il est nommé secrétaire général adjoint à la présidence de la République. Depuis lors, il n’a pas quitté les couloirs feutrés de la présidence où l’on le retrouve parfois dans les délégations retreintes du président Paul Biya pendant ses séjours à l’Etranger. Une position éminemment privilégiée.

A 61 ans, il devient ainsi le président du tout premier conseil d’administration de la Cameroon Airlines Corporation. Un conseil d’administration qui sera constitué de M. Mendouga Paul Alain, représentant du ministère des transports, M. Nguenang Joseph Désiré, représentant du ministère des finances et Mme Ngomo Angeline Florence représentante du ministère du Tourisme.

Flotte de la défunte Camair

La compagnie aérienne Camair Co, créée le 11 Septembre 2006 par décret présidentiel N°2006/293, après l’échec de la défunte compagnie aérienne (Cameoon Airlines), est une société à capital public qui est appelée à remplir plusieurs missions : « l’organisation et l’exploitation des transports aériens réguliers, supplémentaires ou spéciaux, de passagers, de marchandises ou de poste, au moyen de tous aéronefs et par tous autres modes de transport terrestre ou maritime qui pourraient être nécessaires pour assurer l’exploitation desdits services, et généralement toute activité de transport aérien ; l’achat, l’affrètement et la location de tous matériels et de toutes fournitures afférentes à l’exploitation des services aériens et à toute activité de transport aérien ; la conclusion de tous accords et l’exécution de toutes opérations commerciales et financières utiles à la réalisation de son objet social ; et généralement, toutes les opérations commerciales, industrielles, mobilières, immobilières et financières qui se rattachent, directement ou indirectement, aux missions définies ci-dessus ou de nature à favoriser leur développement».
La Cameroon airlines corporation (CAMAIR-CO), la nouvelle compagnie nationale de transport aérien, devrait bientôt lancer ses activités avec une flotte de 4 aéronefs. L’Etat camerounais pourrait alors céder 51% des parts à des opérateurs privés.

vendredi 26 décembre 2008

ELECAM : Paul Biya rattrapé par les délais

Le chef de l’Etat a moins d’une semaine pour désigner les membres de la commission électorale


C’est une course contre la montre qu’effectue en ce moment le président camerounais pour la finalisation de la mise en place définitive de Elections Cameroon (Elecam), la commission électorale qui va désormais gérer les opérations électorales au Cameroun. Il est notamment attendu du président de la République qu’il nomme les douze membres du conseil électoral de Elecam avant le 31 Décembre 2008. Un exercice crucial dont les enjeux sont tout simplement historiques. Mais, le temps est court, et il faut faire vite. Un nouveau report pourrait être interprété comme un signe de mauvaise foi de la part du pouvoir de Yaoundé. Surtout que le gouvernement avait déjà formulé, et obtenu, la demande d’un report de 6 mois pour la mise en place de Elecam. C’était lors de la session parlementaire du mois de Mars 2008. Ce qui portait alors à 24 mois, la durée totale accordée au gouvernement pour la mise en place de Elecam. Ce report n’avait pas manqué de susciter des remous dans la classe politique comme dans certaines chancelleries installées à Yaoundé.

Cinq mois plus tard, le 14 Novembre dernier, le chef de l’Etat, Paul Biya a signé les modalités d'application de certaines dispositions de la loi du 29 décembre relative à Elecam. Ces textes fixent le cadre de l'entrée en fonction, de l'exercice du mandat et de la gestion des fonctions des organes dirigeants d'Elecam à savoir le conseil électoral et la direction générale. Ils règlent les relations d'Elecam avec le gouvernement, les administrations de l'Etat, les partis politiques, la société civile et les partenaires publics ou privés. Ils situent enfin la gestion financière d'Elecam et fixe les dispositions transitoires.


La signature de ces textes intervenait comme un signal fort augurant l’avènement imminent de la nomination des membres de Elecam. C’est donc sans aucun doute dans les prochains jours que pourraient intervenir lesdites nominations. Surtout que le chef de l’Etat est pratiquement étranglé par les délais. Mais rien n’est à exclure. Le manque de lisibilité et de traçabilité du travail gouvernemental auquel nous ont souvent habitué les autorités de Yaoundé ne permet pas de rassurer quand au respect des délais fixés (avant le 31 Décembre 2008).
Rien ne dit donc que la prorogation du délai de mise en place de Elecam ne pourrait être de nouveau brandie. Après la terrible agitation qu’avait suscitée l'idée de " progressivité " de mise en place de Elecam et les remous de la classe politique après le report de 6 mois obtenu en Mars dernier. Bien plus, les gages récemment donnés par certains membres du gouvernement dans le cadre du « dialogue politique structuré » avec l’Union Européenne et à la communauté nationale et internationale, n'autorisent aucune défaillance.
L’annonce de la nomination de Elecam reste en tout cas attendue !

mercredi 24 décembre 2008

Infrastructures : Yaoundé a son palais des sports!


Le ministre des sports a réceptionné les clés du palais polyvalent des mains de l'ambassadeur de Chine au Cameroun Huang Changqing

Après 2 ans de construction, le palais polyvalent des sports de Yaoundé, sis au carrefour Warda, et fruit de la coopération sino-camerounaise, est désormais la propriété des autorités Yaoundé. L'ambassadeur de Chine au Cameroun Huang Changqing a remis les clés de ce joyau architectural au ministre des sports et de l’éducation physique (Minsep), Augustin Thierry Edjoa. Et ceci, après que la livraison des travaux ait été reportée au moins deux fois. Prévu pour le mois de Janvier 2008, l’achèvement des travaux et la livraison du palais des sports avait été reporté en raison des difficultés d’acheminement et de dédouanement, au port de Douala, du matériel en provenance de Chine. C’est donc avec un certain soulagement que les officiels camerounais et chinois ont constaté la fin desdits travaux.L’ambassadeur de Chine et le Minsep ont présenté ce palais des sports comme un signe palpable de la coopération entre la Chine et le Cameroun. Le Minsep a déclaré que ce palais des sports est "le fleuron de la coopération sino-camerounaise, un model à pérenniser". Pour sa part, l’ambassadeur Huang Changqing voit en ce palais, « la nouvelle cristallisation de la coopération sino-camerounaise ». Un palais qui a été réalisé, a-t-il indiqué, « grâce aux efforts conjugués des deux peuples chinois et camerounais ». En réceptionnant les clés de ce palais des sports, le Minsep s’est dit heureux d’acquérir ce complexe qui répond aux exigences internationales en matière d’infrastructures sportives. "Grâce à cette structure, le Cameroun sera enfin capable d'abriter des rencontres internationales de volley-ball, de hand- ball, de boxe, basket-ball (...) ceci à l'abri de certaines intempéries" a-t-il notamment déclaré.

« Don » du gouvernement chinois au Cameroun, le palais polyvalent des sports de Yaoundé est un monument d’environ 12.000 mètres carrés qui compte 5.200 places assises. Son coût est évalué à 14,2 milliards de Francs Cfa. Il est construit sur trois étages et peut abriter divers sports de l'intérieur comme la boxe, le volley-ball, le handball, le basket-ball, l'haltérophilie, le judo et le tennis de table. On y retrouve le rez-de-chaussée, avec des salles de jeu et des vestiaires, un parking d’entrée pour près de 250 véhicules. Le dernier niveau est réservé aux différentes salles techniques à usage de conférence, expositions et représentations culturelles.Quand à l’inauguration officielle de ce Palais polyvalent des sports, elle devrait avoir lieu en février 2009.

FECAFOOT : Iya Mohammed, candidat à sa propre succession


Il l’a annoncé lors de l’assemblée générale extraordinaire du Dimanche 21 Décembre dernier

C’est le 24 Mai 2009 qu’aura lieu l’assemblée générale élective de la fédération camerounaise de Football (Fecafoot). Cette date a été communiquée lors d’une assemblée générale extraordinaire (AGE) de l’instance faîtière du football national. AGE tenue le Dimanche 21 Décembre 2008 à l’hôtel Djeuga Palace de Yaoundé. Cette assemblée générale avait justement pour but de fixer la date de renouvellement de l’exécutif de la Fécafoot. A l’unanimité des 183 membres sur 192 présents ou représentés, il a été convenu que c’est le 24 Mai 2009 que va se jouer la succession de Iya Mohamed et son équipe, à la tête de la Fécafoot. Ceci, après le renouvellement des ligues départementales de football qui est prévu du 23 Mars au 5 Avril et le renouvellement des ligues régionales de football qui se tiendra du 6 au 19 Avril 2009.Ce chronogramme de la Fécafoot pose en tout cas un problème : elle se situe en totale violation de l’instruction ministérielle n°406 MINSEP/SG/DNSOS-CJ, relative aux modalités pratiques d’organisation des assemblées générales électives des fédérations sportives civiles nationales. En effet, le Minsep prescrit dans cette instruction que la date butoir pour le renouvellement des organes dirigeants des fédérations sportives civiles nationales est fixée au 31 Décembre 2008. Une instruction dénoncée par plusieurs fédérations parmi lesquelles, la fédération camerounaise d’Athlétisme. C’est donc dans cette lignée « rebelle » que s’inscrit la Fécafoot qui vient de fixer la date du renouvellement de son équipe dirigeante à 5 mois après la date limite arrêtée par le Minsep. Une situation qui augure des lendemains agités entre le Minsep et la Fécafoot dont la cohabitation n’a pas souvent été des plus exemplaires.

En ce qui concerne l’assemblée générale élective de la Fécafoot, les potentiels candidats doivent déclarer leurs candidatures avant le 24 Avril 2008 à 16 heures. Mais l’on sait d’ores et déjà que Iya Mohamed sera candidat à sa succession. Il n’a d’ailleurs pas fait mystère de ses intentions de rempiler à la tête de cette fédération. Après avoir reçu les soutiens des présidents des ligues régionales de Football du Sud Ouest, du Littoral, de l’Ouest et du Centre, il a déclaré que ce sont ces soutiens qui le confortent et le décident à présenter une fois de plus sa candidature à la tête de la Fécafoot afin de continuer à « professionnaliser notre football ». Des sources généralement bien informées annoncent que le président sortant et candidat déclaré Iya Mohammed pourrait avoir deux challengers : Louis Marie Bernard Ondoua, membre du comité exécutif de la Fecafoot depuis une décennie et, un autre candidat qui serait soutenu par le ministre des Sports et l’Education Physique. Lors de l’assemblée générale extraordinaire de Dimanche dernier, Louis Marie Ondoua a effectué une courte apparition de 5 minutes pour démontrer qu’il entend bien « exister » lors de l’assemblée générale élective annoncée. « Les gens doivent comprendre que je suis toujours là » aurait-il déclaré avant de sortir de la salle de travaux de l’Age. Quoiqu’il en soit, les élections s’annoncent houleuses, comme dans bien d’autres fédérations sportives. Mais avant cette échéance capitale, la réaction du Minsep est attendue quand à ce cas flagrant de violation de ses instructions.

mardi 23 décembre 2008

Littérature: Le général Camille Nkoa Atenga va commettre un nouvel ouvrage


Il en a fait l'annonce au Centre Culturel Français de Yaoundé.


Jalousies de femmes. C'est le titre du prochain roman du général et écrivain camerounais Camille Nkoa Atenga. Roman qui devrait paraître au début de l'année 2009.S'il n'en a pas parlé davantage, sur recommandation du Professeur Pabé Mongo, président de l'Association des Ecrivains de Langue Française pour l'Afrique Centrale (ADELF-AC), il a néanmoins fait savoir qu'il mettait la dernière main à la pâte pour la finalisation de l'ouvrage.
Le général Camille Nkoa Atenga était en fait le premier invité des rencontres littéraires organisées par l'ADELF-AC. Des rencontres qui sont appelées à devenir un rendez-vous mensuel. Sur le choix du général écrivain comme premier invité, le professeur Pabé Mongo a indiqué que " la rencontre a pour but de promouvoir la reconnaissance endogène du mérite de nos auteurs. Il était bon qu'on ouvre le programme par un auteur qui frappe les esprits et qui donne toutes ses lettres de créance à ce rendez-vous".
Pour ce premier rendez-vous donc, c'est le général écrivain qui était à l'honneur. Ses romans sont passés au crible de la critique littéraire. De L'enfant de la révolte muette à Le sorcier signe et persiste en passant par Malinda, Betayen je te hais et Kameroona, ses romans ont été résumés, analysés et expliqués par des universitaires au public qui a massivement répondu présent à l'appel. L'exercice critique a débouché le constat suivant réitéré par le professeur Marceline Nomo, représentante du ministre de l'enseignement supérieur :"ses mérites multiformes ont été démontré par d'éminents universitaires devant vous ce soir". Un constat qui a particulièrement réjoui l'invité qui s'est dit "honoré par une pléiade de notre intelligentsia qui me fait savoir que j'ai été remarqué par eux".

Le général écrit par "principes de lecture"


La graine de l'écriture continue donc de germer en ce "soldat", (ainsi qu'il se définit, Ndlr), fidèle à une devise : "contribuer au progrès de la conscience de notre environnement afin que règne la paix que je considère comme la négation de la violence sous toutes ses formes". Arrivé à l'écriture à cause des "principes de lecture acquis dès le collège Vogt de Yaoundé", il est auteur de 5 romans qui ont tous reçus des autorisations de publication. Car a t-il mentionné, "tout ce que je publie doit avoir l'autorisation de ma hiérarchie". Il s'est dit d'autant plus heureux que sa hiérarchie lui apporte son soutien. Il a d'ailleurs présenté au public, une lettre de félicitation du président Paul Biya et une autre du général Semengue qui était alors chef d'Etat major des armées. Autant d'encouragements qui contribuent sans doute à la germination d'une graine littéraire enfouie dans son être. Le prochain roman, Jalousies de femmes, apparaît donc comme une autre étape de l'aventure littéraire de ce "soldat", "féministe" qui troque à ses heures perdues, son arme de guerre pour sa plume.
Quand aux prochaines rencontres littéraires de l'ADELF-AC, elles auront lieu le 9 Décembre prochain avec comme invité, l'écrivain François Nkeme.